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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les versets 15 à 20 du chapitre cinq ; c’est notre troisième étude sur ce chapitre. Ces derniers jours, nous avons parlé de ce que signifie vivre une vie à l'image de Dieu ; vivre une vie qui révèle aux autres qui est Dieu dans ce monde. Nous avons parlé de vivre une vie d'amour, car Dieu est amour ; de vivre une vie de sainteté, car Dieu est saint ; de vivre une vie de lumière, car Dieu est lumière. Comment marcher dans l’amour, la sainteté, la lumière, nous qui continuons à commettre des erreurs, qui péchons et nous confrontons à la tentation journellement ? En fait, Paul, aux versets 15 à 20 de notre chapitre, nous l’indique clairement de manière très concrète. Écoutons-le ensemble : « Faites donc bien attention à la façon dont vous vous conduisez : ne vous comportez pas comme des fous, mais comme des sages : rachetez le temps, ‘car les jours sont mauvais’. C'est pourquoi ne soyez pas stupides, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. Ne vous enivrez pas de vin : cela mène à la débauche. Soyez au contraire remplis de l'Esprit : dites-vous des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels ; chantez et célébrez de tout votre cœur les louanges du Seigneur ; remerciez constamment Dieu le Père pour tout, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. »
L’expression « faites donc bien attention », marque une transition vers une nouvelle section. Paul revient sur le thème de la « conduite », de la « marche », qui consiste à demeurer en Jésus. L'idée est de rester vigilant. Ce que Paul va dire est important et urgent. En substance, il dit : « Soyez attentifs à ce que je vais dire. » Cela découle de ce qu’il a dit aux chapitres précédents.
Utilisé six autres fois dans cette lettre, le terme de conduite ou de marche désigne la manière de vivre : nous sommes appelés à marcher comme des enfants de lumière, à nous conduire d’une manière digne de notre vocation, et non comme les incroyants. La spiritualité exige une vigilance constante face aux dangers et aux occasions de tomber. Examiner attentivement notre cheminement spirituel est donc considéré comme un signe de sagesse. Cette sagesse vient de Dieu, qui donne aux croyants un Esprit de sagesse. Le Seigneur donne la sagesse à l’Église, la faisant connaître aux autres. Ici encore, Paul souhaite que les croyants grandissent en maturité. L'évangélisation est importante, mais la croissance spirituelle des croyants l'est tout autant. Paul insiste beaucoup sur cette croissance spirituelle au sein de l'Église. Notre maturité est essentielle pour amener de nouvelles personnes à Christ. Notre exemple constitue la méthode d'évangélisation par excellence.
Il se pourrait qu’en demandant aux Éphésiens de ne pas se comporter comme des fous, Paul fasse allusion aux pratiques de dévotion au dieu antique Bacchus, le dieu du vin et de la fertilité, un culte accompagné de beuveries et d’orgies auquel les Éphésiens étaient accoutumés, au cours duquel les gens se comportaient comme des déments : courant dans tous les sens, secouant la tête d'une épaule à l'autre, et paraissant complètement frénétiques.
En fait, les chrétiens doivent vivre comme s'ils traversaient un véritable champ de mines spirituel, et être attentifs à leur environnement. Ils ne savent jamais quand ils tomberont dans un piège satanique dévastateur. Les imprudents se laissent porter par le courant. Quelle que soit la direction du vent, ils y vont. Or, la véritable vie chrétienne a un sens, une direction et une destination, et les croyants savent comment orienter leur cap. La recommandation de Paul rejoint celle de l’apôtre Pierre, dans sa première lettre au chapitre 5, versets 8 et 9 : « Soyez sobres, restez vigilants : votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. Résistez-lui avec une foi inébranlable, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères et sœurs dans le monde. »
Dieu veut que nous tirions le meilleur parti du temps qu'il nous accorde. Notre temps sur terre est limité. Le temps racheté implique de saisir les occasions qui se présentent. Nous devons profiter de chaque instant pour le Seigneur. Dieu nous accorde un nombre limité d'opportunités. Nous devons les saisir lorsqu'il nous les offre. Beaucoup disent : « Je servirai le Seigneur à la retraite… quand j'aurai assez d'argent… quand j'aurai assez de temps… quand mes enfants seront grands… » Non, Dieu nous appelle à saisir tout moment opportun dès maintenant.
S’appuyant sur ses commandements de se conduire avec sagesse et de saisir chaque occasion aux versets 15 et 16, Paul conclut que les chrétiens ne doivent pas être imprudents ni insensés dans leurs choix de vie ; il leur dit au verset suivant : « C'est pourquoi ne soyez pas stupides, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. » Il évoque des actions et des paroles « insensées » au verset 4 de notre chapitre, rappelant ainsi à ses lecteurs que la folie est contraire à la volonté de Dieu pour nos vies. Le terme grec employé ici, traduit ici par « stupides », est différent de celui employé pour désigner les « fous » au verset 15. « Stupide », ou « insensé » désigne quelqu'un qui manque de raison. La personne stupide ne fait pas un bon usage de son intelligence. Une personne insensée ne cherche pas la volonté de Dieu et ne perçoit donc pas les choses dans leur véritable lumière. Elle agit à l'encontre du bien. Les sages, quant à eux, s’abstiennent de toute vie insensée. Par ailleurs, Paul exhorte ses lecteurs à discerner la volonté de Dieu. Il en parle tout au long de sa lettre, lui qui se considérait comme un apôtre par la volonté de Dieu. Tous les croyants sont adoptés comme fils par Jésus, selon sa volonté. La révélation divine contient la volonté claire de Dieu. Ceux qui étudient la Parole de Dieu se familiarisent avec son point de vue sur les questions de la vie. Paul le rappelle clairement à son ami Timothée, dans sa deuxième lettre, au chapitre 3, verset 16 : « Toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit formé et équipé pour toute œuvre bonne. »
N’oublions pas non plus que la prière et les sages paroles d'autres croyants mûrs peuvent nous être d'un grand secours. Ces outils nous aident à mieux discerner comment la volonté de Dieu s'applique concrètement aux différents aspects de notre vie. En nous détournant de la folie, nous pouvons mieux comprendre les désirs de Dieu pour nous.
Contrairement à la conduite du monde - qui s'enivre de vin -, nous devons être remplis de l'Esprit. Voici ce que dit Paul au verset 18 de notre chapitre : « Ne vous enivrez pas de vin : cela mène à la débauche. » Que l'ivresse ait été un problème particulier à Éphèse ou non, ce verset ne nous permet pas de le savoir. Paul se sent pourtant poussé à mettre en garde contre la dépendance à l'alcool. Le mot traduit par « débauche » ne se réfère pas uniquement à l'alcoolisme, comme certains pourraient le penser. Il s'agit plutôt d'un terme plus large associé à une vie gâchée et improductive. Paul s'inquiétait du fait que ceux qui s'enivrent ne profitent pas pleinement de chaque occasion et prennent des décisions imprudentes. Pire encore, l'ivresse altère considérablement le jugement, créant ainsi un cercle vicieux.
Dans le débat courant sur la place de l'alcool dans la vie d'un chrétien, des versets comme celui-ci sont instructifs. Paul n'exige pas de ses lecteurs une abstinence totale d'alcool. Si tel avait été son intention, il l'aurait aisément exprimé, et l'aurait sans doute fait. Ici, il leur ordonne simplement de ne pas s'enivrer. Cependant, son propos ne se limite pas à l'alcool. Tout ce qui a le pouvoir de contrôler, de nuire ou de blesser un chrétien doit être abordé avec la plus grande prudence.
L'alternative positive que Paul propose à l'ivresse est d'être « rempli de l'Esprit ». De même que l'abus de boisson peut rendre une personne dépendante du vin, se concentrer sur l'Esprit peut conduire à être rempli ou guidé par lui. Il est important de comprendre le parallèle entre la dépendance à une substance et la présence du Saint-Esprit. La dépendance à une substance entraîne une perte de la capacité motrice. La présence du Saint-Esprit signifie qu'il devient le maître de notre vie. Le texte grec de ce verset apporte un éclairage plus profond que ce que le texte français laisse paraître. La grammaire indique que le croyant doit être constamment rempli du Saint-Esprit, qu'il doit se laisser guider par lui, et que cela constitue un commandement. Le croyant ne peut se remplir lui-même ; il doit laisser le Saint-Esprit agir. Or, Dieu lui ordonne de laisser le Saint-Esprit agir. L'idée est que le chrétien doit constamment se laisser guider par le Saint-Esprit. Une traduction plus complète de cette phrase serait : « être constamment rempli du Saint-Esprit ».
Pourtant, cette maîtrise ou cette plénitude ne signifie pas une « perte de contrôle » au sens d'une manifestation charismatique excessive des émotions. Les versets suivants évoquent bien plutôt le partage de psaumes, les chants, la gratitude et la soumission mutuelle. Être guidé par l'Esprit, c'est vivre d'une manière digne de l'appel de Dieu. Paul dit au verset 19 de notre chapitre : « Dites-vous des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels ; chantez et célébrez de tout votre cœur les louanges du Seigneur. »
L'adoration est une manifestation de la plénitude du Saint-Esprit. Il ne suffit pas de garder pour nous la réalité de cette vie remplie du Saint-Esprit ; nous devons la partager avec nos frères et sœurs chrétiens.
Paul enseigne aux croyants à se laisser guider par l'Esprit. Comment cela se manifeste-t-il ? Dans ce verset, Paul mentionne « les psaumes, les hymnes et les cantiques spirituels ». Cela peut inclure la lecture à voix haute de passages des Écritures, la récitation de poèmes ou le chant, que ce soit en petit ou en grand groupe de croyants. Trois types de chants sont mentionnés. Les psaumes font référence aux chants de l'Ancien Testament chantés par les Juifs et partagés par les chrétiens. Les hymnes étaient probablement des chants plus formels, destinés à instruire, semblables à celui cité par Paul au verset 14. Les cantiques spirituels peuvent désigner une musique plus spontanée, basée sur le dialogue entre le chant et la parole. Ils seraient l'équivalent de la musique « contemporaine », suivant les styles culturels, mais centrée sur des paroles qui glorifient Dieu. Paul souligne que tous ces styles de musique peuvent être utilisés pour honorer Dieu, pourvu que Dieu soit au centre de tout.
La première partie du verset 19 concerne le culte communautaire, tandis que la seconde partie concerne le culte personnel. Le second fruit du baptême du Saint-Esprit est le culte personnel rendu au Seigneur par la musique. « Chanter » signifie utiliser la voix, tandis que « faire de la mélodie » signifie utiliser des instruments de musique pour accompagner le chant. Le Nouveau Testament emploie toujours le terme « chanter » pour louer Dieu. « Faire de la mélodie » signifie littéralement pincer les cordes d'un instrument à cordes ; cependant, au sens figuré, cela signifie créer de la musique à l'aide d'instruments. Il ne suffit pas de chanter avec nos cordes vocales ; la véritable spiritualité s'exprime avec le « cœur ». Les croyants remplis du Saint-Esprit manifestent leur spiritualité dans leur cœur. Le Saint-Esprit met un chant dans nos cœurs. Chanter avec les lèvres est une chose, mais chanter avec le cœur en est une autre.
Le chant n'est mentionné qu'occasionnellement dans le Nouveau Testament, mais il joue un rôle important dans l'Église primitive. Jésus et ses disciples ont chanté lors de la Cène avant de se rendre à Gethsémané. Paul et Silas ont chanté des hymnes en prison. Malgré les épreuves qu’ils enduraient, ils étaient remplis de l’Esprit et de joie ! Paul a écrit aux croyants de Rome, aux Corinthiens et aux Colossiens au sujet du chant. L’apôtre Jacques exhorte les croyants à louer Dieu par des cantiques : « Quelqu'un est-il dans la joie? Qu'il chante des cantiques », dit-il au chapitre 5, verset 13 de sa lettre. L'Apocalypse mentionne des expressions du chant. Enfin, Paul ajoute d’ailleurs : « Chantez et célébrez de tout votre cœur les louanges du Seigneur. » Les croyants peuvent chanter de la voix et vivre intérieurement dans la joie. Dieu remplit de joie ceux qui sont guidés par l'Esprit.
La joie est un fruit de la plénitude du Saint-Esprit. La joie n'est pas une émotion superficielle, fluctuante au gré des joies et des peines d'un croyant. Elle est plutôt une incarnation de l'âme, produite par le Saint-Esprit quelles que soient les circonstances. Elle est comme un thermostat, et non comme un thermomètre. Lorsque nous réglons un thermostat, nous déterminons la température ambiante. La plénitude du Saint-Esprit, elle, détermine notre situation. Lorsqu'il nous remplit, nos cœurs rayonnent de joie. Il ne s'agit pas simplement d'une petite chansonnette sans intérêt biblique ou avec un contenu biblique minime ! La musique spirituelle est centrée sur le Seigneur, sur notre Seigneur Jésus-Christ. Le but de la musique est de glorifier le Père et le Fils. Un chrétien rempli de l'Esprit chante avec d'autres croyants et adore Dieu en musique. La musique est un signe de cette présence spirituelle. Elle est une manifestation de joie intérieure. Nous avons véritablement un chant à entonner grâce à notre Seigneur digne de grâce !
Au verset 18, Paul exhorte les croyants à se laisser conduire par l'Esprit. Il oppose cela à la dépendance à l'alcool, et désigne l'ivresse comme un fléau à éviter pour les chrétiens. Le verset 19 propose plusieurs expressions de la plénitude spirituelle. Le verset 20 en ajoute une autre : une attitude de reconnaissance universelle. Être conduit par l'Esprit implique la gratitude : « Remerciez constamment Dieu le Père pour tout, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. » Le croyant rempli de l'Esprit est une personne qui rend régulièrement grâce pour les bienfaits que Dieu a prodigués dans sa vie. Nous ne nous remercions pas seulement nous-mêmes ou les autres ; nous rendons grâce à Dieu. Le Père et le Fils reçoivent tous deux notre gratitude, grâce à l'action de l'Esprit. Les trois personnes de la Trinité sont présentes dans la vie quotidienne du croyant obéissant. Il est intéressant de noter que Paul utilise l'expression exacte « Seigneur Jésus-Christ » à six reprises dans cette brève lettre, soulignant ainsi que Jésus est Roi, Dieu et Messie. D’ailleurs, il commence et termine cette lettre en accordant à Jésus la priorité absolue, le considérant comme le plus important de tous.
La gratitude est la reconnaissance de ce que Dieu a fait pour nous en Christ, sans que nous l'ayons mérité. Dieu souhaite que nous le remercions dans les bons comme dans les mauvais moments. Si notre gratitude se limite aux moments heureux, notre appréciation de la totalité de son œuvre est erronée. Nous ne pensons qu'aux épreuves et oublions les joies. La capacité de rendre grâce est une manifestation élevée de spiritualité. Job, dans l'Ancien Testament, a rendu grâce à Dieu malgré l'adversité. Le but de la gratitude est de glorifier Dieu. Une personne remplie de l'Esprit ne se plaint jamais et n'est jamais amère. Elle est reconnaissante pour les bienfaits de Dieu. Nous ne sommes pas seulement reconnaissants pour certaines choses, mais, remplis de l'Esprit, nous sommes reconnaissants pour tout.
Je vous propose donc d’exprimer avec moi votre reconnaissance pour tout ce que Dieu a fait et continue de faire dans chacune de nos vies : « Nous te rendons gloire, Seigneur, notre Dieu et notre Père, toi qui est le Dieu de la joie ! Nous te sommes si reconnaissants de nous avoir donné Jésus-Christ notre Sauveur et notre Seigneur. Nous sommes remplis de gratitude pour l’Esprit Saint qui est en nous depuis que nous t’appartenons. Nous voulons qu’il nous remplisse constamment pour que nous puissions vivre selon ta volonté, que nous connaissons par ta Parole. Qu’il nous éclaire, nous guide, nous console, nous réconforte, lui qui veut nous aider à vivre de plus en plus à ton image pour ta seule gloire. Accepte notre louange au nom de Jésus, qui a rendu possible notre communion avec toi ! Amen. »