Éphésiens 5.21

Semaine 5 - jour 4

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 5.21

20:37


Ce verset marque la transition de notre orientation vers Dieu à notre orientation vers les autres chrétiens. Paul étend la conséquence de la vie remplie du Saint-Esprit à plusieurs catégories de soumission : les relations entre époux, les relations avec les enfants et les relations entre serviteurs et maîtres.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le cinquième chapitre, et nous concentrerons toute notre attention aujourd’hui sur le verset 21, car si nous le comprenons, tout ce qui suit deviendra beaucoup plus clair.

Écoutons-le ensemble : « Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte de Dieu. » Ce verset marque la transition de notre orientation vers Dieu à notre orientation vers les autres chrétiens. Paul étend la conséquence de la vie remplie du Saint-Esprit à plusieurs catégories de soumission : les relations entre époux, les relations avec les enfants et les relations entre serviteurs et maîtres. Les versets précédents présentent plusieurs manières concrètes pour les chrétiens d'exprimer le fait d'être remplis du Saint-Esprit. Paul en aborde ici une autre : la soumission mutuelle. Dans le contexte d'une relation chrétienne, la soumission implique de faire passer l'autre et ses besoins avant les nôtres. Il ne s'agit pas d'un intérêt personnel, mais d'une véritable « révérence pour Christ », d’un immense respect pour lui. Servir les autres, c'est servir le Seigneur, comme nous le lisons dans l’évangile selon Matthieu, au chapitre 25, versets 35 à 40, où Jésus dit : « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous m'avez accueilli ; j'étais nu et vous m'avez habillé ; j'étais malade et vous m'avez rendu visite ; j'étais en prison et vous êtes venus vers moi… Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait cela à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. »

Cette approche contraste fortement avec la sagesse du monde. Dans le monde des affaires, on enseigne souvent qu'il faut soit se mettre en avant, soit aider les autres pour en tirer profit. Or, Paul propose une voie meilleure et plus élevée, en soulignant que servir les autres, c'est servir le Seigneur. Ce principe est fondamental dans l'Église, au travail et, comme le montreront les versets suivants, dans le cadre du mariage et de la famille. C'est un aspect essentiel de la manière de suivre l'exemple de Christ, qui s'est soumis à la volonté du Père et s'est offert en sacrifice pour nous.

Lorsque nous sommes remplis de l'Esprit, cela se manifeste par notre soumission mutuelle. Cette soumission se fait dans la crainte de Dieu, et non dans la crainte des hommes. « Se soumettre » est un terme militaire qui signifie être subordonné à un supérieur. Dans l’armée, l’autorité et le respect de la hiérarchie sont primordiaux.

L’idée de « soumission » évoque l'organisation d'une armée en grades : généraux, colonels, commandants, capitaines, sergents et soldats. Il existe différents grades, et l'on est tenu de respecter les supérieurs. Nous savons qu'à titre individuel, un soldat peut être plus intelligent, plus talentueux et meilleur qu'un général. Mais il reste subordonné à lui. Il lui est soumis non pas en tant que personne, mais en tant que général. L'idée de soumission n'a rien à voir avec l'intelligence, la valeur ou le talent. Elle est liée à un ordre établi. Quelqu’un a dit que : « Quiconque a servi dans les forces armées sait que le grade est lié à l'ordre et à l'autorité, et non à la valeur ou aux compétences. »

Pour comprendre ce que signifie se soumettre les uns aux autres, il faut d'abord examiner ce que cela ne signifie pas. Cela ne signifie pas que la notion d’ordre n'a pas sa place dans le corps de Christ. On peut comprendre cette impression : « Il est dit que nous devons nous soumettre les uns aux autres. Donc je dois me soumettre à vous et vous devez vous soumettre à moi. Personne n'a plus d'obligation de soumission qu'un autre. » Nous savons que Paul ne veut pas dire cela, car ce serait contredire clairement d'autres passages de ses écrits. Par exemple, dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 5, versets 1 à 5, Paul demande clairement aux Corinthiens de se soumettre à son autorité et d'agir, notamment à propos de l’immoralité sexuelle qui était tolérée dans leur église. Imaginez les Corinthiens répondre : « Paul, tu as écrit que nous devions nous soumettre les uns aux autres. Nous pensons donc que tu devrais te soumettre à nous. »

Nous comprenons ainsi l'importance d'être subordonné, d’être soumis. Dans l'armée, on appelle une mutinerie le refus d'être un subordonné. Une société sans soumission vit dans le chaos. L’idée centrale ici est d’accepter l’autorité de celui qui nous domine. Une armée ne peut fonctionner sans autorité. L’autorité est synonyme d’ordre et non d’anarchie. Une armée désordonnée est une armée en désarroi. Une Église qui refuse l’autorité de ses responsables est une communauté qui vit dans le désordre. L’auteur de la lettre aux Hébreux, au chapitre 13, verset 17, exhorte donc les chrétiens à se comporter ainsi : « Obéissez à vos conducteurs et soumettez-vous à eux, car ils veillent sur votre âme en hommes qui devront rendre des comptes. Ils pourront ainsi le faire avec joie et non en soupirant, ce qui ne vous serait d'aucun avantage. »

Le mot « crainte » dans notre bref passage véhicule l'idée de révérence, de profond respect pour qui Dieu est. Nous ne discutons pas avec le Dieu de l'univers. La révérence envers Dieu influence nos relations avec les autres chrétiens. Les manuscrits anciens emploient le nom « Christ » plutôt que « Dieu » dans cette phrase. Notre révérence s'adresse à qui et à ce que Jésus est ; il est le fondement de notre respect. Voilà pourquoi notre admiration pour son œuvre nous pousse à témoigner du respect envers les autres chrétiens. La raison pour laquelle nous témoignons de la déférence envers les autres chrétiens est notre Seigneur. Cela repose sur le profond respect que nous avons pour lui. Dieu a créé le croyant comme celui pour qui Christ est mort. Cette personne mérite le respect à cause de Christ. Le croyant rempli de l'Esprit témoigne de la déférence envers tous les enfants de Dieu. Paul va jusqu’à dire aux chrétiens de Philippes, au chapitre 2, verset 3 de sa lettre : « Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir d’une gloire sans valeur, mais avec humilité considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. »

Le terme militaire de « soumission » s’applique plus facilement lorsqu’un gradé est supérieur à un autre. Or, Paul ne l’utilise pas ainsi dans notre passage. On l’applique aisément lorsqu’on dit à des soldats : « Soumettez-vous aux généraux. » Il est plus difficile d’en saisir le sens lorsqu’on leur dit : « Soumettez-vous les uns aux autres. » Paul n’insiste pas sur la notion de grade, car il s’adresse à tous les chrétiens. Mais il y a un autre point important à retenir. Paul veut dire que nous devrions adopter cette attitude de subordination propre à l'armée et l'appliquer à nos relations quotidiennes. Lorsqu'un homme s'engage dans l'armée, la première chose qu'il fait est de renoncer à son individualité. Il devient membre d'une compagnie ou d'un bataillon. Il n'est plus un individu distinct des autres soldats. Tous sont à la même enseigne. En s'engageant, on renonce en quelque sorte à son droit de décider de sa vie et de son temps. Une armée est composée d'individus, mais ils ne peuvent jamais être individualistes. C'est la première chose dont un homme est privé lorsqu'il s'engage.

Concrètement, se soumettre les uns aux autres implique, conformément à l'idée de « travail d'équipe » que le chrétien ne doit pas être insouciant, mais penser aux autres ; qu’il ne doit pas être individualiste ; qu’il ne doit jamais être égoïste. Nous devons donc privilégier l'esprit d'équipe, nous réjouir du succès des autres, et supporter nos propres difficultés et épreuves avec courage. Faire tout ceci dans la crainte de Dieu est un point important, car Paul le répète tout au long du passage consacré à la soumission, nous le verrons dans le cadre de la vie de famille comme au travail.

L'expression « dans la crainte de Dieu » décrit donc ce qui devrait être notre motivation pour nous soumettre les uns aux autres. Nous devons nous soumettre les uns aux autres – ne plus nous considérer comme des individus isolés, mais comme une unité, une compagnie ou un bataillon – par respect pour Dieu le Père et pour Jésus-Christ. La soumission n’est pas motivée par la bienveillance sociale. Elle n’est pas motivée par la loi de Dieu. Elle est motivée par le respect profond que nous avons pour Jésus-Christ. Si nous respectons Jésus, nous devons alors nous soumettre les uns aux autres parce que nous l’aimons. Paul utilise le terme de crainte dans ce passage, mais il s’agit d’une crainte – d’un respect – compatible avec l'amour. C'est la crainte de décevoir Jésus, la crainte de l'attrister et d’attrister son Esprit, qui vit en nous. Cela est parfaitement compatible avec l'amour. Quand on respecte vraiment quelqu'un, on tient à lui faire plaisir et on ne veut pas le décevoir.

Nous verrons demain et au courant de la semaine prochaine comment la soumission se vit entre époux, entre parents et enfants, ainsi qu’entre serviteurs et maîtres – nous dirions aujourd’hui dans nos sociétés occidentales, entre employés et patrons. Dans ces trois types de relations, la vérité est la même. Nous sommes mutuellement soumis les uns aux autres dans nos relations de croyants. Une épouse doit être soumise à son mari dans la manière dont elle lui répond. Mais un mari doit être soumis à sa femme en se sacrifiant pour elle. Un enfant doit être soumis à ses parents en leur obéissant. Mais les parents doivent être soumis à leur enfant en les élevant. Un serviteur doit être soumis à son maître. Et un maître doit être soumis même à son esclave, pour que leur relation fonctionne. Voyez-vous, notre chapitre parle de non-égoïsme, de générosité, qui ne peut se vivre que dans la réciprocité. C'est l'affaire de tous.

En poursuivant l’étude de notre chapitre 5, nous trouverons des indications précises sur la générosité, le non-égoïsme, dans le mariage. Nous l’aborderons dans le détail demain, mais parlons-en un peu aujourd’hui. Comment un mariage peut-il survivre aux pressions actuelles ? Non seulement survivre, mais s'épanouir ? Notre passage révèle les dons que nous pouvons offrir. Il exhorte les femmes à offrir à leurs maris le don du respect désintéressé et recommande aux maris d’offrir à leurs femmes le don du sacrifice désintéressé. Ce respect n'est pas une adoration servile d'une perfection absolue, mais une gratitude sincère et un respect profond pour les qualités et les aspects positifs de la vie de l’homme que Dieu a mis sur son chemin. Et les maris offrent à leurs femmes le don du sacrifice désintéressé. Il s’agit du renoncement d’une partie de soi-même pour répondre aux besoins de son épouse, qui mérite et a besoin de ce sacrifice désintéressé. N’est-ce pas la meilleure façon de dire à l’autre : « Je t’aime » ? Dans vos relations de couple, n'oubliez jamais ces besoins essentiels : le besoin de respect, et le besoin de sacrifice.

Si vous êtes célibataire et que vous écoutez ceci en pensant : « Cela n'a rien à voir avec moi », détrompez-vous, car cela vous concerne profondément. Premièrement, vous vous marierez peut-être un jour. Deuxièmement, vous pouvez encourager les mariages de votre entourage. Et troisièmement, votre compréhension de ce que Dieu dit du mariage améliorera toutes vos autres relations. N’oublions pas que l’enseignement sur la vie de couple et la famille dans la lettre aux Éphésiens a été prescrit par un homme célibataire, et qui a offert sa vie pour le Seigneur, « dans la crainte de Dieu ».

Maintenant, lorsque nous abordons ces notions de soumission l'un à l'autre dans le mariage, de soumission et de sacrifice, de respect et de sacrifice, permettez-moi de préciser d'emblée, avant d'entrer dans le vif du sujet demain, qu'il existe trois obstacles à cette vérité qui transforme le mariage. Cette simple vérité est difficile à entendre pour beaucoup. Pourquoi ?

Eh bien, le premier obstacle, c'est la façon dont ce passage des Écritures a si souvent été mal interprété, l'idée de soumission étant réduite à quelque chose que, par exemple, une épouse fait. Le mari peut faire ce qu'il veut, mais la femme est censée se soumettre. On en arrive ainsi à l'idée d'une femme « soumise ». Or, bien sûr, la Bible dit qu'en tant que mari, l’homme est censé se sacrifier, tout comme Jésus s'est sacrifié. Le mari doit être prêt à tout donner de lui-même par amour pour son épouse.

Le deuxième obstacle à cette vérité qui transforme le mariage, c'est la culture occidentale dans laquelle nous vivons. En réaction à des années de cette attitude de subordination féminine, nous avons souvent tendance à basculer de l'autre côté. En fait, on observe aujourd'hui un léger retour à la normale, mais la vérité est que Dieu a voulu que le mariage nous permette d'être mutuellement soumis l'un à l'autre. Et cela dérange beaucoup dans notre culture, car toute idée de soumission à qui que ce soit est abominable, surtout envers les personnes les plus proches.

Le troisième obstacle à cette vérité qui transforme le mariage, et sans doute le plus dangereux de tous, est le fait que nous sommes égoïstes : nous refusons de nous soumettre à l’autre et réciproquement. Nous devons admettre que la racine de

tous les problèmes conjugaux est le péché, et la racine de tout péché est l'égoïsme. C'est tout simplement la vérité. Et tant que nous n’aurons pas réglé notre propre égoïsme, nous ne pourrons pas être humble devant qui que ce soit, nous soumettre ou faire des sacrifices. Nous avons deux choix possibles : essayer de bâtir un mariage ou une relation réussie sur notre propre nature égoïste et assister à des échecs répétés, ou obtenir des résultats limités, ce que nous pouvons tirer de notre égoïsme, ou bien nous en remettre à ce que Dieu a fait pour transformer notre nature. La soumission mutuelle découle du fait d'être rempli de l'Esprit. Essayer d'y parvenir par ses propres forces, c'est la recette de l'échec. On y parvient grâce à sa puissance. Demain, lorsque nous parlerons du mariage, une question importante se posera à nous tous : lorsque vous avez décidé de vous marier, lorsque vous avez rencontré quelqu'un et commencé à le fréquenter, à la recherche de la bonne personne, cherchiez-vous quelqu'un qui puisse combler ses besoins, ou cherchiez-vous quelqu'un qui puisse combler les vôtres ? Nous verrons que pour que nos besoins propres soient comblés, nous devons nous consacrer aux besoins de l’autre. C’est là toute la difficulté, tout le paradoxe.

C'est un peu comme pour le salut : pour être sauvé, je dois me donner entièrement à Christ afin de trouver la liberté en lui. Je décide de le servir, et c’est ainsi que je deviens véritablement libre. Et dans le mariage, ne manquons pas cela : je dois m'investir pour répondre aux besoins de mon conjoint si je veux que les miens le soient. Voilà le chemin, voilà le plan de Dieu pour combler ces besoins qui nous ont conduits au mariage. Quand je parle de répondre aux besoins de l'autre, c'est bien plus qu'un simple service réciproque. Il s'agit de servir le Seigneur Jésus-Christ. Nos besoins seront toujours mieux comblés en suivant le plan et la direction de Christ pour notre vie. Rappelons-nous que c’est dans la crainte de Dieu que nous nous soumettons à l’autre.

Avant de considérer les relations dans le mariage en plus de détails, prions ensemble pour que l'Esprit de Dieu nous donne la force d'être humbles aujourd'hui : « Seigneur, notre Père du ciel, nous avouons qu’il nous est difficile d’être humbles et de nous soumettre les uns aux autres, et encore plus dans un profond respect pour toi. Lorsque nous réfléchissons à la manière dont Jésus-Christ s’est soumis à toi jusqu’à la mort sur la croix, lorsque nous considérons qu’il nous a aimés au point d’être humilié aux yeux des hommes, nous nous inclinons devant toi et te louons pour l’exemple qu’il nous a donné. Nous confessons qu’il nous est difficile de le suivre jour après jour, surtout auprès de ceux qui nous sont proches, à la maison comme au travail. Aide-nous à nous débarrasser de l’égoïsme et de faire passer les besoins de nos proches avant les nôtres. Nous sommes reconnaissants pour ceux que tu as placés sur notre chemin pour vivre ensemble dans l’harmonie, le respect et la soumission réciproque. En les aimants de mieux en mieux, c’est de toi que nous nous rapprochons. Permets que nous ne fassions rien pour satisfaire notre orgueil, mais par profond respect pour toi, pour ta seule gloire. Accepte notre prière au nom de Jésus. Amen. »