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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Nous en sommes au quatrième jour de notre réflexion sur le chapitre six, et nous examinerons ensemble les versets 10 à 17. Paul y conclut son enseignement pratique par une série d'images, comparant certains aspects de la foi chrétienne à l'équipement d'un soldat. Je vous propose de commencer par écouter ensemble les versets 10 à 13 : « Enfin, mes frères et sœurs, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu afin de pouvoir tenir ferme contre les manœuvres du diable. En effet, ce n’est pas contre l’homme que nous avons à lutter, mais contre les puissances, contre les autorités, contre les souverains de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans les lieux célestes. C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu afin de pouvoir résister dans le jour mauvais et tenir ferme après avoir tout surmonté. »
Ce passage se trouve à la fin de la lettre – une lettre dans laquelle Paul a soigneusement établi notre place en Jésus, puis exposé les fondements de la vie chrétienne. Il s'agit de sa dernière section consacrée à cette vie. Si Paul écrit ici pour conclure, c'est qu'il parle à la lumière de tout ce qu'il a dit précédemment : à la lumière de tout ce que Dieu a fait pour nous ; à la lumière de la place glorieuse que nous occupons en tant qu'enfant de Dieu ; à la lumière de son grand plan pour l'éternité, auquel il nous a intégrés ; à la lumière du plan qu'il nous offre pour la maturité et la croissance chrétiennes ; à la lumière de la conduite à laquelle Dieu appelle chaque croyant ; à la lumière enfin du baptême du Saint-Esprit et de notre marche selon l'Esprit. À la lumière de tout cela, il y a un combat à mener dans la vie chrétienne !
Les croyants doivent prendre conscience qu'ils sont engagés dans un conflit spirituel intense. Nous sommes aux prises avec un ennemi redoutable et spirituellement dangereux. Nombreux sont les croyants qui subissent une défaite cuisante dans ce combat. Cela arrive parce qu'ils s'appuient sur leurs propres forces au lieu de puiser dans la puissance divine pour le combat spirituel. Beaucoup de croyants gisent blessés, dans des lieux de recueillement spirituel, attendant la guérison. Les versets 10 à 13 invitent donc le croyant à revêtir son armure spirituelle afin d'être « fort dans le Seigneur ». Les versets 14 à 17 décrivent ensuite l'armure divine du croyant. Et, comme nous le verrons demain, les versets 18 à 20 présentent la dynamique de la prière dans le conflit spirituel.
Paul considérait l'Église d'Éphèse comme une famille en guerre contre les forces spirituelles. Pour lui, la vie chrétienne est un champ de bataille, ce n’est pas un terrain de jeu. La force du Seigneur suffit à tout combat spirituel. Nous ne pouvons vaincre Satan par nos propres forces. La source de notre force est toujours au cœur du combat spirituel. S'approprier la force de Dieu est l'enjeu central de notre spiritualité.
Nous avons besoin d'être fortifiés par le Seigneur. Les chrétiens doivent se laisser guider par le Seigneur. La force provient d'une source extérieure. Les chrétiens ne peuvent se fortifier eux-mêmes dans un combat spirituel ; ils ont besoin d'une ressource extérieure. Il est nécessaire d'être fortifiés par Dieu lui-même, et c’est dans la puissance de Dieu que nous puisons notre force chrétienne. Les chrétiens doivent veiller à puiser leur force à la source véritable. Si nous nous engageons dans le combat spirituel sans la puissance de Dieu, nous nous mettons en position de vulnérabilité. Nous devons constamment prendre conscience de notre faiblesse.
Nombreux sont les chrétiens qui gaspillent les ressources que Dieu leur donne. Or, notre force réside dans le Seigneur. Nous nous emparons de la puissance de Dieu par la foi. Lorsque nous exerçons notre foi en la providence divine, nous devenons forts. Être faible est un péché ; c'est pécher contre nos ressources et contre notre Dieu. Et le chrétien qui se précipite dans le combat spirituel sans puiser dans la force de Dieu court à la défaite spirituelle. Nous ne pouvons pas nous fier à nous-mêmes dans ce conflit. C'est pourquoi nous devons être forts dans le Seigneur. C'est sa puissance infinie qui remportera la victoire. Nous pouvons être remplis de Dieu tout en étant vides de nous-mêmes. La source de la force du chrétien est la puissance infinie de Dieu. Répétons-le : les croyants disposent d'une puissance extraordinaire. Elle suffit à faire face aux forces du mal qui nous entourent.
Le verset 11 montre comment vivre notre force dans le Seigneur. Paul nous dit : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu afin de pouvoir tenir ferme contre les manœuvres du diable. » Paul y présente l'armure de Dieu, une image biblique célèbre et souvent employée. Il commence par deux précisions importantes, qui éclairent le fonctionnement et l'importance de ces différentes composantes. Son exhortation à « revêtir » ces armes est également instructive : les chrétiens doivent les utiliser consciemment.
Premièrement, les croyants doivent prévoir d'utiliser toutes les armes à leur disposition. Une ou deux armes ne suffisent pas, surtout au regard de la seconde précision : les plans de Satan. Ce n'est qu'avec chaque pièce de l'armure de Dieu qu'un croyant peut résister efficacement aux ruses du diable. De même qu'un soldat romain ne pouvait raisonnablement partir au combat avec une armure incomplète ou seulement quelques armes, un croyant ne sera pas aussi victorieux dans le combat spirituel s'il ne porte pas l'armure de Dieu dans son intégralité.
Deuxièmement, Paul qualifie de « ruses » les actions du diable contre les croyants. Cela indique une tactique, un plan d'attaque coordonné. Il est clair que Paul ne fait pas référence à la violence physique, mais à un combat spirituel. De plus, le diable semble chercher spécifiquement à détruire les œuvres bonnes de tous les croyants. Heureusement, son pouvoir est insignifiant comparé à celui de Dieu. Cependant, les croyants doivent prier et s'appuyer pleinement sur les ressources de Dieu pour tenir bon face à ses attaques. Revêtir pleinement l'armure de Dieu est essentiel pour survivre à cet assaut spirituel.
Il est également intéressant de noter que ces outils sont destinés à permettre aux chrétiens de résister au diable. Le verset ne suggère ni conquête, ni assaut, ni aucune autre forme d'offensive. Triompher de Satan implique avant tout de maintenir une défense ferme et de laisser Christ remporter la victoire finale. Le rôle principal du chrétien n'est pas d'attaquer Satan, mais de demeurer ferme dans ce que Christ lui a offert. Dans ce contexte, « demeurer ferme » évoque l'idée militaire de tenir bon au combat. Le croyant doit résister à la guerre satanique qu'il mène contre lui. La vie chrétienne ne doit pas être une vie de repli. Le mot « demeurer ferme » apparaît quatre fois ici ! L'idée est de tenir bon face aux assauts de Satan, de ne pas se rendre à l'ennemi. Dans ce combat, le but est de persévérer, de ne pas abandonner et de triompher de l'ennemi.
Le verset 12 décrit ce combat de manière saisissante : « Ce n’est pas contre l’homme que nous avons à lutter, mais contre les puissances, contre les autorités, contre les souverains de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans les lieux célestes. » Ce passage célèbre décrit le combat spirituel qui se déroule dans la vie des croyants. Il le fait peut-être mieux que tout autre passage des Écritures. Premièrement, Paul affirme que notre combat est bel et bien spirituel, et non physique. Les ennemis que nous affrontons, en définitive, ne sont ni des personnes ni des objets. Le diable peut les utiliser dans ses attaques, mais notre véritable adversaire n'est pas autrui : c'est le péché. Deuxièmement, Paul identifie nos ennemis spirituels. Cette liste est souvent interprétée comme une description vague des « rangs » au sein des armées démoniaques. Les « puissances » semblent désigner un niveau supérieur des forces spirituelles du mal. Les « autorités » font référence aux forces du mal qui attaquent les croyants. Les « souverains de ce monde de ténèbres » semblent indiquer la dimension mondiale de ce combat spirituel. « Les esprits du mal dans les lieux célestes » souligne une fois de plus un combat qui transcende ce monde. Les chrétiens doivent prendre conscience de l'ampleur du conflit spirituel auquel ils sont engagés. Il s'agit d'un combat spirituel intense où sont abordés des problèmes mortels. L'attaque de Satan vient de toutes parts et peut survenir à tout moment de notre vie. C'est une tentative pour détourner le chrétien de son impact sur le monde. Les combats spirituels peuvent se produire à tous les niveaux, partout dans le monde et au-delà. Le croyant doit donc se préparer à toutes sortes d'attaques en revêtant l'armure que Dieu a conçue pour lui. Il doit la mettre. Il doit utiliser les ressources que Dieu lui a données pour le combat spirituel, comme le décrit Paul aux versets 14 à 17 de notre chapitre : « Tenez donc ferme : ayez autour de votre taille la vérité en guise de ceinture ; enfilez la cuirasse de la justice ; mettez comme chaussures à vos pieds le zèle pour annoncer l'Évangile de paix ; prenez en toute circonstance le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre toutes les flèches enflammées du mal ; faites aussi bon accueil au casque du salut et à l'épée de l'Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. »
Dieu fournit l'équipement spirituel nécessaire au combat, mais c'est au croyant de s'en servir. Nous ne pouvons tenir bon que revêtus de l'armure que Dieu nous a donnée en Jésus-Christ. Chaque élément de cette armure symbolique correspond à une dynamique spécifique de la vie chrétienne qui nous permet de résister aux attaques spirituelles. Paul a écrit cela alors qu'il était détenu par des soldats romains. Il lui était facile d'observer l'équipement de ses gardes et de constater comment Dieu a équipé le croyant. L'ordre dans lequel les pièces d'armure sont décrites correspond à l'ordre dans lequel le soldat les revêtait habituellement.
La vérité est symboliquement représentée par une ceinture qui protège notre abdomen et maintient nos vêtements en place, nous permettant ainsi de combattre efficacement. À proprement parler, la ceinture ne fait pas partie de l'armure, mais, avant de revêtir celle-ci, il est indispensable de rassembler les vêtements que l'on porte en dessous. Lorsqu'un homme s'asseyait et se détendait, il ôtait sa ceinture. Mettre sa ceinture, c'est se préparer à l'action, se libérer du mouvement et se mettre en état d'esprit combatif. La ceinture de vérité revêt l'ensemble des croyances bibliques du chrétien, ce que d'autres passages appellent la foi. Beaucoup pensent que l'Église ne progressera jamais tant qu'elle restera attachée à cette ceinture de vérité, mais c'est une erreur. Elle fait partie intégrante de l'armure, elle constitue le fondement sur lequel nous pouvons vivre en permanence : notre compréhension et notre confiance dans les doctrines fondamentales de la foi.
La justice est comparée à une cuirasse qui protège nos organes vitaux. On ne peut pas plus lutter contre les ennemis spirituels par notre propre justice qu'un soldat ne peut combattre efficacement sans sa cuirasse. Il ne s'agit pas d'une justice acquise par nos propres mérites, ni d'un sentiment de justice, mais d'une justice reçue par la foi en Jésus. Elle nous procure une confiance générale, une conscience de notre position et de notre existence. La cuirasse d'un Romain était généralement en bronze ou en cotte de mailles et protégeait les parties vitales du corps, comme le cœur, les poumons, ou l’estomac. La droiture, ou le fait d'agir avec droiture, est essentielle à la protection de la vie du croyant dans le combat spirituel. De plus, la cuirasse est un moyen d'identification primordial : c'est l'un des moyens les plus clairs pour les soldats de se reconnaître au combat. De même, le comportement d'un chrétien vise à le faire reconnaître par le monde et les autres croyants comme un disciple de Christ.
Le soldat romain portait des demi-bottes en cuir à semelle robuste et cloutée. L'objectif était de lui assurer une bonne stabilité au combat. Ici, Paul compare ces chaussures à « la préparation que donne l'Évangile de paix ». Les chaussures rendaient le soldat « prêt » à se lancer au combat. De même, l'Évangile de paix prépare le croyant au combat spirituel. Quiconque a déjà marché pieds nus sait que certains endroits sont pratiquement interdits d'accès lorsqu'on est pieds nus. Les chaussures permettent d'aller presque partout. L'Évangile ancre notre foi dans certaines vérités fondamentales et universelles. Sans cela, nos fondements s'effriteraient.
L'un des problèmes les plus courants du monde moderne est le stress. Pourtant, la paix que donne l'Évangile est la réponse à la plupart de nos angoisses quotidiennes. Nous pouvons nous décharger de nos soucis sur Dieu car il prend soin de nous. De plus, associer l'image des « chaussures » à l'Évangile de paix peut aussi suggérer que les croyants portent l'Évangile dans les combats quotidiens, le partageant partout où ils vont. Les croyants reçoivent l'Évangile de paix afin d'être prêts au combat et d'aider ceux qui subissent des attaques spirituelles.
L'une des armes les plus importantes pour un soldat de l'Antiquité était le bouclier. Il était essentiel pour se protéger des attaques ennemies, qu'il s'agisse d'épées, de flèches, de pierres, de lances ou autres. Cet instrument était si puissant que, dans l'Ancien Testament, le bouclier est souvent associé à la force. Dieu se désigne lui-même comme le bouclier d'Abraham et a servi de bouclier à Israël. Utilisés en formation, en coopération avec les autres soldats, les boucliers constituaient l'équipement déterminant dans de nombreuses batailles.
Dans ce cas précis, c'est la foi qui dévie les attaques de l'ennemi. Les autres éléments de l'armure protègent le soldat si le bouclier est contourné. Mais la meilleure défense reste le bouclier : il protège en réalité le reste de l'armure ! Notons toutefois que l'analogie du « bouclier de la foi » réfute également la critique fréquente faite à la foi chrétienne, souvent qualifiée de « foi aveugle ». Les boucliers sont des instruments efficaces, non des murs derrière lesquels on peut se cacher. Par nature, les boucliers sont faits pour être utilisés avec stratégie, vigilance et coopération.
La beauté du bouclier romain résidait dans sa capacité à résister à presque tous les types d'attaques. Dans ce contexte, Paul souligne que le bouclier de la foi peut éteindre les flèches enflammées du mal, ou du Malin. L'attaque dont il parle est celle des flèches enflammées, une tactique courante dans les guerres antiques. Même une cuirasse romaine pouvait être transpercée par une flèche. Les boucliers susceptibles de prendre feu étaient vulnérables. Les boucliers romains étaient doublés de cuir et généralement trempés dans l'eau avant la bataille. Autrement dit, celui qui fournit l'armure donne à ses troupes un équipement parfaitement adapté pour survivre à l'assaut ennemi.
Remarquons également que l'attaque provient du « mal », le « Malin », Satan. Ailleurs, Jésus enseigne à prier pour être protégé contre le Malin. Satan ne peut être partout à la fois puisqu'il n'est pas Dieu, pourtant Paul semble indiquer que Satan tente d'attaquer chaque croyant qu'il rencontre. Tel un chef militaire, il peut attaquer les chrétiens indirectement par le biais de ses démons.
Fait intéressant, le bouclier est la seule pièce d'armure défensive qui puisse également protéger les autres. Dans l'Antiquité, les soldats combattaient généralement en formation, boucliers entrelacés. Ainsi, chacun protégeait à la fois sa propre personne et les autres grâce à son bouclier. Au sein de la communauté des croyants, la coopération, l'unité et la sainteté sont essentielles. En œuvrant ensemble, nous formons un rempart de foi qui renforce et protège l'Église tout entière.
Le verset 17 nous demande de revêtir d'autres pièces d'armure : « faites aussi bon accueil au casque du salut et à l'épée de l'Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. » Le verbe « faites accueil » est impératif, soulignant que le guerrier spirituel doit se saisir sans tarder du casque du salut et de l'épée de l'Esprit face au danger spirituel. L'idée est d'embrasser cette armure avec enthousiasme. Le casque du légionnaire romain était en bronze. Généralement, il n'était pas porté en marche, mais seulement au combat. Les soldats romains le revêtaient face à un danger immédiat. Autrement, le casque était encombrant et chaud. Il était fait de cuir recouvert de plaques de métal.
Le casque du salut protège notre esprit et nous permet de penser fidèlement selon les Écritures. Il nous offre une perspective nouvelle, notamment l'espérance. L'avenir du chrétien n'est pas sombre ; un avenir béni l'attend. Nous avons l'assurance du salut lorsque nous nous approprions quotidiennement les promesses de Dieu. Il ne s'agit pas d'une solution miracle, mais de la vérité tirée de la Parole de Dieu. Jésus reviendra ! Le salut ici ne provient pas de la punition du péché, mais de la résistance au péché dans la lutte contre lui au quotidien. Le casque du croyant symbolise l’assurance de son salut personnel. Le salut est à la fois futur et présent. Ici, il est présent. L’assurance du salut nous protège des fausses doctrines. Elle nous donne confiance et audace dans la vie chrétienne.
Louons donc le Seigneur pour toutes les armes spirituelles dont il nous équipe pour mener notre combat spirituel chaque jour de notre vie : « Seigneur notre Dieu, nous te remercions parce que nous ne sommes pas seuls pour tenir ferme contre les assauts du mal dans nos vies. Nous faisons partie de ton armée bien équipée pour tenir ferme contre le mal et le Malin. Merci pour toute l’armure dont tu nous revêts. Pardonne-nous lorsque nous oublions nos armes ou une partie de notre équipement lorsque nous commençons nos journées, lorsque nous ne puisons pas en toi la force de tenir bon face aux tentations et aux ruses de Satan, notre ennemi qui connaît nos points faibles et cherche à nous éloigner constamment de toi. Que ta vérité et ta justice soient constamment dans nos pensées, que la foi et l’Évangile nous animent tous les jours, que nous comptions toujours sur ta force et non sur la nôtre, sur ta Parole et non nos pensées ou celle du monde. Garde-nous fidèles dans nos combats jusqu’à la victoire que tu nous as promise. Accepte notre reconnaissance et notre prière dans le nom de Jésus, amen. »
Eh bien, rejoignez-nous demain ! Nous parlerons de ce que Dieu veut faire dans notre vie quotidienne et de la façon dont Dieu peut révolutionner notre vie de prière.