Éphésiens 6.18-24

Semaine 6 - jour 5

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 6.18-24

19:41


Après avoir décrit toute l'armure de Dieu en détail, Paul ajoute un autre élément important du combat spirituel : la prière. Bien qu'elle ne fasse pas partie de l'armure spirituelle, elle est essentielle pour remporter les batailles spirituelles.
S'abonner

Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! Aujourd'hui, nous poursuivons notre réflexion sur le chapitre 6. Nous en sommes au cinquième et dernier jour de notre survol de ce chapitre. Félicitations ! Vous êtes arrivés au terme de notre étude du livre des Éphésiens. Après avoir décrit toute l'armure de Dieu en détail, Paul ajoute un autre élément important du combat spirituel : la prière. Bien qu'elle ne fasse pas partie de l'armure spirituelle, elle est essentielle pour remporter les batailles spirituelles. Pourquoi ? Parce que la prière nous relie à la puissance de Dieu, indispensable pour vaincre les ennemis spirituels. La communication, dans le combat spirituel, fait souvent la différence entre la victoire et la défaite. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit de soldats qui entendent les instructions de leur commandant.

Voyez-vous, la conception biblique de la prière et notre propre conception de la prière sont parfois très éloignées. Et je voudrais que nous les rapprochions en étudiant ce passage aujourd'hui. La prière n'est pas une ou deux phrases apprises par cœur par un enfant, ni une réunion hebdomadaire, ni une intervention du pasteur, ni un rituel avant les repas. La prière est notre lien vital en tant que croyants en Christ. C'est notre moyen de communication et d’intime communion avec Dieu. La prière ne devrait donc jamais être notre dernier recours, mais notre premier réflexe, car elle est essentielle à notre vie spirituelle. Or, je constate que beaucoup d'entre nous ne le ressentent pas ainsi. Écoutons donc ensemble ce que nous recommande Paul au verset 18 : « Faites en tout temps par l'Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance et en priant pour tous les saints. » Ce n'est pas l'armure qui fait le guerrier, mais le caractère du combattant. Le guerrier a besoin d'être soutenu par la prière. Nous prenons notre casque et notre épée en priant et en restant vigilants. Même si nous ne prions pas littéralement à chaque instant, il n’y a jamais de moment propice pour négliger la prière. C’est un outil que nous devons constamment utiliser en toute circonstance, à chaque fois qu'une situation se présente : « Priez sans cesse ! », dit Paul aux Thessaloniciens dans sa première lettre au chapitre 5, verset 17. La prière est essentielle dans le combat spirituel.

L’expression « en tout temps » implique une concentration et une prière fervente en toutes occasions et sous toutes ses formes. Il ne s'agit pas de prier une fois par jour et de s'arrêter là. Nous sommes appelés à parler à Dieu avec constance et à lui confier tous nos soucis. Rien n'est trop important ni trop insignifiant pour être abordé avec le Seigneur. Il existe cinq formes de prière : la confession, la louange, l’action de grâce, la supplication et l’intercession. Le mot « prière » est le terme général employé pour désigner la prière dans le Nouveau Testament. La prière englobe tous les échanges avec Dieu. La « supplication » est une demande spécifique et insistante adressée à Dieu. La prière doit être faite dans la puissance du Saint-Esprit. Paul souligne ensuite quelques applications concrètes de la prière dans ce verset et le suivant. Les croyants sont appelés à prier « dans l’Esprit ». Nos prières ne se limitent pas à exprimer nos pensées ou nos désirs, mais doivent être adressées à Dieu en signe de soumission. L’Esprit nous permet de prier plus efficacement. Au verset 20 de sa lettre, l’apôtre Jude demande à ses lecteurs de prier par le Saint-Esprit. Cette expression ne signifie pas prier uniquement dans son cœur, mais prier sous l’influence de l’Esprit. Nous avons besoin de son aide dans notre prière, comme Paul le rappelle dans sa lettre aux Romains, au chapitre 8, versets 26 et 27 : « L'Esprit aussi nous vient en aide dans notre faiblesse. En effet, nous ne savons pas ce qu'il convient de demander dans nos prières, mais l'Esprit lui-même intercède [pour nous] par des soupirs que les mots ne peuvent exprimer. Et Dieu qui examine les cœurs sait quelle est la pensée de l'Esprit, parce que c'est en accord avec lui qu'il intercède en faveur des saints. »

Un bon soldat veille sur l’ennemi. Il ne se repose jamais sur ses lauriers spirituels. Il est constamment vigilant et prie dans l’Esprit. Nous manifestons notre vigilance dans la prière par notre persévérance et présentons nos prières à Dieu avec ardeur. Nous accordons une attention constante à la prière, une attention inlassable. Nous n'omettons rien d'important dans nos prières. Le mot « tous » apparaît plusieurs fois dans ce verset. Le chrétien ne doit pas négliger de prier pour tous les chrétiens. Paul souligne en effet l'importance de prier pour les besoins des autres croyants. Nous louons Dieu dans la prière, nous prions pour nos propres besoins et aussi pour ceux des autres. Chacun de ces aspects est important.

Alors que Paul s'apprête à conclure sa lettre, il prend le temps de demander des prières pour sa vie et son travail à Rome, car il croit fermement à l’efficacité de la prière : « Priez pour moi afin que, lorsque j'ouvre la bouche, la parole me soit donnée pour faire connaître avec assurance le mystère de l'Évangile. C’est pour lui que je suis ambassadeur dans les chaînes. Priez que j'en parle avec assurance comme je dois le faire. » Le premier sujet de prière qu'il évoque est celui de « l’assurance », de l'audace. Son but n'était pas le confort personnel, mais la capacité d'évangéliser efficacement son entourage. Paul était convaincu que si les chrétiens priaient pour lui, il aurait la liberté de prêcher l'Évangile. Nous devons demander aux autres de prier pour nous lorsque nous annonçons l'Évangile. Il nous faut de l'audace pour le faire connaître. Nous dépendons des prières des autres à ce sujet, ainsi que des nôtres. Les chrétiens ne peuvent pas compter uniquement sur leurs propres ressources en matière de prière. La prière d'intercession est essentielle pour faire connaître l'Évangile.

Remarquons également que la prière de Paul pour répandre l'Évangile comprenait une demande pour trouver les mots justes. Nous sommes appelés à témoigner de notre foi par nos actes, mais aussi par nos paroles. Paul montre l'importance de l'harmonie entre les actes et les paroles. Partager sa foi avec assurance implique d'utiliser efficacement la parole pour communiquer la Bonne Nouvelle de Christ. Sans la vérité des paroles, il n'y a pas d'Évangile.

L'apôtre Paul était un ambassadeur de l'Évangile, enchaîné et prisonnier de Rome. Il était emprisonné pour la cause de l'Évangile. Un ambassadeur représente le dirigeant d'une nation en tant qu'envoyé officiel. Il parle au nom d'un roi, d'un président ou d'un premier ministre et le représente personnellement. C’est une personne investie d'une mission, investie d'une autorité. Les chrétiens sont des ambassadeurs mandatés par le Seigneur pour le représenter sur terre.

Le terme « chaînes » indique que Paul était emprisonné seul avec un soldat romain comme nous le lisons à la fin du livre des Actes des Apôtres. Pourtant, son emprisonnement ne l'a pas dissuadé de présenter l'Évangile au gouvernement romain ! Paul refusait de céder et souhaitait proclamer l'Évangile avec audace et liberté. C'était d'autant plus admirable qu'il était déjà emprisonné pour avoir prêché l'Évangile.

Un représentant personnel du Fils souverain de Dieu se doit de parler de l'Évangile avec hardiesse et sans crainte. Les représentants personnels du Seigneur Jésus sur terre doivent annoncer l'Évangile avec ferveur. Annoncer l'Évangile avec audace exige de la confiance en soi. Cette proclamation sans crainte s'appuie sur la prière.

Et Dieu a exaucé la demande de prière de Paul. Après son emprisonnement, il a continué pendant deux ans à prêcher l'Évangile avec courage et librement, comme nous le lisons à la fin du livre des Actes, au chapitre 28, versets 30 et 31 : « Paul est resté deux années entières dans une maison qu'il avait louée. Il accueillait tous ceux qui venaient le voir. Il prêchait le royaume de Dieu et enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ avec une pleine assurance et sans obstacle. » L'Évangile s'est répandu parmi les gardes du prétoire et la maison de César. Paul le dit dans la lettre qu’il a envoyée aux Philippiens.

L’apôtre exprime le désir de fournir des informations supplémentaires sur sa situation à Rome. Avec cette lettre, il envoie une personne en particulier, Tychique, à l'Église d'Éphèse. Il dit ceci aux versets 21et 22 de notre chapitre : « Afin que vous connaissiez vous aussi quelle est ma situation et ce que je fais, Tychique, le frère bien-aimé qui est un fidèle serviteur dans le Seigneur, vous informera de tout. Je l'envoie exprès vers vous pour que vous ayez de nos nouvelles et pour qu'il réconforte votre cœur. » Tychique a servi avec Paul, comme mentionné dans le livre des Actes, au chapitre 20. En plus de remettre la lettre aux Éphésiens, Tychique en a également remis une aux croyants de Colosses, lors du même voyage. Là, il a été qualifié de « frère bien-aimé, de fidèle ministre et de compagnon de service dans le Seigneur » alors qu'il voyageait avec Onésime. Paul le précise dans sa lettre aux Colossiens, au chapitre 4, verset 7 : « Tychique, qui est notre frère bien-aimé, un serviteur fidèle et mon compagnon de service dans le Seigneur, vous informera de tout ce qui me concerne. » Vers la fin de sa vie, quelques années plus tard, Paul mentionnera l'envoi de Tychique à Éphèse et son projet de l'envoyer à Tite. On peut donc conclure que Tychique a été un fidèle collaborateur de Paul durant les dernières années de sa vie. C’était l'un de ces serviteurs de Dieu quasi anonymes du Nouveau Testament qui ont pourtant joué un rôle déterminant dans l'œuvre de Christ. Paul l'envoyait régulièrement en mission, car il avait confiance en lui. Avoir confiance en ses collaborateurs est un atout précieux dans le ministère. Paul ne se méfiait pas de lui ; il savait qu'il était loyal. Dieu se sert de chrétiens anonymes pour sa gloire.

Au premier siècle, être chrétien n'était pas chose courante. Ce n'était pas à la mode. Se lier d'amitié avec un homme emprisonné pour avoir prêché l'Évangile était une position peu répandue. Cela pouvait coûter cher à un chrétien. Tychique, cependant, était prêt à en payer le prix. Il n'avait rien d'un personnage flamboyant. Il était constant, solide, stable et fidèle. Il accomplissait les petites tâches comme si c'était pour le Seigneur. Il ne jugeait pas indigne de porter la lettre aux Éphésiens à Éphèse. Il faut des gens de caractère pour accomplir les petites tâches.

Nous avons vu que dans sa lettre aux Colossiens Paul le décrit comme un « compagnon de service ». Le mot « compagnon » signifie ici esclave. Tychique était un compagnon d'esclavage avec Paul. On peut juger de la profondeur d'âme d'une personne à la manière dont elle traite ses proches. Aucun des compagnons de Paul n'était aussi doué que l'apôtre Paul lui-même. Pourtant, la grandeur d'âme de Paul transparaît dans la façon dont il traitait ses compagnons de route. On ne trouve mention d'aucun sermon prêché par Tychique, d'aucun livre qu'il ait écrit, ni d'aucune église qu'il ait fondée, et pourtant Paul l'appelait « compagnon d'esclavage ». C’était un homme sur lequel Paul pouvait compter. C'est ce que Dieu attend de nous : la fidélité. Or, aujourd'hui, beaucoup de chrétiens manquent de fidélité dans leur ministère. Comment décrirait-on votre ministère ? Fidèle ? Infidèle ? Peut-on compter sur vous ?

Dieu se sert de personnes discrètes et modestes. Tychique était un homme d'une grande importance pour l'apôtre Paul. Paul n'a jamais proféré de mensonges religieux à propos de ceux qui l’accompagnaient dans ses missions, les décrivant comme bien plus que ce qu'ils étaient. Il n'a jamais exagéré leurs accomplissements, mais il leur a rendu justice. Il évaluait avec justesse leurs capacités et leurs qualités. Ce portrait de Tychique était juste. Il n'était pas seulement un frère ; il était un frère bien-aimé. Il n'était pas seulement un ministre ; il était un ministre fidèle. Il n'était pas seulement un serviteur ; il était un compagnon de service.

Se soucier davantage des autres que de soi-même est une preuve de caractère. Paul se trouvait dans une situation grave en prison. Il risquait de perdre la vie aux mains du gouvernement romain. Pourtant, sa préoccupation n'était pas pour lui-même, mais pour l'Église d'Éphèse et des villes environnantes. La plupart d'entre nous sommes absorbés par nos problèmes. Nous nous soucions rarement des autres et de ce qu'ils peuvent traverser. L'amour véritable se soucie d'abord des autres. Il les place au-dessus de tout.

Le réconfort est un don précieux que le Saint-Esprit accorde au croyant. La Parole de Dieu est une autre source de réconfort pour le chrétien. Paul a envoyé Tychique à Éphèse pour toucher les cœurs, et non les esprits. Il n'a pas écrit : « Quand Tychique viendra, il inspirera votre esprit. » Dieu veut que nous réconfortions les autres comme il le fait par le Saint-Esprit et la Parole. Lorsque nous sommes découragés, c'est notre cœur qui a besoin de réconfort.

Dieu vous a-t-il donné le don d'encourager ? Peut-être qu’il met des gens sur votre chemin pour les encourager. Ils ont peut-être besoin d'une poignée de main chaleureuse, d'un café. Quelqu'un d'autre a peut-être besoin de soutien en période de deuil. Quelqu'un d'autre a peut-être besoin que vous preniez soin de ses enfants pendant une crise. Êtes-vous cette gorgée d'eau fraîche par une chaude journée ?

Paul conclut sa lettre aux versets 23 et 24 en évoquant à nouveau la paix. Voici ce qu’il déclare à ses amis éphésiens : « Que la paix et l'amour avec la foi soient donnés aux frères et sœurs de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ ! Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d'un amour que rien ne peut corrompre ! » Avec la paix, Paul propose « l’amour avec la foi ». Ces qualités sont reconnues comme venant « de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ ». Paul ouvre sa lettre en insistant doublement sur le Père et Christ et il la conclut en les réunissant. Pour Paul, le Père et le Fils sont un seul Dieu.

La grâce est un thème central du ministère de Paul et de cette lettre en particulier. Il commence par évoquer la grâce, développe ensuite son enseignement sur la grâce ; il souligne aussi que le salut est un don de la grâce de Dieu. L’apôtre se qualifie de ministre de la grâce divine ; il enseigne que la grâce est un don et que nos paroles doivent inspirer la grâce envers les autres. Paul avait personnellement fait l'expérience de la grâce divine et reçu le salut au moyen de la foi ; il a consacré le reste de sa vie à communiquer ce merveilleux plan de salut à tous !

Le Seigneur Jésus-Christ est l'objet suprême de notre amour. Notre amour pour lui est le fondement indispensable de notre relation avec Dieu. Rien ne doit l'éteindre.

Nous avons vu au cours de nos études que certains Éphésiens avaient perdu de leur amour pour le Seigneur au fil des ans. C’est le livre de l’Apocalypse qui nous le rapporte. Si nous n'admirons pas sa personne et ne désirons pas sa présence, alors notre amour pour lui se dissipe. Avez-vous l'impression que les choses sont compliquées pour vous dans votre vie chrétienne ? Je vous invite à penser à ce que Paul a enduré pour la cause de Christ : quand vous êtes découragés ou désillusionnés, pensez à lui dans ses chaînes. Souvenez-vous qu’il est un exemple vivant de la grâce de Dieu que l'on puise chaque jour.

Terminons donc l’étude méditative de cette lettre de Paul au contenu si riche et bienfaisant par cette simple prière : « Seigneur notre Dieu, nous te remercions de nous avoir donné les Écritures et en particulier la lettre de Paul aux Éphésiens pour nous guider dans la foi en toi, pour nous montrer le chemin de la vie éternelle et comment le suivre jour après jour. Merci pour la grâce que tu nous accordes, à nous qui t’aimons et voulons t’aimer chaque jour davantage. Aide-nous à mettre en pratique ce que nous avons appris dans cette lettre. Que nous nous laissions remplir de ton Esprit et que ta joie rayonne dans nos vies et autour de nous, dans nos relations avec ceux qui nous entourent, dans nos familles, notre travail, notre voisinage, et dans ton Église. Nous te le demandons au nom de Jésus, que nous aimons de tout notre cœur et désirons aimer de plus en plus. Amen. »