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Bonjour, et bienvenue à notre série d’études méditatives Dieu au quotidien sur la lettre de Paul aux Éphésiens ! C’est notre deuxième étude sur le chapitre six, et nous allons aujourd’hui nous concentrer sur le verset 4. Après un petit paragraphe consacré à l'obéissance des enfants envers leurs parents, notre bref passage s'adresse spécifiquement aux pères. Paul leur dit ceci : « Quant à vous, pères, n'irritez pas vos enfants mais élevez-les en leur donnant une éducation et des avertissements qui viennent du Seigneur. » Ce passage bref, mais très important, contient des nuances de traduction selon les versions. La Bible en français courant le traduit ainsi : « Et vous, pères, n’allez pas irriter vos enfants par votre attitude. Mais élevez-les en leur donnant une éducation et une discipline inspirées par le Seigneur. » La Bible du Semeur propose cette traduction : « Vous, pères, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les éduquant et en les conseillant d’une manière conforme à la volonté du Seigneur. »
En tant que chef de famille, le père porte l'entière responsabilité de l'éducation de ses enfants. Les pères ne doivent pas négliger leur devoir d'éduquer leurs enfants et d'être un exemple spirituel pour eux. Cette responsabilité ne doit pas être laissée à la mère ni à l'école du dimanche. En pratique, cette instruction concerne les deux parents et était comprise comme telle par les lecteurs de Paul. Il est bibliquement irresponsable pour des parents de laisser leurs enfants livrés à eux-mêmes.
Il est commandé aux pères de ne pas agacer ou irriter leurs enfants. Le mot grec signifie « exaspération » ou « frustration ». Concrètement, cela signifie éviter tout comportement injuste et cruel, ou tout favoritisme flagrant. Les pères chrétiens ne doivent pas inciter leurs enfants à la colère. La colère peut parfois être une émotion saine, mais elle peut souvent mener au péché, comme nous l’avons vu au chapitre 4 de notre lettre, notamment au verset 26.
« Provoquer » signifie susciter la colère, exaspérer. Les parents peuvent exaspérer leurs enfants par des punitions injustes, du favoritisme ou un abus d'autorité. Les pères peuvent exaspérer leurs enfants en leur imposant des exigences déraisonnables et légalistes. Cela les découragera, comme Paul le souligne aussi aux pères de l’église de Colosses dans sa lettre, au chapitre 3, verset 21 : « Pères, n'exaspérez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent. » Le type d'éducation sévère que Paul dénonce justifie indûment la rébellion naturelle de l'enfant. Comme le disait fort bien le prédicateur Lloyd-Jones : « Quand on discipline un enfant, il faut d'abord se maîtriser soi-même… De quel droit peut-on dire à son enfant qu'il a besoin d'être discipliné alors qu'on en a manifestement besoin soi-même ? »
Les parents peuvent certes provoquer la colère de leurs enfants par une attitude dure et excessivement critique qui les tourmente au lieu de les éduquer. Mais les parents chrétiens ne devraient jamais agir ainsi. Comme plusieurs commentateurs l’ont souligné : « L’Évangile a introduit un élément nouveau dans la responsabilité parentale en insistant sur la nécessité de prendre en compte les sentiments de l’enfant. Dans une société où l’autorité paternelle était absolue, cela représentait un concept révolutionnaire. »
Les pères – les parents – reçoivent donc le commandement positif « d’élever » leurs enfants. Autrement dit, les chrétiens sont appelés à s'impliquer pleinement dans l'éducation de leurs enfants. Deux aspects sont mentionnés. Premièrement, Paul aborde la discipline. La discipline implique d'apprendre la maîtrise de soi et la capacité de se retenir de ses désirs personnels afin d'agir avec droiture. Le terme grec employé par Paul est le même que celui souvent traduit par « châtiment » dans la lettre aux Hébreux, au chapitre 12, versets 5-11. Je vous lis le verset 7, mais vous invite à lire le passage entier, car il nous instruit sur l’attitude de Dieu à notre égard, et la manière dont il nous discipline en tant que ses enfants légitimes : « Nos pères nous corrigeaient pour un peu de temps, comme ils le trouvaient bon, tandis que Dieu le fait pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté. » Élever ses enfants implique une éducation par une discipline corrective. L'avertissement, quant à lui, est davantage lié à l'enseignement ; les deux sont nécessaires, même s'il est significatif que l'éducation vienne en premier.
Deuxièmement, Paul ajoute « l’instruction du Seigneur ». Nous devons nous impliquer dans l’enseignement des voies de Dieu à nos enfants, tant par l’éducation que par l’exemple. Les « avertissements » ou les « conseils » englobent à la fois une direction et un enseignement systématiques, mais aussi la correction. Ce terme est plus complet que celui de « réprimande ». Les « avertissements » impliquent une discipline instruite, assortie de récompenses et de punitions. Les enfants ont besoin de normes et de repères pour s’épanouir dans la vie ; cela leur apporte la stabilité nécessaire pour affronter les difficultés.
Il est important de noter que les termes « éducation » et « avertissement » sont tous deux utilisés par Paul pour décrire le but de la Bible dans sa deuxième lettre à Timothée, au chapitre 3, versets 16 et 17 : « Toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit formé et équipé pour toute œuvre bonne. » Les parents doivent élever leurs enfants selon la Parole de Dieu.
Avertir l’enfant et le conseiller est une méthode d'éducation par la parole. Cela ne signifie pas simplement gronder ses enfants pour les réprimander. Il s'agit de les éduquer et de les avertir. L'encouragement et la réprimande doivent aller de pair avec l'éducation et l'enseignement. L'objectif est d'ancrer une idée dans l'esprit. Cela peut impliquer des réprimandes ou des encouragements, selon les besoins d'une bonne formation. Les réprimandes consistent en une correction verbale. On gronde l’enfant indiscipliné, on le discipline pour qu’il apprenne l’obéissance. Toutefois, l’éducation et les remontrances ne sont pas suffisantes en soi ; elles doivent s’inscrire dans le contexte de tout ce que le Seigneur est, a fait et nous a donné. C’est le seul objectif véritablement profitable de l’éducation parentale.
Dieu fixe les limites de l'autorité parentale. Les parents ne possèdent pas une autorité illimitée qui puisse exaspérer leurs enfants au point de les rendre furieux et amers envers eux. Les attitudes injustes envers l'enfant, caractérisées par une autorité excessive, ne sont pas conformes aux Écritures. De même, l'absence de discipline adéquate n'est pas justifiée. Certains parents imposent des règles mesquines à leurs enfants, et ceux-ci les perçoivent comme telles. Cela crée un profond ressentiment envers les parents. Les exigences absolues imposées aux enfants peuvent être aussi néfastes que la négligence. Étouffer les enfants freine leur développement. Ils doivent apprendre à vivre en adultes indépendants. Il s'agit d'un processus où les parents accordent progressivement plus de liberté à l'enfant à mesure qu'il grandit. Le jugement, en la matière, doit être porté sur le développement progressif de l'enfant. Tout est question d’équilibre, ce que le livre des Proverbes, au chapitre 19, verset 18, exprime fort bien : « Corrige tes enfants tant que tu as l’espoir de les aider, mais ne t’emporte pas au point de vouloir leur mort. »
Des parents peuvent décourager un enfant en lui fixant des objectifs irréalistes. Des parents trop exigeants peuvent développer chez l'enfant un esprit de perfectionnisme. Un enfant perfectionniste n'est jamais pleinement satisfait car il a toujours un objectif hors de sa portée.
Selon l’Écriture, un père éduque et reprend l’enfant qu’il aime, comme nous le lisons dans le livre des Proverbes, au chapitre 3, versets 11 et 12, que la Bible en français courant traduit ainsi : « Accepte, mon fils que le Seigneur soit ton éducateur et ne dédaigne pas ses reproches. Car le Seigneur réprimande celui qu’il aime tout comme un père réprimande le fils qu’il chérit. » Un père donne des avertissements à ses enfants. C’est ce que dit encore le sage dans un autre proverbe, au chapitre 13, verset 1 : « Un fils qui a de la sagesse tient compte des avertissements de son père, mais un fils insolent n’accepte aucun reproche. »
Le livre des Proverbes est très réaliste et dit clairement que, malgré la bonne éducation que les parents donnent à leurs enfants, ceux-ci, en grandissant, peuvent devenir insolents, irrespectueux, rebelles, et refuser de vivre selon l’enseignement qu’ils ont reçu. À un moment donné, les parents ne peuvent plus intervenir ; c’est alors que les pères ne doivent pas céder à la violence pour imposer leur discipline. Leurs enfants deviennent responsables de leur propre conduite. Il arrive hélas des moments où les parents n’ont plus l’espoir d’aider leurs enfants rebelles.
Aucune famille chrétienne n’est parfaite ! Les parents commettent des erreurs. Ils éduquent leurs enfants « comme ils le croient bon », alors que Dieu nous discipline toujours avec justice parce qu’il nous aime. Les enfants ont tous tendance à désobéir et peuvent causer beaucoup de chagrin à leurs parents en grandissant, certains refusant catégoriquement de se soumettre à leur discipline. C’est pourtant dans le contexte où l’apôtre Paul nous appelle à être remplis de l’Esprit que les parents comme les enfants doivent obéir à Dieu en suivant son enseignement dans sa Parole. Parents comme enfants ne peuvent vivre dans l’harmonie sans l’intervention de Dieu dans leur vie, ni sans cette soumission volontaire pour les parents, et disciplinée pour les enfants. Tous ont besoin du pardon de Dieu pour les erreurs commises, petites comme graves, car elles ont toutes une influence sur nos relations. Les parents pardonnent à leurs enfants, comme les enfants peuvent aussi pardonner à leur parents. Il est important de sauvegarder autant que possible les liens familiaux. C’est en comptant sur Dieu le Père, qui nous éduque, nous enseigne et nous discipline, que les familles chrétiennes peuvent puiser la force d’agir de même envers leurs enfants. Prions donc pour les parents et les enfants de nos communautés pour que tous soient remplis de l’Esprit, qui leur permet de vivre selon sa volonté : « Seigneur, notre Dieu et notre Père, nous te remercions de nous accepter tels que nous sommes, avec nos forces comme avec nos faiblesses. Merci pour ta compassion, pour ta bonté et ton amour, toi qui nous as donné la vie et veux que nos familles modèlent leurs relations entre époux, parents et enfants sur celle que tu as avec le Fils et le Saint-Esprit. Aide-nous à puiser dans ta Parole l’éducation et l’enseignement qui nous permettent de vivre dans l’unité et l’harmonie au sein de nos familles. Délivre-nous des emportements, de la colère injustifiée. Que nous soyons au contraire remplis de compassion et de bonté comme tu l’es à notre égard. Guide les parents afin qu’ils se comportent avec sagesse envers leurs enfants, dans la fermeté comme dans la compréhension. Que les parents soient des modèles pour leurs enfants, et que leurs enfants reçoivent à leur tour ta grâce pour leur obéir. C’est dans le nom de Jésus que nous te le demandons. Amen. »
Rejoignez-nous demain. Nous étudierons les versets 5 à 9 du chapitre 6 de la lettre aux Éphésiens et parlerons de l'influence du Saint-Esprit sur notre vie professionnelle.