Éphésiens 6.5-9

Semaine 6 - jour 3

Épître aux Éphésiens

Éphésiens 6.5-9

16:52


Ce passage contient les instructions de Paul aux serviteurs et aux maîtres. Jusqu'à présent, Paul s'est adressé à deux groupes : les maris et les femmes, puis les parents et les enfants. Il introduit maintenant un troisième groupe : les maîtres et les esclaves. Les versets cinq à huit décrivent le rôle des esclaves et le verset neuf, celui des maîtres envers leurs esclaves.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur la lettre de Paul aux Éphésiens. Nous en sommes au troisième jour de notre étude du sixième chapitre et allons examiner ensemble les versets 5 à 9. Ce passage contient les instructions de Paul aux serviteurs et aux maîtres. Jusqu'à présent, Paul s'est adressé à deux groupes : les maris et les femmes, puis les parents et les enfants. Il introduit maintenant un troisième groupe : les maîtres et les esclaves. Les versets cinq à huit décrivent le rôle des esclaves et le verset neuf, celui des maîtres envers leurs esclaves. Écoutons-les ensemble : « Esclaves, obéissez à vos maîtres terrestres avec crainte et profond respect, avec sincérité de cœur, comme à Christ. Ne le faites pas seulement sous leurs yeux, comme le feraient des êtres désireux de plaire aux hommes, mais obéissez comme des serviteurs de Christ qui font de tout leur cœur la volonté de Dieu. Servez-les avec bonne volonté, comme si vous serviez le Seigneur et non des hommes, sachant que chacun, esclave ou homme libre, recevra du Seigneur le bien qu’il aura lui-même fait. Quant à vous, maîtres, agissez de même envers eux et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans le ciel et que devant lui il n'y a pas de favoritisme. »

Les versets cinq à huit énumèrent sept caractéristiques qu'un esclave devait posséder envers son maître : Il devait respecter son maître ; il devait s'adresser à son maître avec déférence ; il ne devait pas être fourbe envers son maître ; son service devait être dédié au Seigneur ; son service devait être constant ; ses motivations devaient être justes, et son attitude devait être bienveillante envers son maître.

L'esclavage était une institution sociale prédominante au premier siècle, avec ses quelque soixante millions d'esclaves dans l’empire romain. L'abus des esclaves par leurs maîtres était monnaie courante. Ils achetaient et vendaient des esclaves comme s'il s'agissait de marchandises. Les esclaves étaient souvent traités comme des animaux. Cependant, le christianisme a introduit l'idée que maîtres et esclaves étaient égaux aux yeux de Dieu. Ce fut une révolution pour la société romaine.

Le dessein de Dieu n'est pas de changer les institutions sociales, mais de transformer les individus au sein de ces sociétés. Ni l'Ancien ni le Nouveau Testament ne condamnent l'esclavage. Ils nuancent tous deux le traitement réservé aux esclaves. Restructurer les institutions sociales ne résout jamais les problèmes fondamentaux de la société, car ce sont des hommes corrompus qui les dirigent. Les personnes converties doivent agir avec justice envers autrui, quel que soit le système qui les gouverne.

L’expression « Maîtres terrestres » désigne les maîtres humains ; aujourd’hui, dans nos cultures occidentales, nous parlerions de « patrons », d’« employeurs », et pour le terme « esclave », nous parlerions d’« ouvrier » ou d’« employé ». Les esclaves devaient être fidèles à l'autorité de leur maître humain autant qu'à celle de leur Maître souverain. L'insubordination est contraire aux Écritures.

Deux attitudes sont à adopter face à notre travail : la crainte et le tremblement. La « crainte » signifie respecter son maître en accomplissant bien ses tâches. Il ne s'agit pas d'une peur panique, mais d'un honneur dû à l'employeur. Le « tremblement » est la crainte, chez l'esclave, de déplaire à son maître. Il s’agit d’exceller dans son travail par loyauté et déférence envers son maître. Lorsqu’il s’adresse à son ami Timothée à ce propos, Paul lui recommande de parler ainsi aux esclaves, au chapitre 6, versets 1 et 2 de sa première lettre : « Que tous ceux qui vivent sous la contrainte de l'esclavage considèrent leurs maîtres comme dignes d'un plein respect, afin que le nom de Dieu et sa doctrine ne soient pas calomniés. » Notre travail est un lieu privilégié pour témoigner de notre foi.

Aujourd'hui, beaucoup de chrétiens placent de grands espoirs dans les solutions politiques, mais le problème ne réside pas dans un système politique. Le problème est au cœur de l'homme. Il a besoin d'un cœur nouveau. Il doit être régénéré pour être différent. Aucune solution politique, sociale ou économique ne peut résoudre un problème spirituel.

Un chrétien doit être exigeant envers lui-même au travail. Quel que soit son supérieur, il représente Jésus-Christ dans tout ce qu'il fait. Il doit être plus productif que les non-chrétiens qui l'entourent.

Les esclaves comme les employés chrétiens obéissent à leur supérieur avec « sincérité », c’est-à-dire avec simplicité, sans faux-semblant. Un serviteur sincère n'a qu'un seul but : bien servir son maître. Il n'est ni hypocrite ni malhonnête envers lui. Dieu attend de nous que nous soyons fidèles à nous-mêmes. La dissimulation, l'hypocrisie et la tromperie ne sont pas des valeurs chrétiennes. Nous devons toujours agir sans arrière-pensée.

L’esclave est entièrement dévoué à son maître, tout comme il l’est à Christ. C’est ainsi qu’il devient productif et fiable. À trois reprises, Paul exhorte les chrétiens esclaves à être motivés par leur relation avec Christ : au verset 5, il précise « comme à Christ » ; au verset 6 « comme des serviteurs de Christ ; et au verset 7 « comme si vous serviez le Seigneur ». L'obéissance à ceux qui ont autorité sur nous est semblable à notre obéissance à Christ.

Une application actuelle de la situation maître-esclave aux temps bibliques est la relation employeur-employé. En fait, les principes restent les mêmes, quelle que soit la situation. Aujourd'hui, les employés souhaitent moins d'heures de travail, plus de congés et de meilleurs avantages financiers. Les employeurs, quant à eux, aspirent à une productivité et à des profits accrus. Le problème fondamental qui les oppose réside dans leurs propres désirs. L'avidité est à l'origine de ce conflit. Les dirigeants politiques proposent des solutions économiques, mais ils ne résoudront jamais le problème de l'avidité. La dépravation humaine est au cœur du problème.

Un chrétien au service des autres ne se contente pas du minimum, mais donne le maximum. Un chrétien accomplit son travail sans avoir à être surveillé par son supérieur. Il ne travaille pas seulement sous le regard de son maître, mais aussi en son absence. Il travaille avec intégrité, quel que soit le regard porté sur lui. Ses supérieurs n'ont pas besoin de le surveiller constamment. Les esclaves ne devaient donc pas se préoccuper du regard des hommes, mais plutôt de celui de Dieu, car les chrétiens n'agissent pas pour plaire aux hommes, mais à Dieu lui-même. Ainsi, les esclaves chrétiens devaient se comporter comme des serviteurs de Christ, non pas en recherchant la faveur des hommes, mais celle de Dieu, leur allégeance ultime étant à Christ. Le Maître invisible attend un service fidèle de ses serviteurs, même en l'absence de témoins.

Les serviteurs de Christ ne servent pas seulement en public, mais en tout temps et pour la gloire de Dieu. Comme le dit Paul, les serviteurs de Dieu doivent servir « en faisant de tout leur cœur la volonté de Dieu ». Lorsqu'un serviteur agit uniquement pour être vu des autres, et non pour la gloire de Dieu, ce n'est pas le service en lui-même qui est mauvais, mais l'attitude qui l'est. Les chrétiens donnent donc le meilleur d'eux-mêmes, qu'on les observe ou non. Ils feront de leur mieux, qu'ils soient bien traités ou non, qu'ils soient appréciés ou non. Ces choses-là sont accessoires à l'essentiel pour plaire à Dieu par ses actions.

Le serviteur chrétien doit œuvrer avec une attitude pieuse quelles que soient les circonstances. Paul a donné un exemple remarquable à cet égard. Bien qu'emprisonné, il a écrit des lettres d'encouragement aux croyants et a propagé l'Évangile pendant sa détention. Il n'a pas laissé sa captivité l'empêcher de vivre selon la volonté de Dieu et a exhorté les autres à faire de même. L’attitude de Paul est bien plus facile à adopter lorsqu'on considère son travail comme étant au service du Seigneur. Nous sommes appelés à tout faire pour la gloire de Dieu, comme l’apôtre le recommande aux chrétiens de Colosses, au chapitre 3, verset 17 de sa lettre : « Quoi que vous fassiez, en parole ou en acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus en exprimant par lui votre reconnaissance à Dieu le Père. » C’est ainsi que nous pouvons agir et vivre d'une manière qui honore Dieu et témoigne de l'amour envers autrui, même dans les situations les plus difficiles. Alors, que notre supérieur agisse correctement ou non, nous, chrétiens, sommes appelés à être de bons exemples.

Paul évoque au verset 8 une dernière raison de travailler dur pour le Seigneur. Dieu nous le rendra selon nos efforts pour les autres ; il ne laissera pas nos efforts rester vains. Ceci nous amène à un principe intéressant : la nouvelle naissance transforme la vie des personnes, qui deviennent plus travailleuses et moins dépensières, et qui, de ce fait, sont bénies et prospères. Lorsqu'un chrétien agit avec bienveillance et sincérité, « il recevra du Seigneur le bien qu’il aura lui-même fait, qu'il soit esclave ou libre ». Ceux qui bénissent les autres seront bénis par le Seigneur.

On confond parfois cela avec la notion de « karma », bien qu'il s'agisse de deux choses bien différentes. Le karma est une croyance, présente dans les religions orientales, selon laquelle on récolte ce que l'on sème. Plus précisément, il s'agit de l'idée que les actions d'une personne créent un équilibre entre le bien et le mal, dont elle devra rendre compte lors de sa prochaine réincarnation. Ce n'est pas ce que Paul veut dire ici. Au contraire, ceux qui servent les autres sont récompensés par le Seigneur. Il peut bénir les croyants dans cette vie et dans la suivante pour leurs bonnes actions, même si de nombreuses récompenses ne seront connues qu'au ciel. Ce principe s'applique à tout travailleur, esclave ou non ! De nos jours, nombreux sont ceux qui bénéficient d'un emploi qu’ils choisissent eux-mêmes. Pourtant, le principe de faire le bien autour de soi, dans le cadre de son travail et pour la gloire de Dieu, demeure essentiel. Des habitudes de travail conformes à la volonté de Dieu honorent le Seigneur, donnent un exemple positif aux autres, offrent un meilleur environnement de travail et peuvent donner des occasions favorables pour annoncer le message de Christ avec les non-croyants.

Les versets 5 à 8 portent sur les obligations spirituelles des serviteurs. Au verset suivant, les maîtres de ces serviteurs sont spécifiquement interpellés : « Quant à vous, maîtres, agissez de même envers eux et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans le ciel et que devant lui il n'y a pas de favoritisme. » Il est intéressant de noter que les maîtres reçoivent exactement la même instruction : accomplir la volonté de Dieu, pour le bien d’autrui, avec un cœur pur et bien disposé. Les maîtres ont beau avoir l’autorité, ils doivent aussi guider les autres selon les voies de Dieu.

Pas de place pour les menaces ! Dans une culture où les maîtres et les propriétaires d’esclaves avaient toute latitude pour maltraiter leurs serviteurs, Paul condamne fermement cette pratique. Son argument repose sur leur Seigneur commun. C’est une puissante incitation pour le maître, ou le propriétaire d’esclaves, à être attentif à la manière dont il traite ceux sur qui il a autorité. Les maîtres étaient – et sont toujours – responsables devant Dieu de leurs actes envers ceux qu’ils dirigent. Cette idée de base reste valable quelles que soient la culture et les lois.

Paul rappelle ensuite aux maîtres qu'« il n'y a pas de favoritisme » devant Dieu. Il ne favorisera pas ceux qui ont plus d'argent ou d'influence. Dieu juge parfaitement et avec justice, rappelant aux maîtres qu'ils sont tenus d'agir selon sa volonté, quel que soit leur statut terrestre. Aux yeux de Dieu, la maltraitance d'autrui n'est excusée ni par une relation maître-esclave, ni par une relation employeur-employé. Cela concorde parfaitement avec l'enseignement similaire de Paul sur les responsabilités mutuelles des maris et des femmes, ainsi que des enfants et des parents.

Ce qui est formidable avec l’Évangile, c’est que l'égalité dans la foi prime sur le statut social ! Dieu fait de tous les croyants des frères et sœurs. Il n’y a jamais de favoritisme chez lui. Voilà pourquoi les maîtres devaient traiter leurs esclaves avec dignité. Comme nous l’avons déjà souligné, la Bible ne condamne ni n'approuve l'esclavage. Elle l'aborde sous l'angle du comportement des personnes qui y sont soumises. Tout vient de l’intérieur ! Dieu transforme le cœur des esclaves, des serviteurs, des employés, tout comme celui des maîtres, des patrons et des supérieurs pour que les uns et les autres, esclaves ou libres, lui rendent gloire par une attitude qui l’honore.

Prions donc le Seigneur ensemble, riches et pauvres, patrons et employés, dignitaires et gens du peuple, dans la reconnaissance : « Notre Dieu et notre Père, merci parce que tu n’avantages personne. Tu nous acceptes tels que nous sommes. Nous voulons te servir et t’honorer, toi qui prends soin de nous quelle que soit notre condition sociale ou économique. Tu transformes nos vies de l’intérieur et prends soin de nous. Nous voulons agir comme tu nous le demandes, obéissants à nos supérieurs, et équitables si nous sommes responsables d’employés. C’est pour ta gloire que nous travaillons. Donne-nous donc la force de vivre selon ta volonté, d’accepter les autres tels qu’ils sont et quel que soit leur rang social. Transforme-nous pour que nous soyons de plus en plus à ton image comme tu nous le demandes, dans la libre soumission et la joie d’être à toi. Au nom de Jésus, amen. »