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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes. C’est le cinquième jour de notre semaine de réflexion sur les Psaumes 26 à 30, et nous allons survoler ensemble le Psaume 30 aujourd'hui. Ce psaume de David a été écrit pour la dédicace de son palais. David ne parle pas de la maison elle-même ; il met plutôt l’accent sur Dieu et la grandeur de sa délivrance. Au moment de la dédicace de sa maison, David voulait que Dieu soit loué, et non lui-même. Et il donne dans son chant tous les ingrédients d'une joie authentique.
En observant le cœur de David devant Dieu, le Psaume 30 nous encourage à ne pas fuir nos sentiments douloureux, mais à les reconnaître et à les apporter à Dieu pour lui demander son aide et sa guérison. J'aimerais donc examiner les sentiments douloureux que David confesse devant Dieu dans ce psaume. J’espère que cela nous encouragera, vous et moi, à confesser nos propres sentiments douloureux devant Dieu. Aux versets 2 à 4, le premier sentiment que David confesse est celui-ci : « Je suis au fond du gouffre. » Il dit : « Je proclame ta grandeur, Éternel, car tu m’as relevé, tu n’as pas voulu que mes ennemis se réjouissent à mon sujet. Éternel, mon Dieu, j’ai crié à toi, et tu m’as guéri. Éternel, tu as fait remonter mon âme du séjour des morts, tu m’as fait revivre loin de ceux qui descendent dans la tombe. » Le mot hébreu utilisé pour parler du « séjour des morts » est « le gouffre ». David confesse qu’il s’est trouvé au fond d’un gouffre. Il se voyait mourir sans aucune issue de secours. Seuls ceux qui reconnaissent la réalité de la situation dans laquelle ils se trouvent peuvent demander à Dieu de les en sortir. Nous pouvons prétendre que tout va bien, alors qu’au plus profond de nous-mêmes nous savons que rien ne va dans notre vie, que nous sommes dans un gouffre. Nous pouvons même parler à Dieu et faire comme si tout allait bien, mais c’est seulement lorsque nous reconnaissons notre véritable situation désespérée que nous pouvons faire comme David et crier à Dieu de nous délivrer du gouffre dans lequel nous sommes enfermés. Car, en réalité, ce gouffre est semblable au séjour des morts. Ne faisons donc pas semblant devant Dieu. Si vous vous trouvez dans une situation désespérée, avouez-le simplement, comme David l’a fait et dites : « Seigneur, voilà où j’en suis. Tu me vois, tu sais tout sur moi, tu sais que tout va mal. » C’est alors que Dieu peut commencer à nous relever, car c’est un Dieu qui relève ceux qui sont tombés. Dans sa vie de soldat et de chef, David a vécu plus d'une fois des moments où la mort était proche, et Dieu a délivré son âme de la mort. David n'était pas immortel : un jour, son corps mourrait et il passerait de cette vie à la suivante. Pourtant, à maintes reprises, Dieu a retardé sa mort, l'empêchant de descendre définitivement dans le séjour des morts.
La deuxième émotion douloureuse exprimée par David dans ce psaume se trouve aux versets cinq et six : « J'ai pleuré toute la nuit. » Nous lisons ceci : « Chantez en l’honneur de l’Éternel, vous qui l’aimez, célébrez par vos louanges sa sainteté, car sa colère dure un instant, mais sa grâce toute la vie : le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse. » N’ayons pas peur de pleurer devant Dieu lorsque nous sommes dans une situation désespérée. Comme le jour suit la nuit, la tristesse et le désarroi exprimés dans les larmes de la nuit laissent place à la joie exaltante. Une des raisons pour lesquelles certains d'entre nous manquent de joie est que nous adhérons à l’idée de joie instantanée ou de bonheur instantané. Ceux qui recherchent la joie et le bonheur instantanés finissent généralement par les chercher aux mauvais endroits. Un nouveau plaisir, une nouvelle drogue, un nouveau frisson, une nouvelle relation, une nouvelle église, un nouveau livre, quelque chose de nouveau. Mais peut-être qu'il est nécessaire de revenir aux sentiments profonds de tristesse et de désarroi et de les confesser à Dieu. Ce que vous traversez en ce moment ne change rien au fait que Dieu a promis de vous accorder sa faveur pour la vie. Et lorsque vous confessez ce que vous traversez en ce moment, il vous le révèle.
Ce que vous vivez cette nuit ne change rien à la vérité : Dieu promet qu'un matin joyeux se lèvera. Et lorsque vous confessez ce que vous ressentez pendant votre nuit sombre dans les larmes, vous savez que le matin se lèvera rempli d’espérance. David met l'accent sur la certitude du réconfort et de la joie que Dieu apporte à son peuple. Le matin suit toujours la nuit, et le croyant en pleurs peut être sûr qu'en gardant les yeux fixés sur Dieu, il le ramènera à la joie. Comme disait le prédicateur Charles Spurgeon : « Les pleurs peuvent durer une nuit, mais les nuits ne durent pas toujours. » C’est une image très belle et touchante des souffrances et de l’exaltation de Jésus-Christ, de la nuit de la mort et du matin de la résurrection.
Après avoir appelé le peuple de Dieu à la louange, David confesse que ses sentiments de tristesse, de douleur et de deuil ont pu être parfois dus aux fautes qu’il a commises dans le passé, et il admet donc que Dieu a exprimé sa colère envers lui. Mais il s'est réjoui que la réelle colère de Dieu soit toujours passagère, tandis que sa faveur est durable. Comme nous le lisons partout dans la Bible, la correction ou la discipline de Dieu est momentanée, mais sa grâce demeure éternellement.
Alors que David parle de ses sentiments dans ce psaume et de sa quête de la joie de Dieu au milieu des moments difficiles, il confesse aussi une troisième chose, en disant : « J’ai été épouvanté. » Aux versets 7 à 11 de notre psaume, il déclare ceci : «
Je disais dans ma tranquillité : ‘Je ne serai jamais ébranlé !’ Éternel, par ta grâce tu avais affermi ma montagne. Tu t’es caché, et j’ai été épouvanté. Éternel, j’ai crié à toi, j’ai imploré l’Éternel : ‘Que gagnes-tu à verser mon sang, à me faire descendre dans la tombe ? La poussière te célèbre-t-elle? Raconte-t-elle ta fidélité? Écoute, Éternel, aie pitié de moi! Éternel, secours-moi ! »
On peut se demander si David a dit (ou chanté) cela devant une assemblée lors de l'inauguration de son palais et a souri en l'écoutant. Cela semble exprimer une assurance présomptueuse, née d'une période de prospérité. Quelqu’un a dit : « Nous ne sommes jamais plus en danger que sous le soleil de la prospérité. Être toujours comblé par Dieu et ne jamais connaître d'ennuis témoigne davantage de sa négligence que de sa tendresse. » David a pourtant dû apprendre par de dures épreuves que la force de sa vie et de son royaume n’était pas due à sa prospérité, mais à la faveur de Dieu. Sans le soutien constant de Dieu, David était profondément troublé. Cela ne signifie pas que Dieu se cachait constamment avec lui, se cachant puis se révélant à lui. L’idée est que David dépendait entièrement de la présence de Dieu, de sa communion avec lui et de sa faveur.
David a été ébranlé au point d’en être épouvanté. Incapable de résoudre par lui-même les épreuves qu’il traversait, il se retrouvait désemparé, parce qu’il avait l’impression que Dieu ne se présentait pas à son secours quand il en avait besoin. Il parle de sentiments que nous avons tous vécus. Il y a des moments dans nos vies où nous avons l’impression que rien ne peut nous ébranler. Mais soudain, nous ne sentons plus sa présence auprès de nous. Nous avons l'impression que nos prières ne sont pas exaucées. Et nous sommes dans l’épouvante.
Quand David a senti que Dieu était distant, il a fait trois choses. Premièrement, il s'est rappelé les moments où il s'était senti en sécurité. Il ne s’est pas toujours senti désemparé. Il y a des moments où nous nous sommes sentis en sécurité. Je sais que quelque chose se passe en moi maintenant, mais cela n’a pas toujours été le cas. Deuxièmement, et c’est sans doute plus important, David a continué de parler à Dieu. Même s'il sentait que Dieu était distant, sa confiance en lui lui a permis de continuer à lui parler. Même si vous sentez que Dieu est distant en ce moment, ayez la foi de continuer à lui parler. Et troisièmement, David a reconnu son besoin de la bonté de Dieu et n’a pas hésité à crier : « Aie pitié de moi ! Éternel, secours-moi ! » Une des raisons pour lesquelles nous traversons des moments où nous nous sentons loin de Dieu, est de nous rappeler que nous avons besoin de la force, de l'aide et de la bonté de Dieu dans notre vie. Et il est parfois facile, lorsqu'on se sent en sécurité, de penser que tout dépend de soi. Quand on est dans l’épouvante et la consternation, on ne peut que reconnaître que toute notre vie dépend vraiment de Dieu. Il est le seul à pouvoir nous aider.
Enfin, le dernier sentiment douloureux que David a avoué est celui-ci : « J’étais dans le deuil. » Les larmes de David étaient des larmes de deuil. David n’a pas caché à Dieu qu’il était endeuillé. Nous lisons ceci au verset 12 et 13 de notre psaume : « Tu as changé mes lamentations en allégresse, tu m’as retiré mes habits de deuil pour me donner un habit de fête. Ainsi mon cœur chante tes louanges et ne reste pas muet. Éternel, mon Dieu, je te louerai toujours. »
Lorsque nous devons faire face à des sentiments douloureux, nous avons tendance à les ignorer, à faire semblant que nous ne les éprouvons pas, à les refouler jusqu’à ce qu’ils disparaissent. David a tout simplement avoué qu’il avait mal. Sans cet aveu, il n’aurait pas été transformé, ses lamentations n’auraient pas été changées en allégresse. Nous pensons pouvoir surmonter le deuil immédiatement. Certains ne portent même plus d’habit de deuil de nos jours. Ce refus de souffrir nous empêche d’être transformés par Dieu qui veut transformer lui-même nos sentiments les plus douloureux en joie et en espérance profondes. C'est exactement ce que Jésus a enseigné à ses disciples la nuit précédant sa mort. Lorsque Jésus a parlé à ses disciples dans la chambre haute, il a vu combien ils étaient bouleversés. Ils savaient que quelque chose de grave aller arriver à leur maître. Jésus venait de leur annoncer qu'il allait mourir et qu’ils seraient dans le deuil. Mais Jean nous rapporte dans son évangile, au chapitre 16, que Jésus leur a promis en même temps que leur chagrin se transformerait en joie. La joie ne signifie pas que tout va bien, mais l’allégresse peut s’exprimer quand l’espérance revient, celle que Dieu nous donne.
Si nous considérons ce psaume comme chanté lors d'une cérémonie d'inauguration du palais de David, il était instructif pour David de dire à tous : « Vous voyez la force de mon royaume et la splendeur de ce palais. Tout semble bien et sûr en un jour comme aujourd'hui. Pourtant, personne ne doit oublier que ma vie a souvent été en grand danger et que j'ai frôlé la mort. Louez avec moi le Seigneur qui m'a délivré. »
Le roi David a révélé la raison principale de l'œuvre transformatrice de Dieu dans sa vie. Il ne s'agissait pas principalement de lui donner des palais, mais de lui permettre de louer le Seigneur sans se taire. Dieu a œuvré dans la vie de David pour se glorifier et recevoir des louanges appropriées. Bien que cela ait clairement profité à David, c'était avant tout pour la gloire de Dieu lui-même qu'il a agi ainsi. Ce principe signifie que Dieu a une raison particulière d'accomplir son œuvre transformatrice dans des vies qui le loueront. David chantait ses louanges avec passion et exubérance, jaillissant de la gloire qui lui était associée en tant qu'homme, soldat et roi. Il savait que Dieu considère et reçoit les louanges qui lui sont adressées par des chants. Qui pourrait se taire et s’abstenir de louer Dieu alors qu’il veut nous combler de joie ?
Je vous invite donc à le prier et à le louer ainsi avec moi : « Seigneur, tu connais nos circonstances. Tu sais ce dont nous souffrons. Parfois nous traversons des moments très pénibles que nous avons provoqués. Pardonne nos manquements, ceux qui ont provoqué ta colère. Nous acceptons d’être corrigés, d’être disciplinés par toi. Mais nous savons aussi que de nombreuses épreuves nous arrivent sans que nous les ayons provoquées. Dans notre tourmente, nous confessons nos sentiments douloureux en sachant que nos nuits en larmes peuvent être changées en jours d’allégresse. Nous croyons en ta promesse de nous délivrer quand nous venons vers toi et nous attendons à toi. Alors nous te louons et te célébrons de tout notre cœur. Renouvelle notre confiance quand notre foi chancelle. Redonne-nous de la force quand nous nous sentons désemparés. Aie pitié de nous quand nous ne voyons aucune issue à nos difficultés. Sèche nos larmes quand nous sommes endeuillés. Nous sommes heureux de pouvoir dépendre de toi chaque instant de notre vie. Accepte notre prière et notre louange au nom de Jésus, amen. »