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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes avec le pasteur Tom Holladay. Nous entamons la troisième semaine du survol des Psaumes 26 à 50, et nous allons faire ensemble une lecture approfondie des Psaumes 36 à 40, en commençant aujourd’hui par le Psaume 36, un psaume de David. Ce psaume aborde le problème du mal, mais d'une manière légèrement différente de celle que nous adopterions aujourd'hui. De nos jours, lorsque nous abordons le problème du mal, nous le faisons généralement d'un point de vue philosophique, en nous posant des questions telles que : pourquoi le mal existe-t-il dans le monde ? Comment Dieu a-t-il pu permettre le mal ? David, dans le Psaume 36, adopte une approche différente. Il l'aborde d'un point de vue personnel, non pas philosophique, mais personnel. Il souligne d'abord la destruction que le mal entraîne dans le cœur humain, puis il nous explique comment répondre personnellement aux questions que nous nous posons sur le mal.
David parle donc d'abord de la destruction du cœur humain causée par le mal.
Écoutons les versets un à quatre : « La parole de révolte du méchant pénètre au fond de mon cœur : la crainte de Dieu n’est pas devant ses yeux, car il se voit d’un œil trop flatteur pour reconnaître son crime et le détester. Les paroles de sa bouche sont fausses et trompeuses ; il renonce à être sage, à faire le bien. »
Cela peut paraître évident, mais on l'oublie souvent. Le fondement du caractère et des actes du méchant réside dans son manque de crainte de Dieu. Il ne le respecte pas et ne le révère pas comme il le devrait. La description de l'homme mauvais est frappante. Il s'est persuadé, par certains moyens, que Dieu n'interfère pas avec les hommes. Par conséquent, il ne craint pas Dieu, s'installe au centre de son être et s'engage dans la voie du mal, en pensées et en actes.
La phrase : « car il se voit d’un œil trop flatteur pour reconnaître son crime et le détester » est effrayante. Elle exprime ce qui arrive à cause du péché dans nos vies, et comment nous pouvons facilement nous laisser emporter par notre orgueil et notre péché, et la destruction, l'érosion que cela entraîne en nous. L'homme méchant rabaisse son estime de Dieu et élève celle de lui-même. Il se croit bien meilleur qu'il ne le devrait, tant par rapport à ses péchés que par rapport à ses préjugés. L'essence de la flatterie réside dans les paroles qui disent qu'une personne est meilleure qu'elle ne l'est réellement. Nous pensons généralement que la flatterie vient des autres, mais nous sommes tout à fait capables de nous dire que nous sommes meilleurs que nous ne le sommes réellement. Le caractère de l'homme méchant se manifeste dans ses paroles - qui sont méchanceté et tromperie -, dans ses plans - il conçoit la méchanceté -, dans ses habitudes - il se met dans une voie qui n'est pas bonne -, et dans son attirance pour le mal - il n'a pas en horreur le mal. L'homme mauvais ne se contente pas de s'égarer dans le mal. Il invente des moyens pour y parvenir, contrairement à l'homme pieux qui passe ses nuits à méditer sur Dieu et ses commandements. Loin d'éprouver du mépris et de l'horreur pour le mal, il s'en réjouit. Il ne hait jamais une mauvaise action parce qu'elle est mauvaise, mais il la médite, la défend et la pratique.
Face à ce fléau, David se penche ensuite sur la manière d'affronter le problème du mal de manière très personnelle et pratique. Dieu est celui qui pourvoit aux besoins de la terre entière depuis la création. Satan n’a jamais rien créé et cherche à ruiner tout le bien que Dieu a créé. Le malin veut nous enlever le bien que Dieu a fait car il ne sait rien produire de bien dans l’univers. C’est le mal personnifié dans toute son horreur. Le mal ne produit que du mal, et ne peut rien faire de bien pour l’homme. Dans ce psaume, David parle de cinq choses que Dieu nous donne pour affronter le mal.
Premièrement, Dieu nous donne son amour, sa bonté. Au verset 5 nous lisons : « Éternel, ta bonté s’élève jusqu’au ciel, ta fidélité atteint les nuages. » La Bible du Semeur l’exprime ainsi : « Jusqu’au ciel va ton amour, Éternel, et jusqu’aux nuages monte ta fidélité. » Nous sentons que David a suffisamment réfléchi au sujet du méchant. Il se tourne maintenant vers la grande bonté et la fidélité de l'Éternel, le Dieu de l'alliance d'Israël. La traduction du mot « bonté » vient d’un mot hébreu ‘merveilleux’ qui évoque l'amour et la miséricorde de Dieu, en particulier envers son peuple de l'alliance. David ne peut décrire ces attributs de Dieu qu’avec les plus grandes choses auxquelles il peut penser : les cieux, les nuages qui remplissent le ciel, les grandes montagnes et le grand abîme de la mer. Tout ce que nous avons, tout ce que nous admirons vient de Dieu. L’apôtre Paul, dans sa lettre aux Éphésiens, au chapitre 3, versets 18 & 19 fait le même constat et dit : « Je prie que vous soyez enracinés et fondés dans l'amour pour être capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. » Ainsi, lorsque vous reconnaissez la profondeur de l’amour de Dieu pour vous, vous pouvez affronter le problème du mal en étant conscient que son amour est plus grand et qu’il durera plus longtemps. Le bien survivra au mal, car c’est Dieu lui-même qui nous remplit de sa bonté, de son amour.
Deuxièmement, Dieu nous donne la justice et la droiture. Au verset sept nous lisons : « Ta justice est aussi haute que les montagnes de Dieu, tes jugements sont profonds comme le grand océan. Éternel, tu secours les hommes et les bêtes. » Ce psaume nous offre des images aussi vastes que les cieux, au-delà des nuages, des montagnes majestueuses, des profondeurs océaniques, de magnifiques images qui révèlent la puissance et le caractère de Dieu. David ne peut décrire ces attributs de Dieu qu'avec les plus grandes choses qu'il puisse imaginer. La bonté de Dieu se manifeste par la façon dont il prend soin de ses créatures. Dieu redressera tout ce qui est mal, et dans sa justice, il jugera tout ce qui est mal. Aujourd'hui, vous et moi, nous en avons des aperçus. Nous voyons des aperçus de la justice de Dieu. Dans l'éternité, nous verrons la plénitude de la justice de Dieu, la plénitude de sa justice. Et ce que nous commençons à voir maintenant, nous le verrons pleinement dans l'éternité.
Troisièmement, dans ce psaume, Dieu nous offre un refuge. Au verset huit, nous lisons : « Combien ta bonté est précieuse, ô Dieu ! A l’ombre de tes ailes les hommes cherchent un refuge. » Considérant la générosité de Dieu envers son peuple et sa création, David ressentait sa bonté comme une chose précieuse et personnelle. Le mot « précieux » établit d'emblée le changement d'échelle, de l'immense à l'intime et au personnel. Le Dieu de bonté est un lieu de repos et de protection pour son peuple. Dieu invite tous les enfants des hommes à trouver en lui ce refuge de confiance. Il est comparé à une poule qui couvre ses poussins de ses ailes pour les protéger, les cacher et les abriter. Jésus a repris cette image à propos de Jérusalem, comme nous le rapporte l’évangile selon Matthieu au chapitre 23 : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés ! Combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! » Ne soyons pas comme les gens rebelles de Jérusalem et trouvons notre refuge en Dieu pour lutter contre les forces du mal. Nous savons que nous sommes fragiles et que nous pouvons facilement être déchirés par Satan qui veut nous ravir des mains de Dieu. Mais sous sa protection et sa justice, nous restons protégés.
Quatrièmement, Dieu nous donne à manger et à boire. Il pourvoit à nos besoins quotidiens. Au verset neuf nous lisons : « Ils se rassasient de l’abondance de ta maison, et tu les fais boire au torrent de tes délices. »
Dieu prend soin de ceux qui lui font confiance et les protège, comme un hôte bienveillant et honorable le ferait pour quiconque se trouve dans sa maison. La plénitude de la maison de Dieu suffit à satisfaire chacun, offrant un véritable fleuve de plaisirs en Lui. Le mot plénitude ici signifie littéralement « gras », et son usage est suggestif. Quelqu’un a dit : « Le morceau le plus gras est considéré comme le mets le plus beau et le plus excellent ; c'est pourquoi, sous la loi, les fidèles offrent la graisse en sacrifice. Comme Dieu attend de nous le meilleur, il nous donne le meilleur de ce qu’il a pour nous. »
Les fidèles boivent au torrent des délices de Dieu. Il est intéressant de noter que le mot « délices » vient du mot hébreu pour Éden, le jardin où Dieu a pourvu à tous les besoins de l'humanité, à ceux d'Adam et Ève. David semble le rappeler dans son hymne. Même si nous avons été chassés de ce jardin, Dieu continue de subvenir à tous nos besoins. Il nous fournit nourriture et boisson, nos besoins quotidiens. Tout ce que nous avons vient de lui. Nous lui devons tout.
Et cinquièmement, Dieu nous donne la vie. Je ne serais pas ici si Dieu ne m'avait pas créé. Vous ne seriez pas ici. Il nous donne la vie. Aux versets 10 et 11 nous lisons : « Car c’est auprès de toi qu’est la source de la vie, et c’est par ta lumière que nous voyons la lumière. Étends ta bonté sur ceux qui te connaissent, et ta justice sur ceux dont le cœur est droit ! » La satisfaction et les plaisirs trouvés en Dieu sont liés à la vie et à la lumière. Ils guérissent et construisent, donnant la vie ; ils sont emplis de la lumière de la vérité et de la bonté. Nous pensons bien sûr à Jésus-Christ qui a dit et répété qu’il est la source de la vie, mais aussi qu’il est la lumière. Jean, dans son évangile a dû penser à notre psaume lorsqu’il a dit, au premier chapitre, que Jésus « était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain. » Dieu nous a donné la vie, mais il a fait beaucoup plus. Il nous a donné la vie éternelle grâce à Jésus-Christ, la lumière du monde et l’eau de la vie.
Comment se protéger du mal ? Dieu nous le révèle dans sa Parole. Il nous fait connaître la vérité et nous apprend à bien nous conduire. Les fidèles ne se laisseront pas avoir par ceux qui font le mal, car ils sont sous la protection de Dieu. Assuré de cette protection, David termine son hymne par une prière, aux versets 12 et 13 : « Étends ta bonté sur ceux qui te connaissent, et ta justice sur ceux dont le cœur est droit ! Que le pied de l’orgueilleux ne m’atteigne pas, et que la main des méchants ne me fasse pas fuir ! Ils tombent déjà, ceux qui commettent l’injustice ; ils sont renversés, et ils ne peuvent pas se relever. » Ayant reçu la bonté et la justice de Dieu, David prie à juste titre pour que cela continue pour lui-même et pour tous ceux qui connaissent Dieu et le suivent. Nous remarquons le parallèle entre ceux qui connaissent Dieu et ceux dont le cœur est droit. David pensait naturellement que ceux qui connaissent véritablement Dieu ont le cœur droit. David avait auparavant loué Dieu comme celui qui protège et bénit son peuple. Maintenant, il prie pour que Dieu accomplisse cet aspect de son caractère, en protégeant son serviteur contre les coups des méchants. David songe à la fin des hommes méchants évoquée au début de ce psaume. Ils sont tombés, à tel point qu'ils sont incapables de se relever. Contrairement aux justes qui peuvent tomber sept fois et se relever comme l’affirme le proverbe, les ouvriers du mal demeurent dans la poussière tandis que Dieu protège ses serviteurs.
Prions donc le Seigneur qui nous protège du mal de tant de manières : « Seigneur notre Dieu, nous te louons parce que tu nous a donné Jésus-Christ, l’eau de la vie, la lumière du monde. Grâce à lui, nous pouvons goûter et voir ce que tu nous donnes chaque jour. Grâce à lui nous sommes assurés de vivre en ta présence pour l’éternité. Merci de prendre soin de nous ici-bas. Merci de nous montrer la voie à suivre pour éviter de faire le mal et de tomber dans les pièges de Satan. Merci pour ta patience à notre égard. Merci de nous relever quand nous chutons et t’oublions. Oui, relève-nous Seigneur, toi qui permets que nous revenions à toi. Purifie-nous pour que nous soyons toujours droits de cœur. Maintiens ton amour pour nous, et manifeste ta justice à nous qui te connaissons. Seigneur, nous voulons vivre dans la vérité. Aide-nous à avoir toujours plus horreur du mensonge. Permets que nous détestions de plus en plus nos fautes. Nous te le demandons humblement, parce que ton amour pour nous est trop précieux pour que nous nous écartions de tes voies. C’est en ton nom, Seigneur Jésus, que nous te prions, amen. »
Demain, nous étudierons ensemble le Psaume 37, un psaume de David, qui nous enseigne à la manière du livre des Proverbes.