Psaume 39

Semaine 8 - jour 4

Psaumes 26 - 50

Psaume 39

14:13


Le Psaume 39 parle de situations où, même si l'on agit bien, les choses semblent empirer. À qui cela n’est-il pas arrivé ?! On fait son maximum au travail, mais on n'obtient pas d'augmentation, ni de promotion. On peut même se faire licencier pour avoir agi correctement. On fait ce qu’il fallait pour sa famille et on a l'impression que tout le monde est en colère contre soi. On fait ce qui est bien dans son quartier et on a l'impression d'être rejeté pour avoir bien agi. Jésus l'a expérimenté au cours de sa mission sur terre.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes. Nous en sommes au quatrième jour de notre semaine consacrée aux Psaumes 36 à 40, et nous allons étudier ensemble aujourd’hui le Psaume 39, un psaume de David, dans lequel il fait le point sur sa vie et la situation difficile dans laquelle il se trouve. Ce psaume a beaucoup de points communs avec le précédent.

Le Psaume 39 parle de situations où, même si l'on agit bien, les choses semblent empirer. À qui cela n’est-il pas arrivé ?! On fait son maximum au travail, mais on n'obtient pas d'augmentation, ni de promotion. On peut même se faire licencier pour avoir agi correctement. On fait ce qu’il fallait pour sa famille et on a l'impression que tout le monde est en colère contre soi. On fait ce qui est bien dans son quartier et on a l'impression d'être rejeté pour avoir bien agi. Jésus l'a expérimenté au cours de sa mission sur terre. Il a toujours parfaitement fait ce qui était juste et les choses ont souvent empiré jusqu'à la croix. Alors, quand on fait ce qui est juste et que les choses empirent, comment gérer la situation ? Mais aussi, que faire lorsque nous sommes responsables des épreuves que nous vivons ? Il nous faut une nouvelle perspective. Notre psaume aborde la question de cette nouvelle perspective au verset huit, qui dit ceci : « Maintenant, Seigneur, que puis-je espérer ? C’est en toi qu’est mon espérance. » La Bible en français courant traduit ce verset ainsi : « Alors, Seigneur, à quoi puis-je m’attendre ? Tu es le seul sur qui je peux compter. » Conscient de la brièveté et de la fragilité de la vie, David a placé ses attentes et son espoir en Dieu plutôt qu'en lui-même. En étant en harmonie avec le Dieu vivant et en l'aimant, David a pu comprendre et se préparer à la vie au-delà. Voilà la vie que Dieu nous invite à mener, la vie où le désir et l'attente sont centrés sur Dieu. Une telle vie est d'une qualité totalement différente de celle où le désir et l'attente sont centrés sur soi, sur les circonstances ou sur les autres.

Au début du psaume, David s’interroge sur l’attitude qu’il doit adopter face aux méchants. Lisons ce qu’il dit aux versets 2 à 4 : « Je disais: ‘Je veillerai sur ma conduite de peur de pécher en paroles ; je mettrai un frein à mes lèvres tant que le méchant sera devant moi.’ Je suis resté muet, dans le silence, je me suis tu, quoique malheureux, et ma douleur était vive. Mon cœur brûlait au fond de moi, mes pensées étaient comme un feu brûlant, et la parole est venue sur ma langue. » David rappelle sa réflexion sur sa conduite en demandant l’aide de Dieu pour ne pas parler de manière stupide alors qu’il fait face aux méchants. Il savait que ses paroles seraient mal comprises et mal utilisées par de telles personnes. À leurs yeux, ses paroles seraient perçues comme une critique de Dieu et de ses voies. David trouve plus facile de se taire que de parler avec sagesse. Mieux vaut garder le silence sur des sentiments intenses. Dans le psaume précédent, David a manifesté sa piété par son silence devant ses accusateurs. L'idée était que David avait bien fait de ne pas se défendre. Ici, il a bien fait de ne pas exprimer ses doutes et ses craintes alors que les méchants sont en face de lui. Dans ce cas précis, le silence ne serait pas d'or pour David. Il lui apportait tristesse et tourment intérieur.

Le silence de David est finalement rompu de la meilleure des manières : par une humble prière à Dieu. Il ne va pas exprimer pas ses craintes et ses doutes devant les méchants, mais il va les déverser devant son Dieu, comme nous le lisons aux versets 5 et 6 : « Éternel, fais-moi connaître quand finira ma vie, quel est le nombre de mes jours, afin que je sache combien je suis peu de chose. Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main, et ma vie est comme un rien devant toi. Oui, même vigoureux, l’homme n’est qu’un souffle. » Ici, David demande à Dieu la sagesse, plus précisément la sagesse de reconnaître la brièveté et la fragilité de sa vie. On aurait pu s'attendre à ce que David rompe son silence en réprimandant ses ennemis ou en défendant sa propre justice. Il n'a fait ni l'un ni l'autre ; il a cherché la sagesse auprès de Dieu. La prière de David n’est pas inspirée par le besoin de savoir quand la vie prendrait fin ; David ne cherche pas à connaître la date de sa mort. C'est une prière pour une juste compréhension du fait que la vie, quant au nombre de ses jours, n'est rien au vu de l’éternité. Il la compare à une « poignée », l'une des plus petites unités de mesure de l'ancien Israël. Cela équivaut à quelques centimètres seulement ! Mais cela ne veut pas dire qu’elle ne mérite pas d’être vécue. Le prédicateur Charles Spurgeon disait : « La vie est courte, mais on peut accomplir beaucoup. Notre Seigneur Jésus-Christ a sauvé le monde en trois ans. Certains de ses disciples ont permis, en trois ans, de sauver de nombreuses âmes. »

David était un champion, un général exceptionnel des forces militaires, un leader, une célébrité, un poète talentueux, un génie musical, un survivant et un roi. Si quelqu'un pouvait avoir une très haute opinion de lui-même, c'était bien David. Pourtant, il comprenait que, comme tout homme, il n'était – à son meilleur – qu'une vapeur, un nuage de vapeur ou de fumée. Quelqu’un a dit que David « a appris que, puisque la vie est courte, le seul véritable sens de l’existence de l’homme doit être dans sa relation avec Dieu, car Dieu est éternel. » David pensait à ceux qui vivent en ignorant la brièveté et la fragilité de la vie. Ils mènent une vie sans substance. Ils sont occupés, mais en vain, aveugles aux choses éternelles. Chacun d'eux travaille dur et amasse des richesses, sans pour autant penser au-delà de sa propre vie courte et fragile. Une telle vie n’est pas épanouie. David semble découragé et il en fait part au Seigneur. Son seul encouragement demeure l’espérance qu’il garde en Dieu, dont il parle aux verset 8 à 12 : « Maintenant, Seigneur, que puis-je espérer ? C’est en toi qu’est mon espérance. Délivre-moi de toutes mes transgressions ! Ne m’expose pas aux insultes du fou ! Je reste muet, je n’ouvre pas la bouche, car c’est toi qui agis. Détourne tes coups de moi ! Je m’épuise sous les attaques de ta main. Tu corriges l’homme en le punissant de sa faute, tu détruis comme la teigne ce qu’il a de plus cher. Oui, tout homme n’est qu’un souffle. »

David s'est tourné vers Dieu et non vers lui-même pour être délivré du péché. Il savait qu’il devait porter son attention sur Dieu et non sur lui-même. David a prononcé cette prière dans un moment de grande faiblesse et avec le sentiment d'être sous la douloureuse correction de Dieu. Il a réussi à éviter de prononcer des paroles d'autojustification ; tout en épanchant son cœur devant Dieu, il a également prié pour qu'il soit soulagé de son affliction. Il ne comprend pas tout, mais au moins il sait qu’un Dieu personnel, au lieu d’une force impersonnelle, est aux commandes de sa vie. En corrigeant David, Dieu lui a rappelé son besoin et son désir de prier pour obtenir cette sagesse.

Dans son affliction, David fait entendre une humble prière pour retrouver la faveur et la force de Dieu. Écoutons ce qu’il lui dit aux versets 13 et 14 : « Écoute ma prière, Éternel, et prête l’oreille à mes cris ! Ne sois pas insensible à mes larmes, car je suis un étranger chez toi, un résident temporaire, comme tous mes ancêtres. Détourne ton regard de moi et laisse-moi respirer, avant que je m’en aille et que je disparaisse ! »

David se souvient des paroles de Dieu dans la Loi de Moïse à propos du droit de propriété des Israélites que nous trouvons dans le livre du Lévitique, au chapitre 25 : « C’est à moi que le pays appartient et vous êtes chez moi comme des étrangers et des immigrés. » C’est ainsi que tous les Israélites devaient se considérer. David, le roi d’Israël, n’était pas le propriétaire de son pays, il séjournait chez Dieu. C’était son invité, comme l’ont été ses ancêtres Abraham, Isaac et Jacob. C’est notre condition à tous. La terre ne nous appartient pas, elle appartient à Dieu. Nous ne sommes pas les maîtres du monde. Nous ne sommes que de passage chez lui.

Mais pour David, ce constat est très positif. Ce n’est pas un étranger que Dieu rejette, mais un voyageur qui réside chez lui, qui vit chez lui, car c’est Dieu qui l’a accueilli. C’est à cause de ce statut privilégié que David demande à son Seigneur d’être sensible à ses larmes. Dans les cultures du Moyen Orient, l’hospitalité était un devoir. Les voyageurs traversaient les déserts et ils étaient bien reçus et nourris. Leurs hôtes prenaient soin d’eux. Être accueillis lors de leurs haltes était pour les étrangers leur seul espoir de survie. Dans le contexte de notre psaume, on s’aperçoit que c’est lorsque les privilèges qu’on a reçus nous sont enlevés qu’on se rend compte que notre véritable espérance est en Dieu. Lorsque la maladie nous atteint et que notre fin approche, Dieu est notre seule espérance. Tout ce que nous avons ne nous appartient pas vraiment, car nous partirons sans rien prendre avec nous. Nous sommes des étrangers de passage sur cette terre. Notre véritable demeure est ailleurs, toujours chez Dieu, mais pour l’éternité.

Sachant que sa faiblesse était due à la main lourde de Dieu sur lui, David demande humblement à Dieu de ne plus le regarder avec un regard de correction. Le psaume se termine sans résolution, mais David implore le Seigneur et lui témoigne sa confiance. David sait qu’il est responsable de sa situation et des conséquences de ses fautes, mais il sait aussi que Dieu ne l’a pas chassé de chez lui, qu’il est toujours le bienvenu dans sa demeure, et qu’il prendra soin de lui jusqu’à la fin de ses jours. Tous les croyants savent aussi que leur espérance est en Christ qui les a libérés du péché et leur a donné la vie éternelle. Notre Dieu n’est pas insensible aux épreuves que nous endurons, même celles que nous avons nous-mêmes provoquées. Il a détourné son regard sur les fautes que nous avons confessées, pour que nous puissions vivre ici-bas dans la paix et la sérénité intérieure avant de passer l’éternité en sa présence.

Parlons-lui donc avec confiance à la fin de notre survol de ce psaume si saisissant : « Seigneur notre Dieu, notre espérance est en toi seul. Nous te remercions de nous avoir donné la vie dans ce monde qui t’appartient. Nous te sommes si reconnaissants d’avoir pardonné nos fautes. Nous savons que si tu nous corriges et nous disciplines, c’est parce que tu nous aimes et veux prendre soin de nous. Nous acceptons ta discipline sans rien répliquer, sans chercher à nous justifier, et t’aimons encore plus parce que tu ne veux pas que nous soyons perdus et loin de toi à jamais. Les épreuves que tu nous fais subir nous apprennent à revenir à toi lorsque nous ne dépendons plus de toi. Nous nous tournons vers toi aujourd’hui et te prions pour tous ceux qui souffrent et qui n’ont pas notre espérance. Révèle-toi à eux pour qu’ils puissent te trouver et trouver la véritable espérance en toi. Nous te le demandons au nom de Jésus, amen. »

Demain, nous étudierons ensemble le Psaume 40 qui proclame la fidélité de Dieu et son secours.