Psaume 41

Semaine 9 - jour 1

Psaumes 26 - 50

Psaume 41

17:54


Le livre des Psaumes est composé de cinq recueils, et le Psaume 41 est le dernier psaume du premier recueil, composé par le roi David. Le Psaume 1 commence par le mot « heureux », et notre psaume commence aussi par le même mot. L’ensemble des 41 premiers psaumes forme un tout dans lequel tous les aspects de la vie du croyant s’inscrivent avec leurs moments de louange, de reconnaissance, de luttes, de supplications, de plaintes, de souffrance et de délivrance.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes avec le pasteur Tom Holladay. Nous entamons la quatrième semaine de notre survol des Psaumes 26 à 50, et nous allons faire ensemble une lecture approfondie des Psaumes 41 à 45, en commençant aujourd’hui par le Psaume 41, un psaume de David. Le livre des Psaumes est composé de cinq recueils, et le Psaume 41 est le dernier psaume du premier recueil, composé par le roi David. Le Psaume 1 commence par le mot « heureux », et notre psaume commence aussi par le même mot. L’ensemble des 41 premiers psaumes forme un tout dans lequel tous les aspects de la vie du croyant s’inscrivent avec leurs moments de louange, de reconnaissance, de luttes, de supplications, de plaintes, de souffrance et de délivrance.

Le Psaume 41 rappelle les trois psaumes précédents en parlant de la maladie, du péché et de la persécution. Il se termine en glorifiant l’Éternel, le Dieu d’Israël, et il commence par une bénédiction. Au verset 1 nous lisons : « Heureux celui qui se soucie du pauvre ! » L'idée derrière le mot traduit ici par « pauvre » peut inclure la pauvreté économique, mais elle est plus large. Elle évoque la faiblesse et l'impuissance. David décrit les bénédictions accordées à ceux qui sont justes, et résume la vie des justes par leur générosité envers les pauvres. David ne pensait pas que ce soit la seule caractéristique de ceux qui sont fidèles à Dieu, comme on l’a vu tout au long des quarante premiers psaumes, mais c'est un trait important. Il y a autour de nous beaucoup de gens qui, s’ils ne sont pas pauvres matériellement, sont pauvres en amour, en espérance et en connaissance de Dieu. Mais il y a de nombreux pauvres qui n’ont pratiquement rien, et qui souffrent de la faim. Le juste se soucie de toutes ces personnes, quels que soient les domaines où ils sont pauvres. Celui qui pense aux pauvres fait confiance à Dieu ; il est prêt à donner de ses propres ressources. Il est bienveillant envers les nécessiteux. Il aide ceux qui ne l'aideront probablement pas en retour. Il a un cœur généreux. Il donne pour leur bien, pas simplement pour se faire plaisir. Se soucier du pauvre implique de réfléchir attentivement à la situation de cette personne, plutôt que de lui apporter une aide superficielle.

À bien y réfléchir, de nombreuses œuvres caritatives – qu’elles soient menées par des organisations religieuses, sociales ou politiques – échouent à cet égard : elles ne prennent pas en compte les pauvres personnellement et ne se soucient pas vraiment d’eux. Beaucoup d’assistance et d’argent sont distribués, mais d’une manière qui contribue souvent à une dépendance chronique et à des problèmes sociaux profondément enracinés. David qui, en tant que roi, se devait de se soucier des pauvres dans son pays, déclare « heureux » et bénis ceux qui sont attentifs aux besoins pressants des personnes sans aucune ressource. Dieu se souvient d’eux lorsqu’ils se trouvent dans des situations difficiles. Voici ce que dit David aux versets 2 à 4 : « Le jour du malheur, l’Éternel le délivre, l’Éternel le garde et lui conserve la vie. Il est heureux sur la terre, et tu ne le livres pas au pouvoir de ses ennemis. L’Éternel le soutient sur son lit de souffrance, il le soulage dans toutes ses maladies. »

Plusieurs bénédictions sont accordées à la personne généreuse. C'était particulièrement vrai sous l'Ancienne Alliance. C'est pourquoi David applique sans doute à lui-même les promesses générales de son hymne ; il apaise sa propre douleur par l'assurance. Il a fait preuve de bonté et croit, malgré les sombres apparences, qu'il obtiendra la bonté de Dieu en retour. Il sera béni sur la terre : ceci est une autre indication que cette promesse de bénédiction pour l'obéissance était liée à l'Ancienne Alliance, qui traitait bien plus de bénédictions terrestres et physiques que de questions éternelles et spirituelles. Il se peut que la misère et l'état de faiblesse de David dans ce psaume étaient dus à la maladie. Il était peut-être en danger de mort. David espérait que Dieu le bénirait pour la bonté dont il avait fait preuve envers les faibles et les nécessiteux.

Considérons donc toutes les bénédictions qui découlent de notre souci des faibles. La façon dont je traite les autres est celle dont je verrai les résultats dans ma propre vie. Si je veux être délivré de mes difficultés, je dois aider les autres à en être délivrés. Si je veux être protégé, je dois protéger les faibles. Si je veux des bénédictions matérielles, je dois me soucier de ceux qui n'en jouissent pas. Si je ne veux pas être livré à mes ennemis, je dois me soucier des vulnérables. C'est ce que ce psaume nous répète sans cesse. Le juste se soucie personnellement de ceux qui sont oubliés et abandonnés des autres.

À la lumière de sa justice relative et selon les termes de l’Ancienne Alliance, David pouvait demander à Dieu bonté et bénédiction, et il l’a fait, comme nous le lisons au verset 5 : « Je dis: ‘Éternel, aie pitié de moi, guéris mon âme, car j’ai péché contre toi.’ » David lance un appel à la bonté de Dieu au vu du traitement impitoyable qu’il a reçu de la part de ses ennemis comme de ses anciens amis. David savait qu'il avait fait beaucoup de bien, mais cela n'effaçait pas ses péchés. Il admettait que la maladie était la conséquence du mal qu’il avait commis. Son corps était malade, mais plus grave encore était la maladie de son âme. Il avait besoin d’être guéri de sa grande détresse, des effets du péché, et de sa tendance à pécher. Mais il confesse clairement et honnêtement ses fautes en avouant humblement : « J'ai péché contre toi. » Sa confession est sans excuse, sans réserve, sans superficialité. Le roi Saül a confessé à plusieurs reprises devant David et Samuel : « J’ai péché ». Judas lui aussi, lorsqu’il s’est rendu compte des conséquences affreuses de sa trahison de Jésus, a confessé aux prêtres du Temple : « J’ai péché », mais ni Saül ni Judas ne se sont adressés à Dieu en lui disant : « J’ai péché contre toi. » David l’a fait et a imploré le pardon de Dieu. Il se savait pardonné, mais il a dû pourtant faire face aux lourdes conséquences de ses égarements. Nous lisons ceci aux versets au versets 6 à 10 : « Mes ennemis disent méchamment de moi : ‘Quand mourra-t-il ? Quand s’éteindra son nom ?’ Si quelqu’un vient me voir, il adopte un langage faux ; il récolte des sujets de médire, puis il s’en va et en parle à l’extérieur. Tous mes ennemis chuchotent entre eux contre moi, ils méditent sur mon malheur: ‘Il est gravement atteint. Le voilà couché, il ne se relèvera pas.’ Même celui avec qui j’étais en paix, en qui j’avais confiance et qui mangeait mon pain, lève le talon contre moi. »

David connaissait la souffrance et la difficulté du mal et des mensonges répandus à son sujet. Comme les croyants de tous les temps, il a dû endurer des calomnies et des diffamations parfois outrageantes. N'oublions pas que David était un bon roi. Pourquoi aurait-il eu tant d'ennemis s'il était un bon roi et une personne morale ? La raison en est la jalousie et le désir de pouvoir de ceux qui étaient jaloux.

L’histoire primitive du christianisme nous révèle les raisons pour lesquelles les chrétiens ont été eux aussi persécutés, ou du moins pourquoi les habitants de l’Empire romain pensaient que les chrétiens méritaient d’être persécutés. Ils accusaient les chrétiens d'hostilité envers les empereurs et de complot contre l'État, alors que les chrétiens priaient pour l’empereur et étaient de bons citoyens. Ils accusaient les chrétiens d'inceste, alors que ceux-ci menaient une vie moralement pure. Ils accusaient les chrétiens de cannibalisme, alors que ils n'ont jamais pratiqué le cannibalisme ! Ils accusaient les chrétiens de « haïr l'humanité », alors qu’ils prêchaient l’amour du prochain. Ils accusaient les chrétiens d'être la cause des problèmes qui affligeaient l'empire, alors que par leur comportement, ils ont rendu l'empire meilleur, et non pire. Pourtant, ces mensonges étaient largement répandus et les chrétiens étaient persécutés à cause d'eux. Les apologistes de l'Église primitive ont fait tout leur possible pour dire la vérité, mais c'était une bataille de relations publiques perdue d'avance.

Le malheur de David fut d'autant plus amer que parmi ses ennemis se trouvaient ceux qui avaient été ses amis et ses proches. Il savait ce que cela représentait lorsque des amis de confiance – ceux avec qui il entretenait une relation étroite – le trahissaient. David fut trahi par son propre fils Absalom et par un conseiller de confiance nommé Achitophel. Le récit de leur trahison est raconté au chapitre 15 du deuxième livre de Samuel. Quelle plus grande blessure peut-il y avoir qu'un ami traître ? Au verset dix, David dit : « Même celui avec qui j’étais en paix, en qui j’avais confiance et qui mangeait mon pain, lève le talon contre moi. » Cette parole de David était prophétique à propos de Jésus. Dans le sens le plus grave et le plus sinistre, elle s'est accomplie lorsque Judas a trahi Jésus. Jésus a spécifiquement appliqué les paroles de David à Judas et à sa trahison, comme le rapporte Jean au chapitre 13 de son évangile, verset 18 : « Il faut que l'Écriture s'accomplisse: ‘Celui qui mange le pain avec moi a levé son talon contre moi.’ » L’expression « lever le talon contre quelqu’un » signifie commettre un acte de traîtrise. Au tout début de la Bible, dans le livre de la Genèse, au chapitre 3, elle décrit la manière dont le diable agit depuis le début de l’humanité. Dieu dit au serpent ce qu’il fera à la femme : « Tu lui blesseras le talon. » Certains pensent que Jésus a délibérément omis les mots « en qui j'ai mis ma confiance » parce qu'il n'avait pas confiance en Judas. Juste avant de rappeler cette prophétie Jésus a dit à propos de Judas : « Je ne parle pas de vous tous : je connais ceux que j'ai choisis. » Pourtant, Jésus l'a établi trésorier parmi les disciples. Ces paroles furent donc littéralement accomplies en David, et pourtant le Saint-Esprit qui les a inspirées, regarda plus loin en elles, jusqu'à Christ et Judas, en qui elles ont reçu un accomplissement plus grand, plus complet et plus tragique. Si David et Jésus ont été trahis par ceux qui étaient leurs proches, n’imaginons pas que les chrétiens ne peuvent pas vivre des expériences similaires. Mais la victoire finale et la bénédiction appartiennent à ceux qui restent fidèles à Dieu. David a prié non seulement pour le pardon et la délivrance, mais aussi pour la victoire sur ses ennemis. Lui qui avait reçu l’onction de l'Éternel, se sentait justifié et attendait la délivrance comme preuve de l’amour de Dieu à son égard. David était convaincu que, contrairement à ses ennemis, il était un homme intègre. Pourtant, il avait besoin que Dieu le soutienne dans son intégrité, reconnaissant que c'était l'œuvre de Dieu en lui. Sans l’aide de son Seigneur, et sans son pardon, il aurait continué de pécher comme ses ennemis. Mais parce qu’il s’est soucié des pauvres, David est béni de Dieu et peut terminer son hymne en chantant : « Tu m’as soutenu à cause de mon intégrité, et tu m’établis pour toujours dans ta présence. Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, d’éternité en éternité. Amen ! Amen ! » Ce qui comptait le plus pour David, c’était de vivre pour toujours en présence de son Dieu. Cette victoire était plus importante que la victoire sur ses ennemis. Vivre en présence de Dieu signifiait bénéficier de sa faveur et de sa communion. Nous remarquons que les bienfaits décrits dans ces verset sont au présent. David ne croyait pas que Dieu les lui accorderait un jour ; il les avait déjà reçus, et il en vivait.

Dieu promet de bénir ceux qui se soucient du pauvre et qui s’appliquent à servir le Seigneur avec intégrité. Il le fait de plusieurs manières. Tout d’abord, il a pitié d’eux et pardonne leurs péchés. Dieu a pitié de nous lorsque nous le servons dans des conditions difficiles, lorsque les autres se dressent contre nous. Dieu manifeste sa bonté envers nous quand tout semble mal aller. Ensuite, Dieu est satisfait de nous et des actions que nous menons pour lui. Nous ne plairons jamais à tout le monde ; le bien que nous faisons ne sera pas apprécié par tout le monde, et certains le mépriserons. Mais cela plaît à Dieu, et c’est une bénédiction. Dieu nous soutient alors dans notre intégrité. Il nous aide à poursuivre nos actions en lui restant fidèles, en ne cherchant pas les compromis, en n’agissant jamais pour nous promouvoir, ou promouvoir une cause quelconque. Enfin, Dieu nous bénit en nous accueillant dans sa présence, non pas dans l’avenir, mais dès à présent et pour toujours. Quel bonheur de savoir que nous pouvons vivre ici-bas dans la présence de Dieu ! Partout où nous nous trouvons, quelles que soient les œuvres que nous accomplissions, quels que soient les rôles que nous ayons dans notre famille, au travail, dans la société ou à l’Église, Dieu nous promet d’être avec nous si nous lui restons fidèles et suivons le droit chemin, en nous souciant constamment et personnellement des pauvres.

Prions ensemble en terminant ce survol du Psaume 41 : « Seigneur notre Dieu, nous venons vers toi en te demandant d’avoir pitié de nous. Tu nous connais, et sais ce qu’il y a au fond de nous. Pardonne nos fautes, même celles dont nous ne sommes pas conscients. Aide-nous à faire face aux situations difficiles et aux oppositions que nous rencontrons, qu’elles proviennent de nos proches, de nos collègues, de notre environnement, et même de notre église. Permets que nous regardions toujours à toi lorsque nous sommes critiqués pour ce que nous faisons, alors que nous cherchons à te plaire en te servant. Nous voulons nous soucier de ceux qui sont faibles, car ce qui compte vraiment pour nous, c’est de te plaire et de vivre en ta présence aujourd’hui, et pour l’éternité. Merci Seigneur, parce que tu nous soutiens ! Nous te célébrons, Seigneur, nous te bénissons, au nom de Jésus, amen. »

Demain, nous survolerons ensemble le Psaume 42, un psaume qui nous enseigne que faire lorsque notre âme est abattue.