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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes avec le pasteur Tom Holladay. Nous en sommes cette semaine au deuxième jour de notre survol des Psaumes 41 à 45, et nous allons étudier ensemble aujourd’hui le Psaume 42. C'est un psaume qui pose une question difficile : « Que faire quand notre âme est abattue ? » Au verset six, le psalmiste se remet en question et demande : « Pourquoi être abattue, mon âme, et gémir en moi ? » Il pose à nouveau la même question au verset douze. Au verset dix, il poursuit en disant : «
Je dis à Dieu, mon rocher : ‘Pourquoi m’as-tu oublié ? Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse, sous l’oppression de l’ennemi ?’ Mes os se brisent quand mes persécuteurs m’insultent et me disent sans cesse : ‘Où est ton Dieu ?’ »
Notre psaume apporte des réponses ; il offre des pistes de réflexion lorsque nous sommes profondément tristes, lorsque tout notre être est abattu. Car nous savons que Dieu prend soin de nous. Nous savons que Dieu est avec nous ; il a aussi des moyens de parler à nos âmes lorsqu'elles sont abattues. Même abattu, le psalmiste ne se sent pas seul, il parle à Dieu, son rocher ! Alors, que faire lorsque notre âme est abattue ? Eh bien, nous reconnaissons que notre soif, est une soif de Dieu. Lisons les quatre premiers versets bien connus de cet hymne magnifique : « Comme une biche soupire après des cours d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ! Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. Quand donc pourrai-je me présenter devant Dieu ? Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit, car on me dit sans cesse : ‘Où est ton Dieu ?’ »
Les auteurs du psaume - des Lévites descendants de Koré au service de la maison de Dieu -, ont commencé ce psaume par une image puissante : une biche assoiffée. La soif de cet animal provenait peut-être de la sécheresse ou d'une poursuite acharnée ; dans tous les cas, la biche désirait ardemment l'eau, tant elle en avait besoin. De même, l'âme du psalmiste désirait être désaltérée, et avait désespérément besoin de Dieu. Le psalmiste n'avait pas soif d'eau, mais de Dieu. Boire et avoir soif sont des images courantes du besoin spirituel de l'homme et de l'approvisionnement de Dieu. Ici, l'accent est mis sur le désespoir du besoin. On peut passer plusieurs jours sans manger, mais la soif témoigne d'un besoin encore plus urgent. La tristesse est toujours un sentiment de manque. La tristesse du deuil est le sentiment de la perte d'un être cher. La tristesse de la maladie est le manque de santé. La tristesse ultime est le sentiment de l'absence de Dieu. C'est la tristesse suprême que notre psaume exprime. Mais le psalmiste sait qu’il peut tout attendre de Dieu. Il ne fait pas de doute pour lui que Dieu est un être vivant, et qu’il l’est au moins dans trois sens : Lui seul possède la vie en lui-même et par lui-même ; lui seul donne la vie ; lui seul se distingue des dieux morts et imaginaires des païens. Pour les fils de Koré, attachés au tabernacle, au temple et à leurs rituels, il existait un lieu désigné pour se présenter devant Dieu. Il s'agissait d'un désir de renouer avec Dieu et son peuple au tabernacle ou au temple, de se présenter devant lui dans le lieu de sa présence particulière et de son culte public.
Est-ce que votre âme est abattue ? Pourquoi attendre pour étancher votre soif de Dieu ? Lui seul peut satisfaire votre soif intense. Le succès professionnel, financier et même familial ne pourra jamais satisfaire nos âmes abattues. Recherchons donc passionnément Dieu. Au début du Psaume 63, David s’exprime ainsi : « O Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche. Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, dans une terre aride, desséchée, sans eau. »
Les larmes de celui qui a l’âme abattue peuvent peut-être s'expliquer de deux manières au moins. Premièrement, elles expriment le chagrin qui pousse le psalmiste à aspirer au soulagement en Dieu. Deuxièmement, elles témoignent de la douleur ressentie face à l'éloignement de Dieu. L'une ou l'autre de ces situations, ou les deux, peut être vraie ; pourtant, le besoin est manifestement profond, immense et pressant. Le problème était aggravé par la présence de ceux qui cherchaient à décourager le psalmiste. Ils voulaient lui faire sentir qu'au moment où il en avait besoin, Dieu était introuvable.
Mais c’est lorsque notre âme est abattue que nous ressentons le besoin urgent de rencontrer Dieu. Nous avons tellement soif que nous sommes comme une biche haletante et sans souffle. C’est aussi pendant ces temps de sécheresse spirituelle qu’on se souvient des bons moments passés en présence de Dieu, et qu’on se rappelle la fidélité de Dieu. Le psalmiste l’avoue au verset 5 : « Je me rappelle avec émotion l’époque où je marchais entouré de la foule, où j’avançais à sa tête vers la maison de Dieu, au milieu des cris de joie et de reconnaissance d’une multitude en fête. »
Le souvenir des temps plus heureux rendait le psalmiste encore plus triste. Il pensait aux moments de culte joyeux à la maison de Dieu et se sentait à présent si loin de ces jours meilleurs. Il se souvenait particulièrement des moments forts des fêtes qui marquaient le calendrier juif. Il pensait à la multitude et à l'excitation qui marquaient les fêtes de la Pâque, de la Pentecôte ou des Tabernacles.
Celui qui a soif de Dieu se demande pourtant pourquoi il est si triste. Au verset six, il demande : « Pourquoi être abattue, mon âme, et gémir en moi? Espère en Dieu, car je le louerai encore! Il est mon salut et mon Dieu. » Le psalmiste fait une pause pour questionner son âme. Il n'a pas cédé à ses sentiments de dépression et de découragement spirituels. Au contraire, il les a mis au défi et les a présentés à Dieu, et dit: « Espère en Dieu. Il interviendra à nouveau, car il l'a déjà fait. » On est bien loin de l'abandon qui piège souvent la personne découragée ou spirituellement déprimée. Le psalmiste n'a pas dit : « Mon âme est abattue, c'est comme ça. Je n'y peux rien. » Le défi lancé à sa propre âme – lui demandant d'expliquer pourquoi elle était si abattue – en est un merveilleux exemple. Il y avait des raisons valables de se décourager, mais en y réfléchissant, le psalmiste en conclut qu’elles ne sont pas suffisantes pour rester abattu au regard de la grandeur de Dieu, et du secours de sa faveur et de sa présence. Le résultat n'est pas d'atténuer son sentiment de tristesse, mais plutôt de le mettre en juste relation avec Dieu. Il faut se prendre en main, s'adresser à soi-même, se remettre en question. Il faut dire à son âme : “Pourquoi es-tu abattue ? Pourquoi t'inquiètes-tu ? Le psalmiste s’interroge sur les raisons de son abattement, mais porte à nouveau son attention sur les bons souvenirs, sur les moments de bénédiction et de sérénité, quasi nostalgique. Il dit aux versets suivants : « Mon âme est abattue en moi ; aussi, c’est à toi que je pense depuis le pays du Jourdain, depuis l’Hermon, depuis le mont Mitsear. L’abîme appelle un autre abîme au fracas de tes cascades, toutes tes vagues et tous tes flots passent sur moi. Le jour, l’Éternel m’accordait sa grâce ; la nuit, je chantais ses louanges, j’adressais ma prière au Dieu de ma vie. Je dis à Dieu, mon rocher : ‘Pourquoi m’as-tu oublié ? Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse, sous l’oppression de l’ennemi ?’ »
D'une manière presque détachée, le psalmiste confie à Dieu son âme abattue. C'est sage, car une tendance courante dans de telles situations est de se tenir loin de Dieu ou de faire comme si on pouvait lui cacher notre problème. Loin de Jérusalem, le psalmiste ne fait ni l'un ni l'autre. Peut-être a-t-il vu ou pensé à une cascade dans ces hautes terres. Il a vu l'eau plonger dans un bassin profond au pied de la cascade et s'est dit : « Je me sens si profondément enseveli sous ma misère. » C'était comme si toutes les vagues et les flots de Dieu l’avaient submergé et qu'il était enseveli. De manière paradoxale, le psalmiste a tout de même l'assurance d'appeler Dieu son Rocher – son refuge, sa stabilité et sa force. En même temps, il peut sincèrement lui confier ses sentiments et lui demander : « Pourquoi m'as-tu oublié ? » En fait, il n’y a pas de contradiction : c’est parce que le psalmiste considérait Dieu comme son Rocher qu’il pouvait déverser son âme devant lui avec tant d’honnêteté. Alors que l’oppression de l’ennemi se poursuivait, le psalmiste continuait à se parler à lui-même et à défier son propre sentiment de découragement.
Le psalmiste a acquis une plus grande confiance, rassuré par la bonté de Dieu envers lui, de jour comme de nuit. Dans la nuit la plus effrayante, il pouvait compter sur le réconfort bienveillant de son chant. Au lieu de penser à la mort au cœur de la nuit, il se rappelle qu’il peut chanter ses louanges au Dieu de sa vie et non au Dieu de sa mort. En venant boire à la source qui va étancher sa soif, en se tenant enfin en présence du Dieu de sa vie, le psalmiste nous invite à vivre dans l’espérance et dans la ferme assurance que Dieu répond à toutes nos attentes, lui qui nous a donné la vie : « Pourquoi être abattue, mon âme, et pourquoi gémir en moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore ! Il est mon salut et mon Dieu. »
Le psalmiste pose une nouvelle fois la même question, mais cette fois-ci, il ne se laisse pas accabler par des réponses ou des arguments négatifs. Il découvre qu’en fait, il n’y a pas de quoi justifier son abattement et sa tristesse. Alors, à quoi bon gémir et rester abattu, quand nous sommes dans la présence de celui qui est notre salut et notre Dieu ? La seule chose à faire est de l’adorer spontanément. C’est lui notre espérance vivante, c’est à lui que nous appartenons. Alors, louons-le à notre tour en terminant notre survol de se psaume remplis d’espérance : « Nous te louons notre Dieu et notre Père, parce que c’est aux moments les plus bas de notre vie que nous pouvons t’exprimer nos sentiments les plus profonds. Nous pouvons venir en ta présence et te demander d’assouvir notre soif de toi. Quand les épreuves nous assaillent, nous nous rendons compte que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue loin de ta présence. C’est pourquoi nous venons vers toi avec tous nos fardeaux, des plus légers aux plus lourds. Quand nous nous sentons oubliés ou négligés, nous nous rappelons tout le bien que tu nous a fait dans ton immense bonté. Nous ne pouvons que te louer, toi notre salut, toi notre Dieu, toi le Dieu de notre vie. Accepte notre louange au nom de Jésus, amen. »
Rejoignez-nous demain ! Nous étudierons ensemble le Psaume 43, un psaume lié à notre Psaume 42, qui traite avec tact du découragement et de la dépression spirituelle.