Psaume 43

Semaine 9 - jour 3

Psaumes 26 - 50

Psaume 43

16:29


À première lecture, on s’aperçoit que ce psaume, de quelques versets seulement, est lié au précédent, le Psaume 42. En fait, dans plusieurs manuscrits hébreux anciens, les Psaumes 42 et 43 sont réunis en un seul. Mais il s'agit probablement de deux psaumes distincts, qui sont liés par un problème commun : la dépression spirituelle. Ces deux hymnes, qui ont des versets communs, devaient sans doute être chantés ensemble.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes avec le pasteur Tom Holladay. Nous en sommes cette semaine au troisième jour de notre survol des Psaumes 41 à 45, et nous allons étudier ensemble aujourd’hui le Psaume 43. À première lecture, on s’aperçoit que ce psaume, de quelques versets seulement, est lié au précédent, le Psaume 42. En fait, dans plusieurs manuscrits hébreux anciens, les Psaumes 42 et 43 sont réunis en un seul. Mais il s'agit probablement de deux psaumes distincts, qui sont liés par un problème commun : la dépression spirituelle. Ces deux hymnes, qui ont des versets communs, devaient sans doute être chantés ensemble. Le verset 5 reprend en effet les mêmes mots que ceux du Psaume 42 : « Pourquoi être abattue, mon âme, et pourquoi gémir en moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore ! Il est mon salut et mon Dieu. »

Le psalmiste commence son hymne par un appel pressant à Dieu : « Rends-moi justice, ô Dieu, défends ma cause contre une nation infidèle ! Délivre-moi des hommes trompeurs et criminels ! » Le psalmiste connaît la difficulté de traiter avec des personnes trompeuses et injustes, car non seulement elles commettent le mal, mais elles savent aussi le dissimuler par la tromperie. Dans une situation aussi difficile, le psalmiste ne peut que crier à Dieu pour que justice soit faite.

Au Psaume 42, nous avons vu la nécessité de reconnaître notre soif de Dieu, de nous souvenir de sa fidélité, de placer notre espérance en lui, et de laisser son caractère nous pénétrer au plus profond de nous-mêmes. Le Psaume 43 nous invite lui aussi à prier lorsque notre âme est abattue. Écoutons les versets 2 et 3 : « Toi, mon Dieu protecteur, pourquoi me repousses-tu ? Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse, sous l’oppression de l’ennemi ? Envoie ta lumière et ta vérité ! Qu’elles me guident et me conduisent à ta montagne sainte et à ta demeure ! » Triste et opprimé, le psalmiste se sent rejeté par Dieu, mais il lui fait toujours confiance, d’où son appel au secours. Sa courte prière nous rappelle quatre choses dont notre âme a besoin lorsqu'elle est abattue. Lorsque notre âme est abattue, elle a besoin d'un protecteur, elle a besoin de lumière, elle a besoin de vérité et elle a besoin d'un lieu de refuge que le psalmiste appelle « la montagne sainte de Dieu ».

Premièrement, notre âme a besoin d'un protecteur. Le mot hébreu rendu ici par « protecteur » est le mot « forteresse », dont nous parle déjà David au Psaume 37, versets 39 et 40 : « Le salut des justes vient de l’Éternel : il est leur forteresse dans les moments de détresse. L’Éternel les secourt et les délivre, il les délivre des méchants et les sauve, parce qu’ils cherchent refuge en lui. » Dieu est notre forteresse ! Une forteresse est un lieu de refuge où l’on est en sécurité. Une forteresse est un endroit où aucun ennemi ne peut nous atteindre. Or, comme les circonstances de la vie du psalmiste ne se déroulaient pas comme prévu, il avait l'impression que sa forteresse s’était effondrée. « Seigneur, pourquoi m'as-tu rejeté ? Pourquoi dois-je vivre dans la tristesse ? », s’écrie-t-il. Il aime le Seigneur, et sa confiance repose sur la force de Dieu et non sur sa propre force. Il se demande donc où est Dieu quand il a vraiment besoin de lui.

Mais la vérité, c'est que Dieu est notre forteresse, et qu’aucun ennemi ne peut nous détruire, car notre vie est bien plus que nos circonstances présentes. Oui, les circonstances actuelles peuvent mal tourner, et nous devons faire face à des difficultés tout au long de notre vie, mais Dieu reste notre forteresse, notre refuge. Même lorsqu’il se sent repoussé par son Seigneur, le psalmiste confesse que Dieu est son refuge et qu’il peut compter sur lui pour le délivrer alors qu’il est oppressé par ses ennemis et qu’il vit au milieu de gens infidèles et méchants. Quand nos circonstances sont dramatiques, c’est vers Dieu que nous nous tournons. Ce n’est pas ailleurs que nous trouverons un refuge aussi sûr que lui.

Deuxièmement, une âme abattue a besoin de lumière ; or Dieu est lumière, c’est lui qui peut nous la donner. Souvent, lorsque notre âme est abattue, lorsque tout semble obscur dans notre vie, nous cherchons par nous-mêmes à mettre la lumière sur ce qui nous arrive et cherchons à comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là où nous nous trouvons. Si seulement nous pouvions trouver du réconfort en parlant de notre situation à des gens de confiance, cela nous permettrait d’y voir plus clair, cela nous remonterait le moral. Mais comprendre notre situation, ou recevoir les conseils des autres, n’est pas suffisant. Nous avons besoin que la lumière de Dieu inonde notre âme, une lumière que vous ne trouverons nulle part ailleurs, une lumière qui dépasse nos circonstances et même nos relations. Une âme abattue a besoin de la lumière de Dieu. Alors, adoptons l’attitude du psalmiste et avouons : « Seigneur, je suis abattu, j’ai besoin de ta lumière. Ne me rejette pas, viens m’éclairer. »

Troisièmement, une âme abattue a besoin de vérité : « Envoie ta lumière et ta vérité. Qu’elles me guident. » La lumière et la vérité de Dieu sont intimement liées. La lumière révèle la vérité. Où trouver la lumière ? En Dieu, lui qui est lumière, comme Jésus l’a dit lui-même. Dieu est lumière ! Où trouver la vérité ? Dieu est la vérité, comme Jésus l’a aussi dit lui-même. C’est Dieu, et Dieu seul, qui peut nous envoyer sa lumière et sa vérité. Il l’a fait en nous donnant sa Parole, comme l’exprime si bien le Psaume 119, au verset 105 : « Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. » La lumière que nous recevons dans la Bible entière, nous guide pas à pas. Elle nous suffit pour avancer progressivement sans tomber, sans nous tromper de chemin. Avec elle, nous sommes dans la bonne direction. Lorsque notre âme est abattue, ne prêtons pas attention à ceux qui nous conseillent de ne pas suivre les voies de Dieu telles que les Écritures nous les enseignent. Cherchons plutôt dans sa Parole comment nous comporter et comment trouver des solutions à notre situation qui ne compromettent jamais notre intégrité.

C’est la lumière et la vérité de Dieu qui comptent, pas celles des autres ou la nôtre. La prière du psalmiste est une prière de soumission : « Seigneur, je ne veux pas que tu envoies ta lumière et ta vérité juste pour que je les admire. Je veux me soumettre à ta lumière et à ta vérité et veux qu'elles me guident. J'ai besoin d'un guide, alors guide-moi. »

Quatrièmement, une âme abattue a besoin d’être guidée vers la présence de Dieu.

Le psalmiste commence son chant dans la dépression, mais il finira par louer Dieu de tout son cœur. Pourquoi ? Parce que la lumière et la vérité de Dieu lui ont montré la voie qui le mène à lui. La montagne sainte dont il parle ici était le lieu où se trouvait l’autel de Dieu, le tabernacle, la tente de la Rencontre, le Temple, le lieu de la présence de l’Éternel pour tous ceux qui adoraient Dieu en Israël. L'une des raisons pour lesquelles l'auteur des Psaumes 42 et 43 était si découragé, si abattu, c'est qu'il ne pouvait pas se rendre à Jérusalem. Il ne pouvait pas accéder à l’autel de Dieu. Il ne pouvait pas atteindre le lieu de la présence de Dieu. Il se sentait coupé de la présence de Dieu ; il se sentait si loin de la montagne sainte, ce lieu consacré à son Seigneur. Mais il n’a pas perdu confiance et déclare au verset 4 : « J’irai vers l’autel de Dieu, vers Dieu, ma joie et mon allégresse, et je te célébrerai sur la harpe, ô Dieu, mon Dieu ! »

Eh bien, je tiens à vous rappeler qu'en tant que croyants aujourd'hui, Dieu vit en nous par son Saint-Esprit. Nous n'avons pas besoin d'aller dans une ville ou un bâtiment pour trouver la présence de Dieu. Nous pouvons toujours entrer en sa présence. La présence de Dieu est en nous. Nous pouvons nous rendre à la montagne sainte de Dieu où que nous soyons, à tout moment. Le chemin vers Dieu passe toujours par l'autel. Le chemin vers l'autel est ouvert par la lumière et la vérité divines. Si nous suivons la lumière et la vérité du Seigneur, elles nous mèneront à son autel – la croix où Jésus a été donné en sacrifice pour nos péchés. Lorsque l'auteur de l'épître aux Hébreux déclare au chapitre 13 de sa lettre que «

nous avons un autel dont ceux qui accomplissent le service du tabernacle n'ont pas le droit de tirer leur nourriture », il fait référence à la provision divine à la croix, l'offrande ultime sur l'autel suprême de Dieu. Nous pouvons nous approcher de l'autel de Dieu en allant avec foi à la croix de Jésus et en méditant profondément sur son œuvre et sa victoire. Sous la Nouvelle Alliance, nous n'offrons plus de sacrifices d'animaux, mais nous offrons toujours le sacrifice de louange. L’auteur de lettre aux Hébreux nous le dit aussi au chapitre 13 : « Par Christ, offrons donc sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c'est-à-dire le fruit de lèvres qui reconnaissent publiquement lui appartenir. Et n’oubliez pas de faire le bien et de vous entraider, car c'est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir. » Voyez-vous lorsque nous nous laissons guider par la lumière et la vérité de Dieu, nous nous approchons de lui non seulement avec la louange à nos lèvres, mais pratiquement, en faisant le bien et en s’entraidant. Louer Dieu et faire le bien vont de pair et sont inséparables.

Le psalmiste ne louait pas seulement Dieu par des sacrifices d'animaux, mais aussi par la musique et le chant. Il atteignait son but dans la procession de louanges : guidé par la lumière et la vérité du Seigneur, il arrivait à la maison de Dieu, à l'autel de Dieu, et la louange culminait. Lorsqu’on est en présence de Dieu, on n’est plus abattu, mais on ne peut que voir en lui le Dieu de notre joie et de notre allégresse. Lorsqu’on est abattu et qu’on va à l’église retrouver ses frères et sœurs dans la foi, on ne peut qu’offrir à Dieu des louanges de reconnaissance et de joie, lui notre lumière et notre vérité. Le chant et la musique nous permettent d’exprimer notre louange par des cantiques inspirés par sa Parole et son Esprit avec tout l’art que peuvent produire les instruments de musique. Lorsque nous sommes abattus, au lieu de nous enfermer sur nous-mêmes, allons prier et louer Dieu avec les croyants : la lumière et la vérité de Dieu nous invitent à le faire ! Louer Dieu est notre but ultime. Louons-le, continuons de le louer, comme le psalmiste nous y invite à la fin de son hymne : « Pourquoi être abattue, mon âme, et pourquoi gémir en moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore ! Il est mon salut et mon Dieu. »

Le psalmiste espère être délivré, mais la délivrance n’est pas encore venue. En attendant, il refuse de céder à ses sentiments de dépression et de découragement. Au contraire, il les confronte et les confie à Dieu. Et il dit à ceux qui sont abattus et inquiets : « Espérez en Dieu. Il répondra fidèlement, car il l'a déjà fait. » Nous constatons qu'à la fin du psaume, rien dans la vie du psalmiste n'a changé ; seule son attitude a changé, et quelle différence cela fait ! La réponse n'est pas encore venue. Les ténèbres et le mystère l'entourent encore, mais la voie lumineuse est visible et, de nouveau, l'âme abattue s’interdit de désespérer. Et l'espérance en Dieu demeure.

Le refrain revient au conflit entre la foi et le doute, au contraste entre le présent et le futur, et à la décision de ne jamais cesser de louer le Dieu de lumière et de vérité. Existe-t-il un remède à la dépression ? Oui. Mais il ne réside pas en nous. Il réside en Dieu. Le remède consiste à le rechercher dans la prière et la louange, afin de ne pas rester abattu, comme le fait le psalmiste.

Prions ensemble quelques instants en nous rappelant les vérités que nous venons d’évoquer : « Seigneur notre Dieu, nous venons t’apporter nos doutes, nos craintes et nos angoisses. Nous reconnaissons qu’il nous arrive d’être abattus et que nous manquons de confiance et d’espérance. Nous avons besoin de toi. Tu nous as promis de demeurer en nous si nous demeurons en toi. Aide-nous à ne pas paniquer, à ne pas chercher des solutions sans être guidés par ta lumière et ta vérité. Qu’elles nous conduisent toujours vers toi. Fais-nous voir ce que nous devons faire, toi qui est notre refuge, notre protecteur et notre Sauveur. Nous te louons et continuerons de le faire. Permets que nous puissions te louer en communion avec ceux qui placent aussi leur confiance en toi. Que tous ceux qui voudraient le faire mais qui vivent isolés puissent puiser dans ta Parole ta lumière et ta vérité et puissent aussi te louer en communion avec tous ceux qui croient en toi. Nous te le demandons au nom de Jésus, amen. »

Rejoignez-nous demain pour étudier ensemble le Psaume 44, un psaume qui parle de la nation d'Israël dans une saison de grande défaite, et qui appelle Dieu à son secours.