Psaume 44

Semaine 9 - jour 4

Psaumes 26 - 50

Psaume 44

15:44


Un psaume qui parle de victoire et de défaite, et comment faire confiance en Dieu, quelles que soient les épreuves que nous affrontons. Ce psaume nous rappelle que les victoires que nous avons remportées peuvent devenir des défaites si nous ne plaçons pas notre confiance en Dieu, et en Dieu seul. Il nous rappelle aussi que lorsqu’on lui fait entièrement confiance, Dieu peut transformer nos défaites en victoires.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes. Nous en sommes au quatrième jour de notre semaine consacrée aux Psaumes 41 à 45, et nous allons étudier ensemble aujourd’hui le Psaume 44, un psaume qui parle de victoire et de défaite, et comment faire confiance en Dieu, quelles que soient les épreuves que nous affrontons. Ce psaume nous rappelle que les victoires que nous avons remportées peuvent devenir des défaites si nous ne plaçons pas notre confiance en Dieu, et en Dieu seul. Il nous rappelle aussi que lorsqu’on lui fait entièrement confiance, Dieu peut transformer nos défaites en victoires.

Tout d’abord, nous reconnaissons que c’est à Dieu que revient tout le mérite de nos victoires. Le psalmiste affirme que toutes les victoires remportées par Israël sont dues à Dieu. Le peuple d’Israël a reçu un héritage particulier de ses pères, d’Abraham jusqu’au temps des prophètes. Cet héritage, Israël ne l’a pas mérité. Le psalmiste le confesse aux versets 1 à 5 de son hymne : « O Dieu, nous avons entendu de nos oreilles, nos pères nous ont raconté tout ce que tu as accompli à leur époque, par le passé. De ta main tu as chassé des nations pour qu’ils puissent s’établir, tu as frappé des peuples pour qu’ils puissent s’étendre. En effet, ce n’est pas par leur épée qu’ils se sont emparés du pays, ce n’est pas leur bras qui les a sauvés, mais c’est ta main droite, c’est ton bras, c’est la lumière de ton visage, parce que tu les aimais. »

Nous remarquons que ces batailles et ces conquêtes ont eu lieu bien avant la génération précédant immédiatement l'époque du psalmiste. Les pères que mentionne notre psaume ont non seulement parlé de ce qu'ils avaient personnellement expérimenté de Dieu, mais ils ont aussi enseigné ce que Dieu avait fait de nombreuses générations auparavant, en particulier lors de la conquête de Canaan, comme le raconte le livre de Josué, où l’on voit Dieu agir et faire remporter des victoires inouïes aux Israélites sans qu’ils aient à combattre, comme lors de la conquête de Jéricho. Dieu combattait pour eux ; il leur a donné un pays qu’ils n’avaient pas cultivé et des villes qu’ils n’avaient pas construites, comme Josué le rappelle à son peuple à la fin de sa vie. À d'autres moments, Israël a dû combattre, mais ses combats n'auraient rien donné sans « la main droite de Dieu » en leur faveur. Tout le mérite lui revient.

Lorsque nous remportons une victoire, il est très facile de commencer à comprendre comment Dieu nous a utilisé. Il est vrai que Dieu met une sorte d'épée dans notre main au combat. Pour les Israélites, c'était une épée au sens littéral du terme. Pour nous, ce sont nos dons, nos capacités ou nos ressources. Et il est vrai aussi que Dieu utilise notre bras au combat d'une manière ou d'une autre. Il utilise notre énergie. Mais qui nous a donné cette arme ? Qui nous a donné ces dons ? Qui nous a donné ces ressources ? Qui nous a donné ce bras ? Qui nous a créés ? Qui nous a donné la personnalité que nous avons ? En fin de compte, nous admettons que c'est Dieu, notre Créateur, à qui nous devons naturellement le mérite pour chaque victoire remportée. Nous avons joué notre part, nous sommes impliqués dans tous les combats que nous menons, et nous utilisons les dons et les aptitudes que nous avons reçus de Dieu. Mais c’est avec gratitude que nous reconnaissons que ce que nous avons bien fait est dû à l’intervention de Dieu qui se sert de nous pour nous rendre victorieux. Il ne s’agit pas de faire preuve de fausse humilité et de dire que nous n’y sommes pour rien, mais de reconnaître simplement que tout vient de Dieu. C’est pourquoi nous dépendons de lui et lui faisons confiance, car il ne veut que notre bien, quelles que soient les circonstances difficiles que nous connaissons.

La deuxième chose que nous faisons est de refuser de perdre notre confiance en Dieu. Le psalmiste déclare aux versets 7 et 8 : « Ce n’est pas en mon arc que je me confie, ce n’est pas mon épée qui me sauvera, mais c’est toi qui nous délivres de nos ennemis et qui fais rougir de honte ceux qui nous détestent. » L’erreur que nous avons tendance à commettre est non seulement de commencer à nous attribuer un certain mérite, mais aussi, à force de nous l’attribuer, nous commençons à faire confiance en nous-mêmes, à croire que c’est grâce à nous que nous réussissons, et nous faisons de moins en moins confiance en Dieu. L’orgueil fait progressivement place à l’humilité et la reconnaissance. Nous croyons en nous, et de moins en moins en Dieu. Comment cela se produit-il ? Eh bien, on commence à penser que « cela marchera à tous les coups », on croit avoir beaucoup d’expérience et qu’on ne pourra pas échouer. Mais l’échec est inévitable. Chaque fois qu’Israël a compté sur ses propres ressources sans recourir à l’aide de Dieu, ses forces armées ont perdu leurs batailles. Si donc nous voulons ne pas transformer nos victoires en défaites, plaçons notre en entière confiance en Dieu et arrêtons de penser que tout dépend de nous et non de Dieu.

La troisième chose à faire est de se protéger des deux premières, en rendant gloire à Dieu pour ce qu’il a accompli en notre faveur. Le psalmiste déclare au verset 9 : « Nous chantons la louange de Dieu chaque jour, et nous célébrerons éternellement ton nom. » La louange est à la fois pour ce que Dieu a fait dans un passé lointain et récent, et en anticipation de ce que Dieu fera en réponse à notre prière.

À ce stade, nous nous attendrions à ce que le psaume soit un psaume d’action de grâce, un psaume de louange ou un psaume de confiance. Mais dès le premier mot du verset suivant, le psalmiste change complètement de ton, et se lamente longuement. Sans comprendre pourquoi, le psalmiste a subi des échecs cuisants et se sent rejeté par Dieu. Écoutons quelques extraits de sa complainte aux versets 10 à 18 : « Cependant tu nous as repoussés, tu nous as couverts de honte, tu ne sors plus avec nos armées. Tu nous fais reculer devant l’ennemi, et ceux qui nous détestent se partagent nos dépouilles. Tu nous livres comme des brebis de boucherie, tu nous disperses parmi les nations… Tu nous exposes aux insultes de nos voisins, à la moquerie et aux railleries de ceux qui nous entourent... Mon humiliation est toujours devant moi… Tout cela nous arrive alors que nous ne t’avons pas oublié et que nous n’avons pas violé ton alliance. »

Le psalmiste est abattu, non seulement à cause de la défaite et de la disgrâce subies face à ses ennemis, mais surtout parce que Dieu semble avoir abandonné Israël, ou peut-être est contre lui. La première vérité sur ce passage est la suivante : il y a des moments où vous vous sentirez vaincus, mais en fait vous ne pouvez pas être vaincu. Nous lisons ceci au verset 23 : « C’est à cause de toi qu’on nous met à mort à longueur de journée, qu’on nous considère comme des brebis destinées à la boucherie. » Ce verset peut nous paraître si étrange et si négatif, qu’on voudrait vite oublier ! En fait, c’est un des passages les plus puissants de ce psaume. Le psalmiste inspiré ose dire à Dieu qu’il est responsable de la souffrance d’Israël alors que le peuple est resté fidèle à son alliance. Sans développer cette pensée, le psaume suggère un concept révolutionnaire aux croyants de l'Ancien Testament : la souffrance n'est peut-être pas une punition, mais une cicatrice de guerre, le prix de la loyauté dans un monde en guerre contre Dieu. Les Israélites souffrent parce qu’ils aiment Dieu. Dans leur fidélité au Seigneur, ils reçoivent de plus grands abus que s’ils s’étaient conformés au monde païen. L’apôtre Paul cite ce verset dans sa lettre aux Romains, au chapitre 8, versets 35 à 37 : « Qui nous séparera de l'amour de Christ ? Serait-ce la détresse, l'angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger ou l'épée ? De fait, il est écrit : ‘C'est à cause de toi qu'on nous met à mort à longueur de journée, qu'on nous considère comme des brebis destinées à la boucherie.’ Au contraire, dans tout cela nous sommes plus que vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. »

Le sentiment est que même dans une défaite et une disgrâce aussi terribles, rien de tout cela ne peut nous séparer de l’amour de Christ ou changer notre destinée d’être plus que vainqueurs en lui. Même si nous affrontons la mort, elle ne peut pas nous vaincre, car nous suivons le Dieu éternel. Donc, même si Dieu permet que nous affrontions l'échec et la mort, il agit en sorte que nous ne serons jamais séparés de lui, car il a vaincu la mort en Jésus-Christ. La mort de Christ a été une victoire sur le mal. L’apôtre Paul en était convaincu ; il poursuit et dit : « En effet, j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » Perdre notre vie dans ces circonstances ici-bas n’est pas un échec, mais une victoire, car nous entrons alors dans la présence de Dieu pour l’éternité. Ne l’oublions jamais.

La deuxième vérité à retenir est la suivante : Dieu sait exactement ce que nous traversons. Écoutons les derniers versets de notre psaume : « Lève-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Réveille-toi, ne nous repousse pas pour toujours ! Pourquoi te caches-tu ? Pourquoi oublies-tu notre misère et notre oppression quand nous sommes affalés dans la poussière, quand nous rampons par terre ? Lève-toi pour nous secourir, délivre-nous à cause de ta bonté ! »

Le psalmiste inspiré avait une relation profonde avec Dieu qui lui a permis d’exprimer cette prière librement, et Dieu a eu l'amour et la grâce non seulement de l'entendre, mais aussi de la consigner dans sa Parole. Le psalmiste exprimait ouvertement son sentiment que Dieu avait abandonné et oublié le peuple fidèle d’Israël. Il ne croyait pas réellement que Dieu dormait, mais il le ressentait ainsi, et parlait au sens figuré. Ce sentiment a été exprimé avec force lorsque Jésus dormait dans la barque sur la mer agitée de Galilée. Les disciples, craignant de périr pendant son sommeil, criaient pour qu'il se réveille. Bien que l'image du Seigneur endormi puisse nous paraître naïve, elle a été mise en scène dans le Nouveau Testament. Alors qu’Israël était au bord de la crise et dans la poussière de la honte et de la défaite, le psalmiste ne trouve pas de réponse à son cri. Mais les chrétiens ont obtenu la réponse de Dieu et savent qu’en Jésus-Christ, Dieu est avec nous, quelles que soient les circonstances que nous traversions. Il sait ce qui nous préoccupe ; nous pouvons lui confier tous nos soucis, car il prend soin de nous. Le psalmiste appelle au secours le Dieu de l’Alliance, parce qu’il a confiance en lui, il sait que le Dieu auquel il s’adresse est le Très-Haut, le Tout-Puissant.

Le psalmiste a exposé le problème d'Israël aussi clairement et fermement que possible. On pourrait s'attendre à ce qu'il soit en colère contre Dieu ou qu'il perde espoir. Au contraire, le psaume le laisse confiant en Dieu, même dans sa douleur et sa déception. Il a lancé son dernier appel non pas en se basant sur ce qu'Israël méritait, mais par égard pour la bonté divine, en laquelle il n’a jamais cessé d’espérer. Dans un sens, lorsque nous parlons nous-mêmes à Dieu ainsi, nous cherchons à l’émouvoir, non pas parce que nous méritons la délivrance, mais parce que nous attendons qu’il intervienne en raison de son infinie bonté.

Prions donc ensemble avec confiance : « Père, certains d'entre nous connaissent la victoire, et certains connaissent la défaite en ce moment. Mais nous reconnaissons que, où que nous soyons, tu es avec nous. Tu es à l'œuvre dans nos vies et tu as tout pouvoir. Tu as le pouvoir de laisser cette victoire te glorifier et de veiller à ce que, dans nos cœurs, elle ne se transforme pas en défaite, lorsque nous commençons à faire confiance en nous-mêmes. Et tu as aussi le pouvoir de nous aider à surmonter nos défaites. Nous gardons l’espérance en toi, nous attendons tout de toi. Quelle que soit l’issue de nos situations, nous voulons te rester fidèles. Dans ta bonté, Seigneur, donne-nous ta paix ; nous restons toujours dans la joie, parce que nous t’appartenons, et savons que tu ne nous abandonnera jamais. C’est au nom de Jésus que nous te prions, amen. »

Rejoignez-nous demain. Nous étudierons ensemble le Psaume 45, un chant d’amour.