Psaume 45

Semaine 9 - jour 5

Psaumes 26 - 50

Psaume 45

19:43


L'auteur du Psaume 45 s'est donné pour objectif d'écrire sur le mariage d'un roi d'Israël. Mais dès le début de sa rédaction, il a constaté une profondeur inhabituelle et inconnue dans son écriture.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes. C’est le cinquième jour de notre semaine de réflexion sur les Psaumes 41 à 45, et nous allons survoler ensemble le Psaume 45 aujourd'hui. L'auteur du Psaume 45 s'est donné pour objectif d'écrire sur le mariage d'un roi d'Israël. Mais dès le début de sa rédaction, il a constaté une profondeur inhabituelle et inconnue dans son écriture. Le premier verset est l'un de ces rares passages où le psalmiste parle du processus d'écriture et de ce qui se passait dans son âme pendant qu'il l'écrivait : « De belles paroles bouillonnent dans mon cœur. Je dis : ‘Mon œuvre est pour le roi. Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain !’ »

On découvre dans le ton de ces paroles un sentiment de joie et de célébration. En même temps, ces paroles suggèrent aussi que le psalmiste a été inspiré en l'écrivant, comme si le thème principal jaillissait de lui. Le langage de ce verset est si inhabituel que certains commentateurs pensent que le poète revendique une inspiration particulière. L'idée est que ce psaume parle du roi ou s'adresse au roi. Il célèbre un mariage royal, mais rien ne permet de le rattacher à un roi précis de la maison royale de David. De nombreux commentateurs anciens ont considéré ce mariage comme celui de Salomon avec la princesse d'Égypte, mais cela n'est pas certain.

Parallèlement, le texte du psaume lui-même et la manière dont le Nouveau Testament le cite nous obligent à considérer son ton général et beaucoup de ses versets comme évoquant le Roi ultime, Jésus le Messie. Par son langage et son titre, « un chant d'amour », le psaume entre clairement dans la catégorie des poèmes littéraux de mariage, tout en parlant indéniablement de Christ. L’apôtre Paul, dans sa lettre aux Éphésiens, au chapitre 5, lève le doute lorsqu’il parle du mystère de l’Église et de Christ, et des relations dans le couple : « Ce mystère est grand, et je dis cela par rapport à Christ et à l'Église. » Avec le recul, nous voyons que le poète a écrit prophétiquement. Il a écrit à propos d’un roi israélite spécifique, dont l’identité est inconnue, mais il a regardé également vers l’avenir et vers le haut, vers ce roi idéal promis dont le règne parfait et éternel était préfiguré par la monarchie israélite.

Nous allons le voir très clairement au milieu de ce psaume. Le mariage royal préfigure la relation qui existe entre Jésus-Christ et l’Église depuis sa mort et sa résurrection. Vous vous souvenez que le mariage est une image de la relation que Jésus entretient avec son Église. Nous le lisons dans la lettre de Paul aux Éphésiens.

Et peut-être vous souvenez-vous aussi que la relation de Jésus avec son Église trouvera sa célébration ultime à la fin des temps lors du grand festin des noces de l'Agneau. L'Agneau, c'est Jésus. Cette idée de l'Église comme épouse et de Jésus comme époux est partout présente dans les Écritures, et notamment dans le Psaume 45. Examinons donc ce que nous pouvons en apprendre aujourd'hui.

Commençons d'abord par l'époux et examinons ensemble les images que ce psaume nous donne et ce que cela signifie pour notre relation quotidienne avec Jésus. Notre psaume offre une description poétique et puissante du roi, le louant et l'exaltant pour ce qu'il est et ce qu'il fait. Voici comment l’époux est représenté dans ce psaume :

Première image - la grâce coule de ses lèvres : « Tu es le plus beau des hommes, la grâce coule de tes lèvres ; c’est pourquoi Dieu t’a béni pour toujours. » Le psalmiste commence par souligner simplement la beauté du Roi, affirmant qu'il est plus beau que tous les autres. Nous croyons que l'accent est mis ici sur le caractère du Messie, sur la beauté de sa nature et de sa personnalité. Le prophète Ésaïe dit dans son livre, au chapitre 53, que le Messie ne se distinguait ni par son apparence physique ni par sa beauté, mais par son caractère, et nous pouvons dire qu'il n'y a jamais eu d'être humain plus beau que Jésus de Nazareth. La beauté du roi s'étend à ses paroles, pleines de grâce. Ses lèvres bénies de grâce expriment des paroles pleines de grâce. Cela était merveilleusement vrai pour Jésus-Christ. Dans la beauté de son caractère et la grâce de ses paroles, le roi jouit de la bénédiction de Dieu, et en jouit pour toujours.

Deuxième image – Il est revêtu de splendeur et de majesté : « Vaillant guerrier, mets ton épée au côté, signe de ta grandeur et de ta majesté, oui de ta majesté ! » Le roi est beau de caractère et prononce des paroles pleines de grâce, mais il n’a rien d’un homme doux ou efféminé. Ce roi est un homme de guerre, un puissant, bien armé.

Troisième image – Il avance victorieusement : « Sois vainqueur, monte sur ton char, défends la vérité, la douceur et la justice, et que ta main droite se signale par de merveilleux exploits ! » Le roi est empli de majesté et de bénédiction, mais cela ne vient pas principalement de la conquête et de la force. Cela découle de sa vérité, de son humble douceur et de sa justice.

Dans la pensée de l'ancien Israël, la main droite évoque la force et l'habileté d'une personne, car la plupart des gens sont droitiers. Cela signifie que l'exercice de la force et de l'habileté du roi l'instruit et lui enseigne des choses merveilleuses.

L’auteur de la lettre aux Hébreux, au chapitre 5, dit de Jésus qu'il a appris l'obéissance par les souffrances qu'il a endurées. Jésus a appris la pratique de l'obéissance dans l'épreuve ardente de ses propres souffrances. C'était un exercice de sa force et de son habileté, et l'une des choses merveilleuses qu'il a apprises.

Quatrième image – La victoire sur l’ennemi : « Tes flèches sont aiguës, des peuples tomberont sous toi ; elles frapperont au cœur les ennemis du roi. » Les armes du roi sont nombreuses. Il possède non seulement une épée, mais aussi des flèches acérées, prêtes à être tirées contre ses ennemis. Sa puissance soumet le monde. Jésus décoche ses flèches en plein cœur, et elles sont acérées, prêtes à transpercer. Le livre des Actes nous dit aux chapitres 2 et 7 que les convertis de Pierre furent touchés au cœur, et que les auditeurs d'Étienne furent eux aussi touchés au cœur.

Cinquième image – le trône éternel : « Ton trône, ô Dieu, est éternel. Le sceptre de ton règne est un sceptre de justice. » Le trône du roi devient ici le trône de Dieu. Le roi est loué et exalté comme Dieu. La description de notre psaume pourrait s'appliquer à un homme remarquable qui n'était pourtant qu'un homme. La suite de la description fait clairement référence à ce roi comme étant Dieu lui-même, assis sur un trône éternel. L'auteur de l'épître aux Hébreux, au chapitre 1, explique comment ces paroles s'appliquent spécifiquement à Jésus : « Il dit au Fils : ‘Ton trône, ô Dieu, est éternel. Le sceptre de ton règne est un sceptre de justice.’ » Ces paroles affirment non seulement que Jésus est le Dieu éternellement intronisé, mais aussi que Dieu le Père le considère comme tel. L'auteur de l'épître aux Hébreux explique que, prophétiquement, les fils de Koré, auteurs de notre psaume, nous ont transmis les paroles que Dieu le Père a adressées à Dieu le Fils.

Toutes ces images qui se succèdent sont celles d’un époux qui aime la justice et déteste la méchanceté. Nous lisons au verset 8 : « Tu aimes la justice et tu détestes la méchanceté; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a désigné par onction comme roi, de préférence à tes compagnons, avec une huile de joie. » Le règne de ce roi ne repose pas sur la simple agression et la conquête ; il ne s’agit pas simplement de la force qui fait le droit. Son royaume est fondé sur la justice, à tel point que le symbole de son autorité est la justice elle-même.

La personne du roi oint est décrite de manière fascinante. Au verset 7, il est appelé Dieu lui-même ; au verset 8, le roi est décrit comme étant en relation avec Dieu, de qui il a reçu l'onction. Ce Roi est Dieu, et pourtant il reçoit de Dieu. Des passages tels que celui-ci sont à la base de l'idée de la Trinité, selon laquelle il existe un seul Dieu en trois personnes. C'est ainsi que l'on peut comprendre cette affirmation. « Dieu, ton Dieu » évoque le Père et son autorité sur la deuxième personne de la Trinité. « Tu » désigne le Fils. « Oint » évoque la présence et le ministère du Saint-Esprit, troisième personne de la Trinité unie dans la joie, comme le souligne le verset 9 : « La myrrhe, l’aloès et la cannelle parfument tous tes vêtements ; dans les palais d’ivoire les instruments à cordes te réjouissent. » C'est une autre référence à la beauté et à la douceur du roi oint. On pourrait dire qu'il sent bon, ce qui donne une image plus complète de sa beauté et de sa douceur : tout ce qui se dégage de lui est bon !

Telles sont les images de l’époux, celles d’un roi dont toutes les paroles sont remplies de grâce, celles d’un roi glorieux, celles d’un roi juste et puissant, celles d’un roi de toute beauté que nous ne pouvons qu’adorer, comme le font tous ceux qu’il accueille dans son palais. Si nous l’écoutons, il nous parlera de grâce, de puissance et de protection, de victoire dans tous nos combats qu’il mène avec nous. Il nous parlera de vérité, de douceur et de justice. Dieu est notre roi, et Jésus, oint de l’huile de joie, veut nous apporter sa joie dans nos vies. Voilà ce qu’il veut faire pour nous aujourd'hui !

Ce Psaume a aussi des choses à dire à l'épouse, à l'Église, et donc à tous les croyants. Il évoque trois façons d'exprimer notre amour pour Jésus, l'époux, en tant qu'Église, l'épouse. Nous lisons au verset 10 : « Des filles de roi figurent parmi tes bien-aimées ; la reine est à ta droite, parée d’un or venu d’Ophir. » Le roi oint est grand non seulement par ce qu’il est, mais aussi par ceux qui lui sont associés. Les plus hautes royautés sont les demoiselles d'honneur à son mariage. Prophétiquement parlant, cela nous rappelle qu'une mesure de la grandeur et de la majesté de Jésus réside dans la grandeur des hommes et des femmes qui, au fil des siècles, ont été ses disciples les plus dévoués. Ces hommes et ces femmes étaient et sont encore ceux dont le monde n'était pas digne, comme le dit l’auteur de la lettre aux Hébreux, au chapitre 11.

En reprenant la notion de mariage du livre de la Genèse, le psalmiste invite la fille royale à quitter son peuple et la maison de son père pour s'unir au roi par le mariage. C’est ce qu’exprime le verset 11 : « Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père. » Si nous ne connaissions rien d'autre de ce roi, nous pourrions penser qu'il s'agissait d'une invitation littérale au mariage adressée à une femme réelle pour devenir son épouse. Sachant que Jésus de Nazareth est le Messie Roi et qu'il n'a jamais été marié durant sa vie terrestre, nous comprenons que cela renvoie à une image familière : le peuple de Dieu comme épouse de Dieu, et l'Église de Jésus comme épouse. Lorsque nous venons à Jésus-Christ, nous nous engageons envers lui avant tout. Nous nous engageons à lui être fidèle et loyal, à le contempler dans sa grandeur, sa puissance et son amour, et à l’écouter, lui dont la grâce découle de ses lèvres. Sa Parole remplie de sagesse nous dirige et nous conduit autant dans nos réflexions que nos actions. Dieu devient notre priorité jusqu’à la mort. Nous ne cherchons pas d’autre modèle pour guider notre vie, car il est vérité, douceur et justice. Tous nos autres engagements familiaux, professionnels, dans la société et l’Église se soumettent aux principes de Dieu, comme Jésus-Christ nous l’a enseigné, car, comme le verset 12 l’exprime : « Le roi porte ses désirs sur ta beauté. Puisqu’il est ton seigneur, prosterne-toi devant lui ! » En aimant les autres comme Jésus-Christ nous a aimés, nous déclarons notre amour pour Dieu et lui démontrons notre fidélité, tout en l’honorant dans une humble adoration.

Pour prolonger la comparaison entre époux/épouse et Jésus/Église, le roi et messie voit la beauté de son peuple collectivement, c’est-à-dire l’Église ; il désire avoir avec elle une relation engagée, dans le partage de toutes choses, pour un avenir sans fin, avec toutes les bénédictions que l’époux offre à l’épouse, comme le dit si poétiquement la fin du psaume : « Avec des offrandes, les habitants de Tyr et les plus riches du peuple rechercheront ta faveur. La fille du roi est toute resplendissante à l’intérieur du palais, elle porte un vêtement tissé d’or. Elle est présentée au roi, revêtue de ses habits brodés; à sa suite, des jeunes filles, ses compagnes, sont amenées auprès de toi. On les introduit au milieu des réjouissances et de l’allégresse, elles entrent dans le palais du roi. Tes enfants prendront la place de tes pères, tu les établiras princes dans tout le pays. Je rappellerai ton nom de génération en génération; c’est pourquoi les peuples te loueront pour toujours et à perpétuité. »

Parce qu'elle est unie au Roi oint dans une relation d'amour engagé, la fille royale en retire de grands bienfaits. Elle est toute glorieuse, non pas par elle-même, mais par son lien avec le Roi. Nous ne pouvons nous empêcher de lire ceci en l'appliquant à la façon dont Jésus voit son Épouse, l’Église, et à la façon dont elle est toute glorieuse. Aujourd’hui, nous voyons l'Église et remarquons de nombreux défauts ; mais Jésus regarde son peuple racheté par son sang et dit : « toute glorieuse ». Nulle part dans les écrits de l'Ancien Testament nous ne trouvons peut-être une approche plus proche de la révélation du secret de l'Église que dans ce psaume.

La fille royale, épouse du roi oint, est accompagnée de ses demoiselles d'honneur et, ensemble, elles se présentent devant le roi pour la cérémonie nuptiale. Cette escorte de la mariée, conduite au roi dans ses plus beaux atours tandis qu'il l'attend en grande pompe, n'est pas une formalité superflue : c'est l'équivalent de la phrase de Paul aux Corinthiens, au chapitre 11, : « Je suis jaloux de vous, de la jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. »

Les noces de l’Agneau n’ont pas encore eu lieu, mais nous le célébrerons un jour avec toute l’Église de tous les temps, avec tous ceux qui, depuis le début de la création, ont été fidèles à Dieu, car nous serons présentés à lui comme une « vierge pure ».

Faisons-nous comme le psalmiste ? Louons-nous celui qui nous a rachetés pour être son épouse ? Œuvrons-nous pour que les nations l’honorent également ? Prions ensemble pour renouveler notre engagement envers Dieu dans la louange et l’intercession : « Seigneur notre Dieu, notre roi, nous célébrons ta grandeur, ta puissance, ta douceur, ta vérité et ta justice. Lorsque nous nous examinons, nous savons bien que nous ne sommes pas à la hauteur de ton amour pour nous. Mais puisque la grâce découle de tes lèvres, nous écoutons ta parole et voulons nous laisser guider par elle, car elle nous prépare à te rencontrer pour l’éternité. Pardonne-nous pour toutes les fois où nous avons suivi nos voies ou celle des autres, au lieu de marcher sur le droit chemin. Renouvelle en nous un cœur bien disposé à t’entendre, à t’écouter et à suivre tes enseignements. Nous serons tes invités lors des noces de l’Agneau ; alors, Seigneur, aide-nous à bien nous y préparer, nous te le demandons de tout notre cœur, au nom de Jésus, l’époux de ton Église, amen. »

Rejoignez-nous la semaine prochaine ! Nous étudierons ensemble les psaumes 46 à 50.