Psaume 46

Semaine 10 - jour 1

Psaumes 26 - 50

Psaume 46

17:22


Tout commentaire sur ce grand cantique de confiance semble presque inutile, tant il a puissamment pris racine dans le cœur de l’humanité et tant il expose parfaitement l’expérience des âmes confiantes à toutes les époques et dans les temps tumultueux.
S'abonner

Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes avec le pasteur Tom Holladay. Nous entamons la cinquième semaine du survol des Psaumes 26 à 50, et nous allons faire ensemble une lecture approfondie des Psaumes 46 à 50, en commençant aujourd’hui par le Psaume 46. Ce psaume est un cantique composé pour être accompagné de voix de sopranos, littéralement « pour les jeunes filles », qui jouaient aussi du tabourin.

Tout commentaire sur ce grand cantique de confiance semble presque inutile, tant il a puissamment pris racine dans le cœur de l’humanité et tant il expose parfaitement l’expérience des âmes confiantes à toutes les époques et dans les temps tumultueux. Lorsque le grand réformateur Martin Luther était dans la plus grande détresse, il avait l'habitude de réclamer ce psaume, en disant : « Chantons le quarante-sixième psaume en concert ; et puis laissons le diable faire ce qu’il sait faire de pire. » Luther en a même fait un cantique : « C’est un rempart que notre Dieu, en ces jours de détresse. » Ce court psaume contient trois strophes qui se terminent toutes par le mot « pause ». La pause pouvait être un moment de silence et de réflexion sur la strophe qui venait d’être chantée, accompagnée d’instruments de musique. Le profondeur de la réflexion contenue dans les trois strophes réclamaient un moment de silence de la part des croyants rassemblés pour louer et prier Dieu ensemble. Ces temps de silence étaient très importants, en particulier lorsque ce psaume était chanté, car, au milieu des tourmentes et des épreuves que pouvait expérimenter le peuple de Dieu, Dieu demande à l’assemblé d’arrêter, de faire silence. Le verset 11 dit en effet : « Arrêtez, et sachez que je suis Dieu! »

Lisons ensemble la première strophe : « Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours toujours présent dans la détresse. C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée, quand les montagnes sont ébranlées au cœur des mers et que les flots de la mer mugissent, écument, se soulèvent jusqu’à faire trembler les montagnes. »

De nombreux autres psaumes commencent par une description de la crise du psalmiste. Au Psaume 46, le poète commence par la providence divine. Il s'est tourné vers Dieu pour obtenir de l'aide dans les moments difficiles et l'a trouvée. Son expérience lui a permis de dire que Dieu lui-même était un refuge, comme les villes de refuge protégeaient les fugitifs en Israël ; que Dieu lui-même était la force de son peuple, étant fort pour lui et en lui ; que Dieu seul était son refuge et sa force, et non quelque chose ou quelqu'un d'autre ; et que Dieu lui-même était le secours – non pas à distance, mais un secours bien présent.

Le psalmiste a appliqué la logique de la foi. Si Dieu est un véritable refuge, une force et un secours pour son peuple, alors il n'y a aucune raison logique d'avoir peur, même dans les crises les plus graves, même si la terre était détruite. Le psalmiste a considéré le phénomène naturel le plus effrayant et le plus humiliant qu'on puisse imaginer. Il a ensuite estimé, avec raison, que Dieu était plus grand et plus fort qu'eux tous, et que la crainte devant eux privait en quelque sorte Dieu d'une partie de son honneur. N’est-ce pas lui qui a créé tous les éléments ? C’est lui qui contrôle leur fureur passagère. À quoi bon craindre les dangers les plus menaçants ?

À la fin de cette strophe, le compositeur de notre hymne nous propose une pause. Elle est bienvenue ! La grandeur de la pensée de ce que nous écoutons et chantons, mérite qu'on s'y arrête et qu'on y réfléchisse attentivement. Il serait bon que nous puissions tous dire « Pause » face aux épreuves, mais hélas ! trop souvent, nous parlons dans notre hâte, posons nos mains tremblantes, perdues parmi les cordes de nos instruments, frappons notre instrument avec un fracas brutal et ternissons la mélodie de notre chant de vie qui est supposé être chanté avec, comme accompagnement, la voix de jeunes filles.

La première strophe de notre psaume parle de catastrophes naturelles, et la deuxième parle avec confiance des conflits causés par les ennemis de Jérusalem. Lisons-la ensemble, des versets 5 à 8 : « Les bras d’un fleuve réjouissent la ville de Dieu, le sanctuaire des demeures du Très-Haut. Dieu est au milieu d’elle : elle n’est pas ébranlée ; Dieu la secourt dès le point du jour. Des nations s’agitent, des royaumes sont ébranlés : il fait entendre sa voix, et la terre tombe en défaillance. L’Éternel, le maître de l’univers, est avec nous, le Dieu de Jacob est une forteresse pour nous. »

Le psalmiste a imaginé l'approvisionnement constant et abondant d'un fleuve pour Jérusalem. L'image symbolique est significative, car Jérusalem ne possède pas de tel fleuve, seulement quelques petits ruisseaux. Pourtant, les prophètes anticipaient le jour où un puissant fleuve jaillirait du temple lui-même. L’apôtre Jean dans son Apocalypse, déclare à la fin de son livre, au chapitre 22, qu’un ange lui « montra le fleuve d'eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'Agneau. Au milieu de la place de la ville et entre les deux bras du fleuve se trouvait l'arbre de vie qui produit douze récoltes ; il donne son fruit chaque mois et ses feuilles servent à la guérison des nations. Il n'y aura plus de malédiction. » La réalité future est déjà présente à l'esprit du psalmiste.

Avec Dieu, les eaux ne sont plus des mers menaçantes, mais un fleuve vivifiant. Le fleuve coule et réjouit toute la cité de Dieu. La cité de Dieu est heureuse car l'eau vivifiante est toujours présente dans cette terre aride et semi-aride. La cité de Dieu est heureuse car le fleuve est riche en ruisseaux, une image peut-être liée aux fleuves qui arrosaient le jardin d'Éden. La cité de Dieu est heureuse car un fleuve est parfois synonyme de paix, comme dans la prophétie d’Ésaïe, au chapitre 66 : « En effet, voici ce que dit l'Éternel : Je dirigerai la paix vers Jérusalem comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent qui déborde, et vous serez allaités, portés sur les bras et caressés sur les genoux. » Jérusalem est en paix parfaite ! La cité de Dieu est heureuse car elle est en sécurité, disposant de l'une des meilleures défenses contre un ennemi qui l'assiège : l'eau garantie. On retrouve sans cesse cette image de la présence de Dieu. C'est l'image de l'eau rafraîchissante de la présence de Dieu dans notre vie. Dieu, notre forteresse est aussi notre fleuve de joie. Et nous savons aujourd’hui que Jésus est lui-même l’eau de la vie.

Le lien est évident avec Jérusalem, lieu saint du tabernacle du Très-Haut. Parallèlement, le titre « La Cité de Dieu » évoque la cité idéale et parfaite de Dieu : la Nouvelle Jérusalem dont parle le livre de l’Apocalypse. Toutes les bénédictions et les ressources de la cité de Dieu proviennent de sa présence. Grâce à sa présence, elle est plus solidement établie que la terre qui peut être ébranlée, comme le psalmiste l’avoue au début du psaume. La cité est ainsi établie parce que Dieu l'aidera. La promesse qu'elle ne sera pas ébranlée prend une force particulière par la répétition du même mot, « ébranlée », utilisé pour les montagnes et les royaumes. Comme au point du jour les ombres et les ténèbres se dissipent, ainsi au point du jour radieux de Dieu, les ténèbres de l’adversité seront dispersées. Voilà de quoi rassurer tous ceux qui célèbrent Dieu en chantant ce cantique, nous compris !

Comme dans le Psaume 2, Dieu ne tient aucun compte de la colère des nations. À sa seule voix, la terre fond ! L'idée derrière le titre « l’Éternel, le maître de l’univers » est qu'il est le chef des armées, tant de l'armée de son peuple que des armées du ciel. Ce titre souligne sa gloire et sa puissance, en lien avec l'idée que ce Dieu glorieux est aux côtés de son peuple. Et comme disait l’apôtre Paul dans sa lettre aux Romains, « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »

Nous avons vu que la première strophe de notre psaume parle de catastrophes naturelles, et que la deuxième parle avec confiance des conflits causés par les ennemis de Jérusalem. La troisième strophe parle de tout ce dont nous avons besoin, c’est-à-dire de Dieu comme notre forteresse. Voici ce que proclame la dernière partie de notre psaume, aux versets 9 à 12 : « Venez contempler ce que l’Éternel a fait, les actes dévastateurs qu’il a accomplis sur la terre ! C’est lui qui a fait cesser les combats jusqu’aux extrémités de la terre ; il a brisé l’arc et rompu la lance, il a détruit par le feu les chars de guerre. ‘Arrêtez, et sachez que je suis Dieu ! Je domine sur les nations, je domine sur la terre.’ L’Éternel, le maître de l’univers, est avec nous, le Dieu de Jacob est pour nous une forteresse. »

Si l’idée dominante dans la première strophe du psaume était Dieu comme refuge et secours, ici l’accent se déplace vers une considération de la gloire de Dieu. Dieu est puissant pour semer la désolation ou imposer la paix en faisant cesser les guerres. Le peuple de Dieu est invité à contempler le champ de bataille après que Dieu a complètement mis en déroute ses ennemis, et que leurs instruments de guerre sont dispersés, brisés et incendiés. Puisque le peuple de Dieu a des raisons de se réjouir dans la détresse à cause de la présence de Dieu, combien plus grande sera sa joie lorsque les causes de la détresse n’existeront plus ! Voilà pourquoi Dieu nous demande d’arrêter pour savoir qu’il est Dieu. L'idée n'est pas que les fidèles s'arrêtent et restent immobiles. Il s'agit plutôt de faire taire les arguments et les oppositions. Ceci est fait en reconnaissance de la gloire et de la grandeur de Dieu, comme mentionné dans le verset précédent. Puisque nous connaissons la gloire et la grandeur de Dieu, cessons de discuter avec lui ou de nous opposer à lui. Faisons silence et soumettons-nous simplement à lui. Rester tranquille n’est pas en premier lieu un réconfort pour les personnes harcelées, mais un reproche adressé à un monde agité et turbulent : « Silence ! » – en fait, « Arrêtez ! », « Stop ! Prenez le temps d’apprendre qui je suis. Reconnaissez-moi comme le vrai Dieu, le Dieu unique. Contemplez ce que j’ai fait, moi le Tout-Puissant, moi le Très-Haut. Le maître de l’univers, c’est moi ; il n’y en a aucun autre. Vous n’avez aucune raison de vous agiter ! » Notre soumission doit être celle qui convient à des créatures rationnelles. Dieu ne nous demande pas de nous soumettre contrairement à la raison, mais de nous soumettre en comprenant la raison et le fondement de la soumission. Ainsi, la simple considération que Dieu est Dieu peut suffire à apaiser toutes les objections et oppositions contre le divin souverain. Lorsque nous sommes réduit au silence, nous pouvons nous glorifier de l'exaltation de Dieu. Le triomphe de Dieu s'étendra bien au-delà d'Israël à toute la terre ! Nous pouvons avoir confiance que le même Dieu, exalté sur toute la terre, est avec nous. Nous n'avons besoin de rien de plus. Emmanuel : Dieu est avec nous !

Le titre de « Dieu de Jacob » souligne non seulement l'aspect de l'alliance, mais aussi la grâce – Jacob était un personnage plutôt mesquin, peu connu pour sa grande sainteté. Ce Dieu gracieux et miséricordieux est un refuge ouvert pour son peuple. Le mot « forteresse », implique une hauteur inaccessible. Cette forteresse, c’est Jérusalem, la citadelle du peuple de Dieu.

Arrêtons donc un moment, et contemplons ensemble dans la reconnaissance ce que Dieu a fait pour nous, ce qu’il a fait pour vous : « Seigneur notre Dieu, c’est dans la joie que nous venons vers toi, parce que tu nous as donné la foi. Nous croyons que tu es Dieu, le Créateur et le Sauveur du monde. Nous contemplons tes œuvres merveilleuses et savons qu’en toi nous avons un refuge certain alors que le mal sévit autour de nous. Nous implorons ta bonté et ton pardon, car nous laissons trop souvent le mal agir en nous, au lieu de garder les yeux fixés sur toi. Nous nous débattons au lieu de faire silence et de considérer tout ce que tu as fait pour nous. Seigneur tout puissant, continue de nous transformer pour que nous t’admirions toujours plus. Merci parce que tu es avec nous. Ô Emmanuel, demeure en nous, et que ton Esprit nous guide et nous garde en ta présence, toi notre refuge certain et notre appui. Accepte notre louange et notre prière au nom de Jésus, amen. »

Eh bien, rejoignez-nous demain ! Nous étudierons ensemble le Psaume 47, qui nous invite à applaudir Dieu !