Psaume 47

Semaine 10 - jour 2

Psaumes 26 - 50

Psaume 47

18:26


Ce psaume célèbre la victoire d'un grand roi. Certains commentateurs pensent qu’il a été peut-être inspiré par la victoire d'un roi comme Josaphat, dont nous lisons le récit d’une victoire éclatante contre les Ammonites et les Moabites dans le deuxième livre des Chroniques, au chapitre 20.
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Notes de l'épisode

Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes. Nous en sommes cette semaine au deuxième jour de notre survol des Psaumes 46 à 50, et nous allons étudier ensemble aujourd’hui le Psaume 47. Ce psaume célèbre la victoire d'un grand roi. Certains commentateurs pensent qu’il a été peut-être inspiré par la victoire d'un roi comme Josaphat, dont nous lisons le récit d’une victoire éclatante contre les Ammonites et les Moabites dans le deuxième livre des Chroniques, au chapitre 20. Les fils de Koré ont alors loué Dieu d’une voix forte et « tous les hommes de Juda et de Jérusalem, avec Josaphat à leur tête, repartirent joyeux à Jérusalem, car l'Éternel les avait remplis de joie en les délivrant de leurs ennemis. Ils entrèrent à Jérusalem et dans la maison de l'Éternel au son des luths, des harpes et des trompettes. » Bien plus tard, ce psaume se chantait lors de la fête des Trompettes, devenu la fête du Nouvel An chez les Juifs. L’Église chrétienne a reconnu l’Ascension de Jésus-Christ dans l’élévation de Dieu dont parle ce psaume, et lit traditionnellement le Psaume 47 le jour de la fête de l’Ascension, en célébrant le règne de Dieu sur la terre entière.

C'est un psaume de pure louange ; or on parle beaucoup de louer Dieu à l'église. On devrait le faire, bien sûr, mais laissez-moi vous poser une question qui peut paraître simpliste au premier abord. Comment louer ? Je pose cette question en toute honnêteté. Nous avons tous assisté à des cultes d'où nous sommes ressortis plus inquiets qu'à notre arrivée, car pendant le temps où nous devions nous asseoir et réfléchir, nous pensions à nos soucis et nous n'en sommes pas sortis avec un cœur rempli de louange. Ou bien nous avons tous assisté à des cultes où il y avait beaucoup d'enthousiasme, mais nous ne savions pas vraiment comment nous laisser aller à la louange. Nous sommes parfois même ressortis irrités ou agacés par le style des chants et cantiques chantés.

Le Psaume 47 donne des instructions très simples pour la louange. Pour tirer de ce psaume ce dont nous avons besoin, nous devons commencer par admettre qu’il nous faut apprendre à louer Dieu. Nous avons beaucoup à apprendre sur la manière de louer Dieu. Vous pensez peut-être que vous êtes meilleur que les autres. En réalité, lorsqu'il s'agit de louer Dieu pour tout ce qu'il est vraiment, nous avons tous beaucoup à apprendre. Le Psaume 47 fait partie d’un groupe de sept psaumes qu’on appelle les « psaumes du règne ». Ces chants proclament la royauté de Dieu et sa victoire sur la terre entière, et ils appellent toutes les nations à célébrer sa victoire. C’est dans ce contexte que tous les habitants de la terre sont invités à adorer Dieu avec enthousiasme en tapant des mains. Le psaume commence en disant : « Vous, tous les peuples, battez des mains, poussez vers Dieu des cris de joie. » Il ne s’agit pas nécessairement d’une jubilation intérieure ou spirituelle que le psalmiste nous commande d’avoir, mais d’une reconnaissance de Dieu comme notre roi suprême. En Israël, lorsque le roi était intronisé, il était couronné, proclamé roi et oint ; on battait des mains et on disait « vive le roi ! » Lorsque nous adorons Dieu, nous battons donc des mains comme si nous assistions à son intronisation. Nous le reconnaissons comme le roi de la terre et de l’univers, nous l’acceptons comme notre roi. Le battement des mains attire l’attention sur quelque chose, généralement comme une expression extérieure de notre joie intérieure. Lorsque nous assistons à un événement sportif, comme un match de tennis ou de football par exemple, chaque point gagné est suivi d’applaudissements spontanés et soutenus par l’ensemble des spectateurs de tous pays et de toutes générations. Mais qu’est-ce qu’un match sportif à côté de la célébration du Roi des rois, de notre Dieu qui règne sur nous tous ? Comment ne pas le reconnaître comme notre Seigneur, lui, l’Éternel, et déclarer spontanément notre joie de lui appartenir ? La note est forte et joyeuse. Le psalmiste n'avait pas en tête des chants endormis ni des prières murmurées. La plupart des gens ne sont pas contre les cris ou les explosions d'enthousiasme ; ils croient simplement qu'il y a une place pour de tels cris. Malheureusement, beaucoup de ceux qui pensent qu'une exclamation bruyante est acceptable lors d'un match de football ou de tennis la considèrent comme un scandale dans l'Église.

Le commandement du psalmiste ne s'adresse pas seulement à Israël ou aux disciples de Dieu ; il s'adresse à tous les peuples. Il s'agit en fin de compte de l'accomplissement de la promesse de Dieu à Abraham de bénir tous les peuples de la terre par son descendant, le Messie. Comment donc résister à cet appel pressant ? Comment ne pas pousser vers Dieu des cris de joie ?

Le Psaume 47 nous donne d’autres raisons de louer Dieu de tout notre cœur, comme nous le lisons aux versets 3 à 5 : « Car l’Éternel, le Très-Haut, est redoutable, il est un grand roi sur toute la terre. Il nous soumet des peuples, il met des nations sous nos pieds ; il choisit pour nous un héritage qui fait la fierté de Jacob, son bien-aimé. » Voilà qui mérite notre louange, notre célébration, et notre exclamation en battant des mains !

La fonction royale et le royaume sont tous deux importants. Dieu est un grand Roi, en ce sens qu'il est le Roi des rois et le monarque suprême. Son royaume s'étend sur toute la terre et il est souverain en tous lieux. Les dieux païens du monde antique étaient imaginés comme des dieux territoriaux, par exemple Baal ou Astarté. Leur autorité se limitait à une nation ou à une région. Le psalmiste proclame que l'Éternel Dieu n'est pas comme l'un de ces dieux imaginaires. Nous adorons le seul vrai Dieu, le Dieu de vérité, le Dieu de justice, le Dieu d’amour et de bonté. Toute les nations lui sont soumises. Ici, le psalmiste s'exprime en tant que membre de la nation élue de Dieu, Israël. Il attend avec impatience le temps où le règne juste du grand Roi s'exercera sur toute la terre et où Israël assumera la place qui lui était destinée, celle par qui toute les nations appartiendraient à Dieu. Le psalmiste savait sans aucun doute que ce grand roi serait le Messie ; il anticipait l'espérance du Messie. Aujourd’hui, nous nous souvenons de l'accomplissement de la promesse d'envoyer le Messie, accomplie en Jésus-Christ.

Le psalmiste avait confiance en la sagesse et la bonté du grand Roi. Il était heureux de le laisser choisir notre héritage. C'est un fait glorieux que notre grand Roi Jésus ait choisi l'héritage de son peuple. L’apôtre Paul, au premier chapitre de sa lettre aux Éphésiens, décrit certains des choix que Dieu a faits pour nous et qui méritent notre exclamation de joie : il nous a choisis en lui avant la fondation du monde ; il nous a choisis pour être saints et irréprochables devant lui, dans son amour ; il nous a choisis pour être adoptés comme fils dans sa famille !

C'est une prière sage que de demander à notre grand Roi Jésus de choisir notre héritage pour nous. Nous nous mettons souvent dans l'embarras en voulant choisir notre propre héritage. Nous voulons parfois choisir nos propres bénédictions. L'un la santé, l'autre la richesse, un autre de grands talents ; chacun aimerait avoir ce que l'autre a. Pourtant, il est de loin préférable de laisser Dieu choisir nos bénédictions. Nous voulons parfois choisir notre propre vocation. On voit la vocation de quelqu’un d’autre et on pense que sa vocation est meilleure, ou on veut imiter la vocation d'un autre plutôt que de courir sa propre course. Parfois, nous voulons faire nos propres croix. Nous pensons que nos problèmes sont bien pires que ceux des autres, ou nous pensons que nous pourrions porter n'importe quelle croix, sauf celle que Dieu a choisie pour nous. En fait, nous savons qu'à cause de Jésus et parce que nous sommes en lui, Dieu est pour nous et non contre nous. Il nous aime comme ses élus ; parce qu'il nous a choisis, nous sommes heureux de le laisser choisir notre héritage.

Le psalmiste poursuit sa louange en disant que « Dieu monte au milieu des cris de triomphe, l’Éternel s’avance au son de la trompette. » Le grand Roi a pris possession de son trône et reçoit donc des acclamations. Dieu est descendu du ciel pour sauver son peuple, et, en remontant au ciel, il mérite les louanges et les acclamations de son peuple. Jésus lui-même est monté sur le trône royal au ciel après avoir accompli son œuvre pour nous sur la croix et l'avoir prouvée par le tombeau vide. Il ne peut monter qu'avec des acclamations, car il est descendu humblement pour combattre pour son peuple et le sauver. Dans l'ancien Israël, la trompette produisait le son le plus fort et le plus clair ; c'était le son de la victoire. Pour honorer Dieu clairement et avec force pour sa victoire en notre faveur, on entend le son de la trompette.

Louons donc notre Seigneur avec force ! Ne nous taisons pas, mais faisons ce que le psalmiste nous demande aux versets 7 et 8 : « Chantez en l’honneur de Dieu, chantez, chantez en l’honneur de notre roi, chantez, car Dieu est le roi de toute la terre ! Chantez un cantique ! » Nous avons de bonnes raisons de chanter ! Dans ce contexte, c'est un commandement approprié à la lumière de la gloire du Roi de toute la terre. Dieu aurait pu donner la parole à l'humanité sans le don du chant ; il existe des personnes sourdes à l'oreille musicale dans le monde. Ce qui est le cas de certains aurait pu être le cas de tous ; mais Dieu a donné le don du chant et de la musique à l’humanité, et la plus haute utilité de ce don est de louer Dieu qui l'a accordé. Le mot « chantez » est répété quatre fois dans ce court verset et témoigne à la fois du sérieux et du bonheur du peuple. Ce sont des paroles d'exultation et de triomphe. Ressentons donc notre obligation envers Dieu ; exprimons-la par notre reconnaissance ! L'idée du verset 8 est reprise pour insister. L'autorité glorieuse de Dieu s'étend bien au-delà du pays ou du peuple d'Israël. Il est le Dieu universel, le Roi de toute la terre.

La Bible en français courant traduit le verset 8 ainsi : « Célébrez-le par le chant le plus beau ». L’expression « le plus beau » traduit le terme hébreu « avec compréhension ». Notre louange est offerte en comprenant pourquoi nous chantons et ce que nous chantons. Dieu désire que notre adoration soit réfléchie et non irréfléchie. Il n'est pas nécessaire d'être intelligent pour adorer Dieu, mais nous devons l'adorer de tout notre être, y compris de tout notre esprit, avec toute notre pensée. Nous ne disons pas n’importe quoi au Roi des rois. Notre chant est en accord complet avec le plus grand des commandements, que nous rappelle Jésus, comme nous le lisons dans l’évangile selon Marc, au chapitre 13 : « Le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. » Alors, chantons en l’honneur de notre Dieu avec intelligence en réfléchissant bien à ce que nous disons à Dieu, car nous l’aimons de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force. L’apôtre Paul nous le demande lui-même dans sa lettre aux Éphésiens, au chapitre 5, verset 19 : « Dites-vous des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels ; chantez et célébrez de tout votre cœur les louanges du Seigneur. » Mais nous ne le faisons pas n’importe comment, comme le souligne l’apôtre Paul lui-même dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 13, verset 15 : « Que faire donc ? Je prierai avec mon esprit, mais je prierai aussi avec mon intelligence ; je chanterai avec mon esprit, mais je chanterai aussi avec mon intelligence. »

Pourquoi chanter à Dieu le plus beau des cantiques ? Le psalmiste nous le dit en terminant son cantique : « Dieu règne sur les nations, Dieu siège sur son saint trône. Les princes des peuples s’unissent au peuple du Dieu d’Abraham, car les puissants de la terre appartiennent à Dieu : il est souverainement élevé. » Le Seigneur n'est pas le roi de toute la terre uniquement de manière passive ou cérémonielle. Il règne sur les nations et fait avancer l'histoire vers la destination qu'il désire. Dieu siège sur le trône ; il n'est pas vide. C'est son trône ; il lui appartient et à nul autre. C'est un trône saint, où la sainteté de Dieu a été parfaitement satisfaite par l'œuvre de Jésus sur la croix. C'est donc à la fois un trône saint et un trône de grâce. Dans l'esprit du psalmiste, les dirigeants du peuple de Dieu se rassemblent pour recevoir et exalter le roi de toute la terre. La promesse concernant la bénédiction des tribus des nations issues de la descendance d’Abraham s'accomplit ; car les nobles entraînent à leur suite les peuples qu'ils protègent. Les princes de la terre appartiennent spécialement à Dieu, puisque, comme la Sagesse le déclare dans le livre des Proverbes, au chapitre 8 : « Par moi les rois règnent et les dirigeants ordonnent ce qui est juste, par moi gouvernent les chefs, les grands, tous les juges de la terre. »

Louons donc ensemble le Roi des rois, celui qui est élevé au plus haut point, en terminant notre survol de ce psaume royal : « Seigneur notre Dieu, nous t’acclamons et te célébrons dans la joie quelles que soient les circonstances que nous connaissons. Tu es le roi de l’univers et mérite notre adoration. C’est à toi que nous pensons alors que nous venons vers toi. Tu nous as donné la vie, et, grâce à l’œuvre de Jésus-Christ, nous savons que nous avons la vie éternelle. La vie éternelle c’est te connaître, c’est te reconnaître, c’est accepter que tu es le maître de nos vies. Toi qui es monté aux cieux, nous te louons de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force. Nous t’applaudissons parce nous reconnaissons en toi le roi de nos vies. Alors, nous nous soumettons humblement et voulons écouter ta parole, l’assimiler et la comprendre pour mieux t’adorer et mieux te servir. C’est dans le nom de Jésus, et grâce à ce qu’il a fait pour nous, que nous te prions et te célébrons, amen. »

Rejoignez-nous demain ! Nous étudierons ensemble le Psaume 48, qui célèbre la grandeur de Dieu, et qui nous guide jusqu’à la mort.