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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes. Nous en sommes au quatrième jour de notre semaine consacrée aux Psaumes 46 à 50, et nous allons étudier ensemble aujourd’hui le Psaume 49. L’enseignement de ce cantique est simple et sublime, présent et perpétuel. Ce psaume touche au point culminant de la foi de l’Ancien Testament dans une vie future. D'autres psaumes louent et prient Dieu ; ce psaume enseigne la sagesse et transmet la compréhension. Il met l'accent sur la folie de se fier à la richesse ou d'envier les autres simplement pour leur richesse. Il place la prospérité présente de ceux qui ne connaissent pas Dieu dans une perspective éternelle.
Le psalmiste commence par nous faire savoir qu'il va nous enseigner quelque chose d’important. Il nous maintient en haleine en nous faisant comprendre l’importance de son chant. Écoutons les versets deux à cinq : « Écoutez ceci, vous, tous les peuples, prêtez l’oreille, vous, tous les habitants du monde, petits et grands, riches et pauvres! Ma bouche va faire entendre des paroles sages, et mon cœur a des pensées pleines de bon sens. J’écoute les proverbes, j’explique mon énigme au son de la harpe. »
Le psalmiste s'adresse à tous, aux personnes importantes comme celles qui sont insignifiantes dans la société, aux riches comme aux pauvres. Nous allons voir qu’il espère guider ceux qui sont troublés par la richesse des méchants. Il existe quatre sortes de richesses : celle de ce que l'on possède, celle de ce que l'on fait, celle de ce que l'on sait et celle de ce que l'on est – la richesse du caractère. Le psalmiste va parler de ceux qui ne sont riches que de la première manière – la richesse la moins importante. Il est évident qu'il est conscient de l’importance de ce qu'il chante, car il commence par appeler tous les hommes, de toutes les classes, à l'écouter. Le psalmiste ne s'intéresse pas à la connaissance cachée et mystique, mais à des choses simplement difficiles à comprendre et à percevoir. Il espère que le fait de le dire avec la harpe, un instrument au son mélodieux, aidera à mieux mémoriser le message.
Ce message est clair : nous sommes invités à ne pas vivre dans la crainte lorsque le malheur nous frappe, surtout quand d’autres personnes autour de nous s’enrichissent. Aux versets 6 à 10, nous lisons : « Pourquoi aurais-je peur quand vient le malheur, lorsque je suis entouré par la méchanceté de mes adversaires ? Ils ont confiance en leurs biens et se vantent de leur grande richesse, mais ils ne peuvent se racheter l’un l’autre ni donner à Dieu le prix de leur rançon. Le rachat de leur âme est cher et n’aura jamais lieu. Ils ne vivront pas toujours, ils n’éviteront pas la tombe. »
Le psalmiste établit un contraste entre lui-même et ceux qu'il évoque dans les lignes suivantes. Lui, contrairement à eux, n'a aucune raison d'avoir peur dans les jours difficiles, quand tout semble aller mal pour lui. Ce n'est pas la possession de biens matériels que le psaume critique ici. C'est la confiance en la richesse matérielle et l’orgueil que provoque les richesses chez ceux qui se sont enrichis et qui s’enrichissent sans aucune considération pour Dieu. La Bible nous présente plusieurs hommes riches et pieux - comme Abraham ou le roi David, qui, selon les critères modernes, seraient probablement milliardaires -, mais ces hommes continuaient de faire confiance au Seigneur et de se glorifier en Lui. Ils ne se fiaient pas à leur fortune et ne se vantaient pas de leurs richesses.
On peut savoir si l'on place sa confiance en sa richesse si l'on trouve trop de paix et de sécurité dans ses comptes et ses avoirs, et si l'on désespère lorsque ces choses déclinent. On peut se demander : « Quelle perte dans la vie me troublerait le plus – matérielle ou spirituelle ? » On peut savoir si l'on se glorifie de ses richesses lorsqu'on trouve une profonde satisfaction à les acquérir et à les mesurer, et si l'on cherche à les afficher. On peut donc se demander : « De quoi suis-je légitimement fier ? Des biens matériels ou des biens spirituels ? » En général, la réponse de Dieu aux riches est de pratiquer une grande générosité : une façon pour eux de déclarer leur confiance en Dieu et de se garder de se vanter de leurs richesses. Ce n’est pas l’argent qui est la source de tous les maux, comme on l’entend souvent, mais l’amour de l’argent. Quand on en a, on a tendance à lui faire confiance, et à se faire confiance. Obtenir ce que l'argent peut acheter fait souvent perdre ce que l'argent ne peut pas acheter. Parce qu’on peut obtenir ce dont on pense avoir besoin, on commence à perdre ce dont on a vraiment besoin. Dieu ne compte plus, c’est l’argent qui compte. Mais on perd aussi de vue que nous ne vivons pas longtemps sur cette terre.
Le psalmiste révèle la grande limite de l'idolâtrie qui consiste à se fier aux richesses matérielles et à s'en vanter – cette idole n'est d'aucune utilité dans le monde spirituel. L'argent lui-même ne peut sauver une âme, car la rédemption des âmes est trop coûteuse, c'est-à-dire hors de portée des biens matériels. La « tombe », en hébreu, est plus que le lieu où on est inhumé, c’est le « shéol », la destinée ultime et vide de ceux qui rejettent Dieu. Or, notre avenir n’est pas dans nos richesses, il n’est pas sur terre où tout disparaîtra, comme le soulignent les versets 11 à 14 : « Car ils le verront bien: les sages meurent, l’homme stupide et l’idiot disparaissent aussi, et ils laissent leurs biens à d’autres. Ils s’imaginent que leurs maisons seront éternelles, que leurs résidences dureront toujours, eux qui avaient donné leur propre nom à leurs terres. Mais l’homme qui est honoré ne dure pas : il ressemble aux bêtes qu’on extermine. Telle est leur voie, telle est leur folie, et ceux qui les suivent se plaisent à leurs discours. »
Ces paroles rappellent celle de l'auteur de l'Ecclésiaste, au chapitre 6, qui dit : « Il y a un mal que j'ai vu sous le soleil et qui est fréquent parmi les hommes : Dieu a pu donner des richesses, des biens et de la gloire à un homme, et rien de ce qu'il désire ne lui manque, mais Dieu ne lui laisse pas le pouvoir d'en jouir. Oui, c'est un étranger qui en jouira. C'est de la fumée et c’est un mal douloureux. Quelqu’un a dit : « L'argent est le roi de ce monde, mais non de l'autre. » Nous ne pouvons pas emporter nos richesses matérielles avec nous dans l'au-delà, mais nous pouvons réellement les transmettre. Jésus a parlé d'utiliser nos ressources matérielles actuelles pour amasser des trésors au ciel. Dans un passage saisissant de l’évangile selon Marc, au chapitre 10, Jésus parle à un homme sincère qui voulait hériter de la vie éternelle : « ‘Il te manque une chose : va vendre tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, [charge-toi de la croix] et suis-moi.’ Mais l’homme s'assombrit à cette parole et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens. Regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples : ‘Qu'il est difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu !’ » Nos richesses matérielles peuvent nous faire du bien dans le monde à venir, mais cela passe par une générosité orientée vers le Royaume plutôt que par l'accumulation. Assoiffés d'une sorte d'immortalité, ceux qui se fient aux richesses croient que leurs domaines dureront éternellement, au-delà de leur propre vie, et se transmettront de génération en génération. Ils se commémorent en donnant à leurs biens leur propre nom. Mais nous devons nous rappeler que notre héritage véritable est éternel. Il n'est pas sur cette terre. Cette terre va périr, elle ne durera pas, mais tout ce que nous transmettons, que ce soit par l'utilisation de nos richesses pour atteindre d’autres à Christ, ou pour servir les autres au nom de Jésus, durera éternellement. Sur cette terre, la seule chose qui reste avec nous est notre tombe. N’oublions donc jamais que notre héritage est au ciel.
Même si un quelqu’un jouit d'un certain honneur grâce à ses biens, sa descendance ou ses monuments commémoratifs, il meurt néanmoins, tout comme un animal. Le psalmiste souligne que la voie qui privilégie le matériel au spirituel et qui ne se prépare pas au monde à venir est insensée et sera révélée comme telle. Il existe une deuxième voie insensée : devenir un descendant de celui qui se confiait et se vantait de ses richesses, et approuver sa vision du monde. Cela aussi est insensé et sera révélé comme tel. Et ceux qui adhèrent à leurs paroles, profitant souvent de leur pouvoir et de leur prestige, mourront aussi et ne seront plus. Le psalmiste déclare en effet aux versets 15 et 16 : « Comme un troupeau, ils sont poussés dans le séjour des morts ; la mort est leur berger. Le matin, les hommes droits les foulent aux pieds, leur beauté s’évanouit, le séjour des morts est leur demeure. Mais Dieu rachètera mon âme du séjour des morts, oui, il me prendra. » Quel tableau effroyable ! Les hommes sont enterrés, tout comme un animal, et la mort consume leur corps physique. Leur beauté sera consumée dans la tombe. L'idée est que les justes – ceux qui ne se fient pas aux richesses et ne s'en vantent pas – possèdent une beauté au-delà du matériel et donc au-delà de la mort. Ceux dont la beauté se mesurait principalement à l'aune des miroirs et des comptes en banque verront leur beauté disparaître dans la tombe.
Face à la mort, personne ne peut résister. Nous sommes comme des brebis sans défense contre les loups et les lions. Ceux qui font confiance à leur richesse se laissent en fait conduire bêtement par la mort. C'est pourquoi ceux qui sont véritablement sages ne se fient pas aux richesses et ne s'en glorifient pas. Ils se préparent pour l'éternité en faisant confiance à Dieu et en se glorifiant dans le Seigneur. C'est la capacité de penser et de raisonner qui distingue les êtres humains du reste de la création. Pourtant, comme nous sommes bêtes lorsque nous oublions de considérer la brièveté de nos jours et de nous préparer à la manière dont nous passerons l'éternité !
Le psalmiste est convaincu d'être parmi les hommes droits, et non parmi ceux qui se fient follement à leurs richesses et s'enorgueillissent. Celui qui se fie à ses richesses et s'enorgueillit n'a aucun pouvoir de racheter une âme. En revanche Dieu, et Dieu seul, a le pouvoir de racheter notre âme du pouvoir du séjour des morts ! Le prophète Osée l’a annoncé d’une manière tout aussi stupéfiante au chapitre 13 de son livre : « Je les libérerai du pouvoir du séjour des morts, je les rachèterai de la mort. Mort, où est ton fléau ? Séjour des morts, où est ton pouvoir de destruction ? » La puissance du tombeau est terrifiante. Chaque cimetière témoigne du pouvoir de la mort sur l'humanité. Pourtant, Dieu est plus grand que le pouvoir du tombeau, et en Jésus-Christ, nous pouvons même la narguer en disant, comme l’apôtre Paul le rappelle dans sa première lettre aux Corinthiens, au chapitre 15 : « Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité et que ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira cette parole de l’Écriture : La mort a été engloutie dans la victoire. Mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire ? L'aiguillon de la mort, c'est le péché ; et ce qui donne sa puissance au péché, c'est la loi. Mais que Dieu soit remercié, lui qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! »
Le psalmiste révèle de manière claire que la mort n’est pas la fin de tout. En disant : « Mais Dieu rachètera mon âme », il révèle l’assurance de la victoire sur la mort. Jésus et les apôtres l’affirmeront aussi avec lui, comme nous le lisons dans le Nouveau Testament. L'assurance et la confiance du psalmiste méritent d'être soulignées et devraient nous servir d'exemple. L’auteur de notre psaume est convaincu que Dieu accueillera celui qui se confie en lui et se glorifie en lui. Voilà pourquoi, voyez-vous, après avoir bien réfléchi, il peut terminer son cantique en nous donnant un précieux conseil : « Ne sois pas dans la crainte parce qu’un homme s’enrichit, parce que les trésors de sa maison augmentent, car il n’emporte rien en mourant: ses trésors ne le suivront pas. Il aura beau s’estimer heureux pendant sa vie, on aura beau le louer pour le bonheur qu’il se donne, il rejoindra pourtant la génération de ses ancêtres qui ne reverront jamais la lumière. L’homme qui est honoré mais qui n’a pas d’intelligence ressemble aux bêtes qu’on extermine. »
Cela peut paraître étrange. La plupart d'entre nous ne craignons pas consciemment la prospérité des autres ou l'accroissement de la gloire de leur maison. Pourtant, ces craintes peuvent se manifester de manière subtile. En fait lorsque nous voyons les autres réussir matériellement alors que ce n’est pas notre cas, nous pouvons en être alarmés, et redouter qu’il nous manque quelque chose de vital. Les autres vont apprécier les riches, mais nous ne sommes rien à leurs yeux. Nous vivons dans la crainte de tout rater, et nous risquons d’envier ceux qui ont plus que nous. Mais le psalmiste nous assure que nos craintes sont infondées. L'insensé qui a mis sa confiance dans ses richesses et s'en est vanté ne peut rien emporter avec lui dans l'au-delà. Sa gloire ne descendra pas après lui ; toute la gloire qu'il méritera, il l'aura eue dans cette vie. Pour ceux qui sont droits, c'est le contraire ; leur gloire montera après eux, et ils seront, d'une certaine manière, portés à la gloire ; ils obtiendront même la gloire de Dieu dans le monde à venir, comme le proclament Jésus et les apôtres. Pour ceux qui ont confiance dans leurs richesses et s'en sont vantés, ce monde est le meilleur qu'ils puissent jamais connaître. Pour ceux qui comptent sur Dieu pour leur rédemption, ce monde est le pire qu'ils puissent jamais connaître. Certes, ceux qui se fient à leurs richesses et s'en vantent sont souvent satisfaits d'eux-mêmes et ceux qui en profitent le sont aussi. Mais cela est de courte durée. Chacun d'eux mourra.
Le psalmiste n'avait qu'une vague compréhension du châtiment du monde à venir, mais il savait qu'il s'agissait en quelque sorte d'un lieu de ténèbres. Ce lieu est réservé à ceux qui sont honorés mais ne comprennent pas ce qui va leur arriver. Notre psaume se termine en répétant l'avertissement donné plus haut. C'est un grave avertissement pour ceux qui sont honorés en ce monde, mais dépourvus de compréhension. Leur honneur ici-bas ne les préservera pas dans l'au-delà.
Tenons donc compte de cet avertissement solennel et prions ensemble à la fin de notre réflexion sur la richesse : « Seigneur, notre Dieu et notre Père, toi dont les richesses sont innombrables, toi qui a créé la richesse et tout ce qu’elle peut offrir, nous voulons te louer et te remercier pour tout ce dont nous pouvons jouir aujourd’hui, que ce soit peu ou que ce soit beaucoup. Donne-nous la sagesse de savoir apprécier ce que nous avons et de ne pas envier ceux qui ont plus que nous ou de nous en alarmer. Toi qui est notre berger, tu nous a promis que nous ne manquerons de rien, et nous te faisons confiance ; tu es notre sécurité. Si nous avons beaucoup, aide-nous à apprécier ce dont nous jouissons et à être généreux. Nous ne voulons pas nous enorgueillir, mais te rester fidèles et reconnaissants. Et si nous avons peu, permets que nous ne soyons jamais envieux. Seigneur, que la prière du sage dans le livre des Proverbes soit aussi la nôtre, comme Jésus nous l’a aussi enseigné : ‘Ne me donne ni pauvreté ni richesse, mais accorde-moi le pain qui m'est nécessaire ! Sinon je risquerais, une fois rassasié, de te renier et de dire : ‘Qui est l'Éternel ?’ ou, après avoir tout perdu, de voler et de m'en prendre au nom de mon Dieu.’ Nous voulons nous souvenir que Jésus, de riche qu’il était est devenu pauvre pour nous donner une vie riche et heureuse en lui qui ne dépend pas de nos biens matériels, mais de notre communion éternelle avec lui. Et c’est en son nom que nous te prions, amen. »
Demain, nous terminerons ensemble l’étude des 50 premiers psaumes du grand livre des psaumes, et nous survolerons le Psaume 50, un cantique qui parle du jugement de Dieu parmi son peuple et nous indique la meilleure manière d’honorer Dieu et de le servir.