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Bonjour, et bienvenue à Dieu au quotidien, notre série d’études méditatives sur le livre des Psaumes. C’est le cinquième jour de notre semaine de réflexion sur les Psaumes 46 à 50, et nous allons survoler ensemble le Psaume 50 aujourd'hui, un psaume qui nous parle du jugement de Dieu parmi son peuple, le peuple d’Israël, mais aussi l’Église de Jésus-Christ.
Avouons qu’il nous est préférable de parler de l’amour de Dieu à notre égard que de réfléchir aux jugements qu’il porte sur nous. En fait, nous devrions considérer les jugements de Dieu sur nous comme une expression de son amour pour nous, et non pas comme un rejet. Dieu est amour, et tout ce qu'il fait est une expression de son amour. Tous ses jugements découlent de son amour. Tous les jugements de Dieu ne sont pas agréables à entendre et nous aimerions tous qu’ils ne tombent pas sur nous, mais sachons que tous les jugements de Dieu découlent de son amour, et que tous les jugements de Dieu sont justes et bons. Dans ce Psaume, deux choses très puissantes se produisent : Dieu convoque son peuple au jugement, et Dieu parle à son peuple le jour de son jugement.
Aux versets un à six, Dieu nous convoque : « Dieu, Dieu, l’Éternel, parle et convoque la terre du lever du soleil jusqu’à son coucher. De Sion, beauté parfaite, Dieu resplendit. Il vient, notre Dieu, il ne reste pas silencieux ; devant lui est un feu dévorant, autour de lui une violente tempête. Il convoque le ciel en haut, il convoque aussi la terre, pour le jugement de son peuple : «Rassemblez-moi mes fidèles, ceux qui ont fait alliance avec moi par un sacrifice !’ Le ciel proclamera sa justice, car c’est Dieu qui est juge. »
Le psalmiste Asaph commence par évoquer Dieu avec une majesté suprême, utilisant plusieurs mots ou noms des Écritures pour désigner le Dieu réellement présent. Les trois premiers mots du texte hébreu soulignent que c'est le Dieu unique qui parlé : El, Élohim et Yahvé. Chaque nom possède sa propre signification. El désigne Dieu comme le Tout-Puissant ; Élohim évoque toujours la sagesse de Dieu ainsi que sa puissance ; et Yahvé, l’Éternel, est le titre par lequel il se révèle constamment dans sa grâce et son alliance avec son peuple.
L'idée est que Dieu est venu à Jérusalem pour juger le monde, et que la terre entière est rassemblée à cette fin. En se servant de rappels de la venue de Dieu au mont Sinaï dans le livre de l’Exode, Asaph a suscité l'attente du juste jugement divin sur le point d'être accompli. Cette fois, Dieu vient à Sion, et non au Sinaï. Dans ce psaume puissant, la scène imaginée est une théophanie : Dieu apparaît dans le feu et la tempête au mont Sion pour appeler le monde entier à son tribunal. Mais si tous les yeux sont braqués sur lui, ses yeux sont braqués sur Israël, son peuple. Le feu est l'emblème de la justice en action, et la tempête est un signe de sa puissance écrasante. Dieu, dans toute sa beauté et sa perfection va juger tous ceux qui lui appartiennent, ceux qui lui sont dévoués, qui l’aiment et qui lui obéissent. L’apôtre Pierre, dans sa première lettre, au chapitre 4, dit que le jugement de Dieu « commence par la maison de Dieu. Or, si c'est par nous qu'il débute, quelle sera la fin de ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de Dieu ? »
Alors que Dieu assemble les cieux et la terre pour son jugement, il ne commence pas parmi les nations. Il commence son jugement parmi son peuple – ceux qui ont fait alliance avec lui par le sacrifice. Soudain, les rôles sont inversés. Le peuple d’Israël a fait appel à Dieu, pour finalement découvrir qu'il est lui-même jugé. Dieu rassemble ceux qui lui appartiennent pour le jugement devant le monde qui les voit. Lorsqu'il agit ainsi avec son peuple, il le fait souvent devant un monde qui les observe. Nous préférerions qu'il s'occupe des péchés de son peuple en privé, mais s'ils n'écoutent pas sa correction, le jour viendra où il s'occupera de leurs péchés avec la terre comme auditoire. Et cela implique non seulement le peuple juif, mais tous les chrétiens, comme le soulignent les apôtres.
Les croyants ne seront pas jugés quant à leur destinée éternelle ; ils ont mis leur confiance en Jésus et en son œuvre pour eux et sont sauvés. Cependant, ils seront confrontés à ce que Paul appelle le tribunal de Christ, où leurs œuvres et leurs motivations en tant que croyants seront jugées – vraisemblablement en vue d'une récompense et d'une mesure d'autorité dans le siècle à venir, comme nous le lisons dans la deuxième lettre de Paul aux Corinthiens, au chapitre 5 : « En effet, il nous faudra tous comparaître devant le tribunal de Christ afin que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait, bien ou mal, alors qu’il était dans son corps. » Dieu jugera certainement la terre, y compris tous les méchants, et il le fera avec justice. Cependant, il a absolument le droit de commencer son jugement parmi les siens. Il s’adresse à ceux qui cherchent à le servir, puis à ceux qui lui désobéissent.
Écoutons-le donc parler à son peuple le jour de son jugement, aux versets 7 à 15 : « Écoute, mon peuple, et je parlerai, Israël, et je t’avertirai. Je suis Dieu, ton Dieu. Ce n’est pas pour tes sacrifices que je te fais des reproches : tes holocaustes sont constamment devant moi. Je ne prendrai pas un taureau dans ta maison, ni des boucs dans tes bergeries, car tous les animaux des forêts sont à moi, toutes les bêtes des montagnes par milliers. Je connais tous les oiseaux des montagnes, et tous les animaux sauvages m’appartiennent. Si j’avais faim, je ne te le dirais pas,
car le monde est à moi, avec tout ce qu’il contient. Est-ce que je mange la viande des taureaux ? Est-ce que je bois le sang des boucs ? Offre en sacrifice à Dieu ta reconnaissance, et accomplis tes vœux envers le Très-Haut. Fais appel à moi quand tu es dans la détresse : je te délivrerai, et tu m’honoreras. »
La loi de Moïse commence par : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir d’Égypte », et maintenant la séance du jugement s’ouvre avec le même rappel de la position particulière du peuple de Dieu, de son privilège et de sa responsabilité. Parce que Dieu est « son » Dieu, le peuple de Dieu aurait dû mieux lui obéir. Ce n’est pas seulement que l’Éternel est Dieu, il est « ton Dieu, ô Israël ». Dieu ne réprimande pas son peuple pour avoir offert des sacrifices. Il le lui a ordonné. Pourtant, il ne souhaitait pas recevoir davantage d’offrandes animales sans une obéissance confiante. C’était une réprimande du ritualisme, de la répétition vaine de cérémonies religieuses. La pratique du sacrifice sous l’Ancienne Alliance risquait facilement de devenir un simple rituel et une formalité vide de sens. Celui qui offrait le sacrifice risquait d’oublier le principe du transfert du péché sur une victime innocente et comment le sang devait être versé dans la mort en guise de substitut. Les croyants sous la Nouvelle Alliance n'offrent plus de sacrifices d'animaux, mais ils sont toujours tentés d'accomplir leurs devoirs chrétiens et de se rendre à l’église dans un esprit de ritualisme. Il faut absolument éviter cela ; Dieu n'apprécie pas notre ritualisme.
En y réfléchissant un peu, il est facile de comprendre que le ritualisme déplaît à Dieu. Il n'a pas besoin de la viande des animaux sacrifiés. Nous ne pouvons pas lui offrir quelque chose qu'il n'a pas ; notre sacrifice est fait pour nous et non pour lui. Le ritualisme contrecarre son œuvre pour nous. Dieu décrit ce qu'il désire vraiment de nous : il veut un cœur reconnaissant, une vie d'obéissance et une confiance vivante en lui. C'est cela que Dieu récompense. Mais il s'adresse ici à un deuxième groupe : ceux qui pensent ne pas avoir besoin de Dieu ni de le suivre fidèlement. Dieu leur dit ceci aux versets 16 à 22 : « Dieu dit au méchant : ‘Quoi donc ! Tu énumères mes prescriptions et tu as mon alliance à la bouche, toi qui détestes l’instruction et qui rejettes mes paroles derrière toi ! Si tu vois un voleur, tu te plais en sa compagnie, et tu prends place avec les adultères. Tu livres ta bouche au mal, et ta langue est un tissu de tromperies. Si tu t’assieds, c’est pour parler contre ton frère, pour dénigrer le fils de ta mère. Voilà ce que tu as fait et, parce que je n’ai rien dit, tu t’es imaginé que je te ressemblais ; mais je vais te reprendre et tout mettre sous tes yeux. Comprenez donc bien cela, vous qui oubliez Dieu, de peur que je ne vous déchire sans personne pour vous délivrer.’ »
On pourrait penser que Dieu a désormais cessé de juger son peuple pour son ritualisme et s'est tourné vers les nations pour les juger pour leur méchanceté. Il n'en est rien, comme le montrent les références à la proclamation des lois divines et à l'acceptation de son alliance. Il s'adresse aux méchants parmi le peuple de Dieu. Le formalisme est un péché contre Dieu. L'hypocrisie en est le résultat, un péché contre l'homme, et donc contre Dieu. Le véritable problème du rituel est que, si les formes sont la seule composante de notre religion, elles nous donnent le sentiment d'être en règle avec Dieu alors qu'en réalité, nous sommes peut-être coupables des péchés les plus terribles. Dieu remet en question le droit des ritualistes et des hypocrites à proclamer sa parole, alors que leur vie est profondément enlisée dans la désobéissance. Leurs paroles parlent de Dieu, mais leur vie le déshonore. Leurs vies témoignent d'une haine et d'un mépris de la parole de Dieu, quoi qu'en disent leurs paroles. Leur façon de vivre en dit plus long à Dieu que leurs paroles. Ils ont spécifiquement transgressé de nombreux commandements de Dieu. C'était une autre façon de déplaire à Dieu, en plus de leur ritualisme hypocrite. Il est vrai que ceux qui volent, commettent des adultères et calomnient violent toute l'alliance. Mais il est également vrai que ceux qui fréquentent ceux qui transgressent l'alliance sont soumis à la même condamnation, car le péché réside à la fois dans l'acte et dans le consentement.
Le problème, c’est que plus nous péchons et nous habituons à vivre dans le péché, plus nous croyons que Dieu nous accepte tels que nous sommes et pensons qu’il a tellement d’amour pour nous qu’il est en quelque sorte comme nous, qu’il nous ressemble. Mais il n’y a rien de plus faux. Un jour Dieu mettra au grand jour ce que nous avons caché aux autres, en croyant que Dieu serait notre complice.
Les méchants parmi le peuple de Dieu oublient la sainteté de Dieu en confondant sa patience avec son indifférence prétendue au péché. Nous faisons souvent la même erreur et confondons le temps généreux que Dieu accorde à la confession et à la repentance avec une indifférence à notre péché. Oui, Dieu est patient, mais sa patience a des limites. Il nous accorde beaucoup de temps pour que nous rejetions le péché en nous tournant vers lui d’un cœur sincère et repentant, et en renonçant à faire le mal. Le silence de Dieu est une manière catégorique d'exprimer sa patience et sa tolérance envers le mal impuni. Cette « clémence » est censée conduire à la repentance et témoigne du refus de Dieu de frapper. Mais, comme le montre l'expérience, nous avons tendance à en abuser. Lorsque Dieu juge ses enfants désobéissants, c’est pour les appeler à revenir à lui, c’est pour leur rappeler qu’il n’a jamais été complice de leur mauvais comportement car c’est un Dieu saint. Mais c’est aussi un Dieu juste qui ne laissera pas impunis ceux qui refusent de prendre au sérieux son appel à la repentance. Ils seront à jamais séparés de lui, et sans aucun secours le jour du jugement dernier.
D’une manière remarquable, le Psaume 50 se termine par un encouragement pour nous tous qui sommes sous le jugement, car le jugement de Dieu n'a pas pour but de nous déprimer ou de nous décourager, mais de nous amener à nous repentir et à vivre sincèrement dans la vérité. Ainsi, au verset 23, nous lisons : « Celui qui offre en sacrifice sa reconnaissance m’honore, et à celui qui veille sur sa conduite je ferai voir le salut de Dieu. » Avec grâce, Dieu offre à ceux qui l’oublient l’occasion de considérer et de changer leur façon de penser et de vivre avant qu’il ne vienne à eux dans le jugement décrit dans les premiers versets de ce psaume. Celui qui veille sur sa conduite est en fait « celui qui règle son chemin », comme l’exprime bien la Bible du Semeur, c’est-à-dire, celui qui non seulement entend les avertissements solennels de Dieu mais qui se tourne aussi vers lui repentant, en changeant de comportement de manière définitive, en mettant ses affaires en ordre avec Dieu.
Renoncer au ritualisme et fuir l’hypocrisie perverse nous met en position de recevoir ce que Dieu révèle et donne : son salut ! Le véritable culte, et la véritable conduite sont les exigences qui nous mènent au salut. C’est pourquoi je vous invite à honorer notre Seigneur maintenant en prononçant avec moi cette prière : « Notre Dieu et notre Père, nous prenons au sérieux tes paroles d’avertissement, et venons t’honorer d’un cœur sincère et repentant. Pardonne-nous pour toutes les fois où nous avons prononcé ta Parole du bout des lèvres et non du fond du cœur, pour toutes les fois où nous avons transgressé tes commandements en croyant que tu n’en tiendrais pas compte. Pardonne-nous d’avoir abusé de ta patience, toi qui as toujours fait preuve de grande bonté à notre égard. Pardonne-nous pour les fois où nous t’avons rabaissé en croyant que tu étais semblable à nous, alors que tu es le Très-Haut, le Dieu Saint qui a horreur du mal que nous faisons. Nous comptons sur ta grâce ; nous te sommes si reconnaissants pour ton pardon et pour tout ce que tu fais en notre faveur ; et nous voulons te suivre jour après jour en faisant ta volonté. Oui, Seigneur, nous te le supplions au nom de Jésus : fais-nous voir le salut que tu veux nous donner ! Amen. »